Franschhoek : « le coin des Français » en Afrique du Sud

» Publié par le 25, Août 2018 dans Afrique, Afrique du Sud, Album, Vidéo, Voyage | 2 commentaires

Franschhoek : « le coin des Français » en Afrique du Sud

Dans ce blog : Un dernier passage vers La Table… pour le petit déjeuner avant de prendre la route et de partir dans « l’arrière pays » du Cap, rejoindre les vignobles tri-centenaires de Franschhoek, le coin des Français, au coeur des monts du Drakenstein. 

 

Bonjour, 

 

Depuis que nous sommes arrivés en Afrique du Sud, nous devons faire l’effort de nous rappeler que nous sommes sur ce continent ! Incroyable comme la région du Cap se différencie de tout ce que nous avons vécu ailleurs, et notamment en Namibie!  Aujourd’hui, en nous éloignant du Cap pour rejoindre ce qui se nomme en afrikaans « le coin des Français » nous devons nous pincer pour ne pas nous sentir en Europe ! 

 

Ce peintre qui s’installe chaque matin en face de la Table, me fait penser à ceux de Montmartre …

 

En quittant la « Grosse ville du Cap », rapidement nous traversons les contre-forts du Drakenstein (littéralement Roche du Dragon), véritable forteresse qui défend « la campagne » viticole sud-africaine. Nous pénétrons dans un hémicycle montagneux, dont 70 000 hectares sont consacrés à la réserve naturelle du Hottentots-Holland. Ce massif fait partie de l’énorme bouclier qui englobe toute l’Afrique australe et que l’on nomme « le grand escarpement » . Je vous en parlais déjà lors des différents blogs consacrés à la géologie de la Namibie. 

 

L’hémicycle montagneux de Franschhoek

 

Au fond de ce cirque naturel s’étale le village de Franschhoek qui se finit en apothéose sur les flancs de la réserve du Mont Rochelle. Soignée et mignonne, cette petite ville de province, est entourée de très riches propriétés viticoles. Les ruelles sont calmes, tellement propres, on mangerait sur le bitume ! Les maisons impeccables sont serties de jardins où pas une herbe ne s’échappe du gazon. Les jardins dominés par les jacarandas en fleurs se dessinent sur fond de massifs montagneux majestueux. Le cadre est magnifique.

 

Des jardins nets, une ville propre, des maisons aux contours parfaits… et les jacarandas en fleur

 

 Néanmoins, l’atmosphère semble   « formolisée » , artificielle. Dans mon carnet de voyage, je note :  « nous sommes au coeur de la Jet7 Winery ». 

 

L’architecture « Cape Dutch » du Winelands

 

La vallée fut surnommée par les premiers explorateurs : Olifantshoek, le coin des éléphants. Ainsi, lorsqu’en 1687, les cavaliers pionniers commandés par Simon Van der Stel pénètrent dans la vallée, celle-ci est riche d’une flore endémique qui abrite des troupeaux d’éléphants, mais également lions, léopards… 

 

Quelques mois plus tard, la Compagnie néerlandaise des Indes orientales affrète un navire transportant des réfugiés huguenots d’origine française afin qu’ils rallient Le Cap. Ces Huguenots s’étaient retrouvés en Hollande à la suite de la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV en 1685. La compagnie leur offrait un pécule et une terre à cultiver en Afrique du Sud pour une durée de 5 ans minimum.  Cent soixante seize Huguenots débarquèrent au Cap au cours du premier trimestre 1688. Plus tard, ceux-ci furent rejoints par une centaine de candidats à l’aventure. 

 

 » Le révérend Minnaar est mem­bre de la direction de la Société des huguenots, fondée en 1953, qui gère entre autres le Musée des huguenots et a permis la construction du mémorial, un monument commémorant la liberté reconquise des protestants français. « 

 

Sur place, le gouverneur Van der Stel leur proposa un deal : « vous aurez des terres à conditions que vous chassiez les éléphants de la vallée. »  Les Français firent preuve de ténacité et de résistance. Ils emmenaient avec eux leur savoir-faire et des pieds de vignes. Ils trouvent dans la vallée de Franschhoek, « nettoyée par leurs soins » un terrain propice à la viticulture. C’est ainsi que depuis trois siècles cette activité fait la richesse de la région. Dans le musée des Huguenots,  du centre ville, l’exemple parmi d’autres de Pierre Joubert, témoigne de l’ascension rapide des ces familles fraîchement débarquées. Arrivés comme ses comparses en 1688, les mains vides, dès 1700 il comptabilisait sur son domaine 16 000 pieds de vignes et 300 moutons.

 

Dans le cimetière du mémorial des Huguenots, les noms français apparaissent partout !

 

L’humain y a trouvé un terrain idéal à son expansion.  Quant à la faune et la flore originelle…  les réserves naturelles tentent de sauver ce qu’il reste, c’est à dire 7 malheureux léopards qui rôdent encore dans les parages…  En cela, les Européens firent exactement en Afrique ce qu’ils avaient depuis longtemps fait sur leur continent : « prendre toute la place » !

 

De la faune endémique, il ne reste que ces deux spécimens ...

 

Aujourd’hui ce qui nous frappe lorsque nous nous baladons dans Franschhoek, ce sont les écriteaux, devantures de magasins, restaurants… tout, ou presque semble écrit en français. Mais parle-t-on français pour autant ? 

 

Que Nenni ! 

 

Les raisons en sont simples  :  » les réfugiés huguenots étaient presque tous illettrés, ils avaient du mal à s’organiser en tant que communauté, un tiers d’entre eux venaient de Provence, un tiers des Flandres, ils parlaient la langue de leur région. Sans compter que beaucoup avaient déjà passé pas mal de temps en Hollande avant d’embarquer et maîtrisaient le Hollandais ». (Juna Malherbe, historienne et généalogiste au Musée des huguenots répondant au Monde) .  « Trente ans après l’arrivée des premiers colons, vingt-cinq personnes seulement parlaient encore leur langue maternelle. Une génération plus tard, il n’y avait plus un francophone dans la colonie. Les huguenots faisaient dès lors  partie de la communauté qui plus tard allait s’appeler les Afrikaners; leur langue était l’Afrikaans, un dialecte proche du néerlandais du XVIIe siècle mâtiné de quelques influences indiennes et zoulous. »

 

A l’église, des petits papiers… en français aussi !

 

Alors, pourquoi francise-t-on à outrance ce village ? La franco-mania qui sévit dans les parages depuis quelques années, a même réveillé ses vieux démons, et fête de manière bien particulière un 14 juillet,  qui se nomme…  « Bastille Day ». « Les commerçants, les chefs cuisiniers, les hôtesses du tourisme portent tous un béret rouge dans des rues pavoisées le temps d’un week-end de drapeaux « rouge, blanc, bleu » (les habitants de Franschhoek pour une raison mystérieuse annoncent toujours les couleurs françaises à l’envers ». Quoique, nous avons failli rejoindre cette tradition, un certain 14 juillet 2018 sur les champs Elysée au passage de la Patrouille de France (!) L’emblème de la municipalité est le drapeau bleu, blanc rouge, orné en son centre d’un éléphant qui rappelle qu’avant d’être Franschhoek, la vallée, régulièrement traversée par des pachydermes, était appelée Olifanthoek. »

 

La  « french touch » ouvre ici les voies impénétrables du Dieu Commerce !  « Il peut y avoir jusqu’à 50 000 visiteurs pendant les « Bastille days », qui permettent à la ville un regain d’activité au beau milieu de l’hiver austral. Pendant deux jours, on joue aux boules, on regarde des films français sous-titrés, mais surtout on déguste du vin et du fromage. Les restaurants de la ville sont pleins. Franschhoek a en effet acquis la réputation de la ville la plus gastronome du pays. » 

 

Les restaurant prennent tous des consonances « françaises » . Le Must, de la jet7 Winery !

 

Le soir venu, nous avons dîné au retaurant la « French connection », j’ai testé quelques mots de français, mais la serveuse fut, quelque peu sourde à mes tentatives…  Si ce nom de restaurant est facile à prononcer par les habitants, les entendre prononcer les noms des autres restaurants tels que  « la Bouillabaisse », « Au bon vivant »,  « Quartier français »,  est une expérience linguistique inoubliable. 

 

Laissons-là les mondanités franco-africaines,  les cours de prononciation sont un combat inutile. En revanche, la région offre un tout autre attrait : la randonnée sur les sommets qui dominent le village.  Et pour ce faire, depuis la pension de famille « La Fontaine », nous suivons les chemins de Dieu Donné et de Chamonix, cela ne s’invente pas ! 

 

Place au voyage en images 

 

Mais, non ! On ne voit pas l’océan depuis Franschhoek ! En partant du Cap, nous nous arrêtons sur le bord de route, et … cadeau

 

Il ne faut qu’une heure pour aller à Franschhoek, alors… On prend notre temps, et on repasse par Signal’s Hill… La Table ? … oui très bien pour le petit dej ! avec une belle Nappe aujourd’hui ! 

 

Les Douze Apôtres, … du moins quelques uns d’entre eux, nous toisent ! 

 

La fin des Douze Apôtres…n’empêche, ils ont une belle vue ! 

 

Toujours nos douze héros !

 

Le Lion… vu d’ici, toujours pas de belle crinière ! Je lui trouve une tête de pyramide 

 

A l’entrée de la route des vins, du tiaré de Tahiti en avant-plan des vignes … Je vous le dis, on se crois n’importe où, mais pas en Afrique 

 

Les panneaux d’Afrique ne mentent jamais! On y trouve toujours l’animal annoncé 

 

Magnifique agapanthe

 

Devant l’église du village 

 

On dit les Sud-Africains gros mangeurs ! 

 

Jacaranda dans un magnifique écrin 

 

Les vignes et à l’arrière plan, la réserve du Mont Rochelle 

 

Les Français ont non seulement exploité le climat type « méditerranéen » pour y faire pousser de la vigne, mais également des oliviers 

 

Je n’arrive pas bien à prendre la pause « jet7 winery » 

 

Au domaine bien nommé 

 

Vue sur le Drakenstein 

 

On y a goûté ! Promis… avec modération … 

 

Des vallées viticoles qui grimpent à l’assaut de monts majestueux 

 

Décors de Franschhoek 

 

Un Jacaranda au coeur des vignobles 

 

En route vers le Mont Rochelle 

 

La circulation ne perturbe nullement les jeux des babouins 

 

Vue imprenable !

 

Vue imprenable !

 

Un chemin vertigineux 

 

Les demeures au pied du Mont Rochelle, c’est Hollywood !!! 

 

Babouin éclaireur de sa troupe sur nos chemins qui mènent au pic Du Toitskop

 

En route vers le sommet ! Le plan d’eau au fond de la photo, Theewaters réserve était déjà très bas à notre passage, à présent, la moitié ouest est inexistante, un tas de sable. 

 

En Afrique du Sud, les vallées entre deux monts se nomment des Pass, entre ces deux-ci depuis le Mont Du Toitskop, nous appercevons la Table ! 

 

Du Toitskop Trail 

 

Du Toitskop Trail 

 

Du Toitskop Trail, au sommet 1419 mètres 

 

Redescendus … 

 

Flore du Drakenstein 

 

Huguenot Memorial 

 

Composé de trois arches représentant la Trinité dominant une femme se libérant de ses chaînes, le monument est situé au bout de la rue principale du village.
Le musée, à quelques mètres du mémorial, accueille chaque année environ 60 000 visiteurs dont 40% sont des Français. 

 

Jardin à la Française ??? …Non !!!

 

L’ode au vin se fait partout, même dans les snacks où l’on a trouvé ce petit musée

 

Tuk Tuk… c’est pas français ça ? La French Touch cèdra-t-elle sa place à l’Asian massage ? 

 

Un dernier regard à la vallée, avant de reprendre la route, vers … 

 

Sur la route, de nombreux panoramas nous arrêtent 

 

A y regarder de plus près, cette réserve d’eau n’a pas encore atteint son plus bas niveau, mais … la sécheresse est déjà bien présente, et les rives qui devraient être immergées montrent un sable désespérément blanc 

 

Viljoenpas, 510 mètres d’altitude, se vide aussi … 

 

Le voyage en vidéo 

Retrouvez notre voyage en Afrique du Sud, sur notre chaîne YouTube

 

 

A très bientôt pour la suite du voyage, et notre étape à Hermanus ! 

Escale précédente : Découverte de La Table et randonnée au Rocher du Lion 

 

Nat & Dom
Texte et photos Nathalie Cathala.
Auteurs des vidéos : Dominique et Nathalie Cathala

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Sources Bibliographiques

Franschhoek, le « coin des Français » en Afrique du Sud, Le Monde Voyage, par Fabienne Pompey

2 Commentaires

  1. Suis tombée en amour pour la Namibie ! Les paysages d’Afrique du Sud sont magnifiques avec ses jacarandas en fleurs, mais je n’ai pas la même émotion ! Un très beau et riche carnet de voyage ! Merci Nati et Domi..

    • Ha … ben tout comme moi Dany, cela se ressent sans doute dans mes articles… Tout au long du voyage en Afrique du Sud j’étais tellement imprégnée de la Namibie, que j’ai vraiment dû oublier, pour savourer

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