Mon copain Manchot !

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Rédigé par Nathalie Cathala

Un regard sur le monde, du bout de la Plume et de l'objectif. Depuis 2003, Nat partage ses récits et photos de dix années de circumnavigation, puis six ans de vie insulaire dans la Pacifique, à Maurice et Martinique, à présent installée à la frontière entre France et Espagne, l'aventure continue.

29 août 2018

Au programme :  Départ de Franschoek, retour vers l’océan et découverte de l’une des colonies les plus importantes de manchots du Cap, soirée à Hermanus. 

Bonjour,

Nous quittons la montagne pour rallier la côte à hauteur de Gordon’s Bay pour finir la journée à Hermanus, une ville réputée pour l’observation des baleines. En réalité, nous en avons tant vues au Cap, qu’elles devaient avoir déserté les lieux pour des horizons plus austraux, la saison avance !

La R44 , une route superbe aux panoramas encore préservés !

 

Sur la route, les baies adossées sur des pentes verdoyantes se succèdent. Des paysages où l’océan et la Terre vivent en harmonie sous l’égide de grandes réserves naturelles ayant pour objectif de protéger cet environnement qui a échappé aux constructions humaines.

Pringle Bay, un petit coin charmant où s’arrêter au pied d’un phare

À Betty’s Bay nous trouvons le point d’orgue de cette journée : la rencontre avec des centaines de manchots du Cap, qui se mélangent aux Dassies et aux cormorans. Nous passons un grand moment à observer la colonie de Spheniscus demersus (Manchot du cap ou African Penguin (en anglais, pas de distinction linguistique entre manchots et pingouins).

Ils sont prévenus ! Ils utilisent la jetée à leurs risques et périls

 

Il existe près de 17 espèces de manchots et pingouins dans le monde, et seul le manchot du Cap se reproduit sur le continent africain. Les plus proches parents de ces manchots sont les manchots de Humboldt (Spheniscus humboldti), les manchots de Magellan (Spheniscus magellanicus) d’Amérique du Sud et celui des Galapagos (Spheniscus mendiculus). Le manchot du Cap se répartit sur 25 îles et 3 sites majeurs entre l’Afrique du Sud et la Namibie.

La colonie de Betty’s bay, serait l’une des plus importantes en nombre de manchots

 

Le menu préféré du manchot est le pilchard et l’anchois, poissons riches en acides gras, mais devant la raréfaction de ces poissons, le manchot doit se rabattre sur calamars et crustacés aux qualités moins nutritives.

 

Lorsqu’il est en période de reproduction, il ne s’éloigne pas à plus de 15 km de son nid. C’est un nageur hors pair, qui, en vitesse de croisière, atteint 3km/h, devant un danger il pousse des pointes à 10 km/h voire 19 km/h. Ses plongées le voient descendre à 130 m de profondeur. En général, il plonge plutôt à 50 mètres de profondeur.

Son plumage lui offre une combinaison isotherme

 

Répartition des colonies qui nichent en Afrique du Sud

Dans l’eau, ses plumes emprisonnent l’air près de son corps, ce qui lui procure une bonne combinaison thermique. Les plumes se détériorent avec le temps, ainsi, régulièrement celle-ci sont remplacées. Le manchot mue une fois l’an, en période estivale. Avant de perdre ses plumes, il fait une réserve de gras, et vit trois semaines sans se nourrir. La mue en Afrique du Sud a lieu entre novembre et décembre.

 

La durée de vie des manchots est de l’ordre de 10 à 11 ans, mais il n’est pas rare de voir des manchots vivre 20 ans. Le plus âgé manchot recensé avait 27 ans .

 

Les manchots commencent à se reproduire vers l’âge de 5 ans. Ils sont généralement fidèles à leur compagnon jusqu’à ce que celui-ci disparaisse. La femelle pond deux oeufs que les deux parents incubent pendant 38 à 41 jours. Les petits sont nourris pendant deux à trois mois par les deux parents dépendant de celui qui aura été le plus chanceux à la pêche. Il faut environ 25 kilos de poissons afin de mener un petit à l’âge adulte.

Les manchots vivent en colonie

 

Les prédateurs sont bien évidemment les grands requins blancs dans les océans, mais à terre les mangoustes s’attaquent aux petits, voire aux adultes. Quant aux nids mal défendus, ils sont la proie des voraces et impitoyables mouettes. Les chiens errants sont également une menace. Autrefois les léopards les mettaient à leur menu, mais il reste si peu de léopards… Quant à l’activité humaine, elle leur est aussi fatale. Anciennement, les collections d’oeufs, et l’exploitation de guano ont failli faire disparaître l’espèce. Aujourd’hui, la surpêche, la pollution chimique se chargent de ceux qui survivent…

 

Le manchot est sur la liste des animaux en danger de disparition, sa population a été réduite de 90% au 20e siècle. En 1910, deux millions de manchots furent recensés. En 2000, il n’en restait plus que 63 000 au sein de toutes les colonies confondues.

 

L’épopée des Manchots après le naufrage du Treasure (cliquez sur la photo pour l’agrandir) 

En 2000, la troisième plus importante colonie de pingouins au monde, installée sur Robben Island au large du Cap (Afrique du Sud), fut menacée par une marée noire causée par le naufrage du minéralier Treasure à moins de 10 km des côtes. « Les manchots mazoutés ont été soignés par des centaines de volontaires de la Fondation sud-africaine pour la protection des oiseaux littoraux (SANCCOB). Des milliers de manchots sains ont été parqués pour les empêcher de s’approcher de la mer polluée. Mais il était évidemment impossible de les garder enfermés indéfiniment. Un plan astucieux a alors été mis en place. Plus de 20 000 manchots africains ont été conduits à Port Elizabeth et relâchés dans la mer, à près d’un millier de kilomètres de leur lieu de résidence traditionnel. Trois manchots avaient été équipés d’émetteurs, et la population sud-africaine a retenu son souffle devant la progression de ces animaux et de leurs congénères vers leur région d’origine. Les autorités ont ainsi disposé de deux semaines de répit supplémentaire pour nettoyer les plages des deux îles ».

 

Si cette « Happy end » nous permet de retrouver un peu d’espoir, dernièrement, une nouvelle sonnette d’alarme s’est mise à retentir. Malgré les efforts des sociétés protectrices des manchots en Afrique du Sud, la population poursuit son déclin et pourrait disparaître dans un avenir proche. Une étude scientifique parue dans la revue Current Biology tente de comprendre ce qui se passe au sein des colonies survivantes. Elle pointe du doigt la surpêche et le changement climatique qui brouillent les repères des manchots qui ont l’habitude de chercher des signes comme la chlorophylle-a, qui indiquent la présence de proies abondantes dans les océans. Mais aujourd’hui un piège écologique se referme lentement sur l’espèce qui ne trouve plus que des zones pauvres en nourriture.

 

Le voyage en images 

Le voyage en vidéo 

Retrouvez notre voyage en Afrique du Sud, sur notre chaîne YouTube

 

 

A très bientôt pour la suite du voyage, et notre étape au point le plus austral de l’Afrique ! 

Escale précédente : Découverte de Franschoek

Nat & Dom
Texte et photos Nathalie Cathala.
Auteurs des vidéos : Dominique et Nathalie Cathala

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6 Commentaires

  1. Colette Serpault

    Whaou. ..trop bien , je les adore ces manchots …merci pour ces commentaires ….et de faire partager ces superbes documentaires de voyage ..un vrai plaisir de vous lire …

    Réponse
    • Nat & Dom

      Merci à toi, Colette de ta lecture

      Réponse
  2. dany frejaville

    Ha là là !!! Tout est sublime ! Un beau et joyeux moment avec vous ! Merciiii à tout deux !

    Réponse
  3. Annie DANEMARK

    Lecture passionnée d’un nouveau volet de votre aventure africaine que j’ai déjà suivie goulousement de mon ordinateur ♥ La voyageuse virtuelle Annie ♥♥♥ Avec plein de gros bisous à vous partager et mille mercis Nathalie et Dominique ♥♥♥

    Réponse
    • Nat & Dom

      Merci Annie de ta fidélité

      Réponse

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