La magie australe !

» Publié par sur 30, Août 2018 dans Afrique, Afrique du Sud, Album, Vidéo, Voyage | 2 commentaires

La magie australe !

Dans cet article : Nous partons de Hermanus, direction le Cap des Aiguilles la pointe australe de l’Afrique, en faisant un « petit » détour à Die Dam… 

 

Bonjour, 

 

Cette fois ça y est !  Nous nous rendons à l’extrême sud de l’Afrique, ce point qui départage les eaux de l’Indien et de l’Atlantique ! Nous laissons derrière nous Hermanus qui ne nous a pas vraiment subjugués (en revanche nous avons aimé Betty’s Bay, ses manchots). En Namibie, nous avions rencontré une Française vivant depuis longtemps en Afrique du Sud et qui nous avait recommandé le détour vers Die Dam. 

 

Un détour sur 200 km aller et retour.

 

Pour suivre son conseil, nous quittons le bitume, ce qui, en Namibie, ne nous déplaisait pas.  Mais ici avec une voiture « de ville », la piste n’en finit pas, mal notée sur les cartes, elle nous mène pour un détour de deux cents kilomètres. Au bout de 9000 km de voyage, c’est une goutte d’eau dans la mer. Sauf que, tout au long de ce trajet, nous craignons d’y perdre un pneu, un bout de voiture qui tremblerait un peu trop.  Nous nous accrochons au conseil, et au bout de la piste. On se dit : « tout ça pour ça ? » 

 

Ok, j’en entends dire « waouh!!! cette grande plage pour vous seuls ? »

 

Il est probable que nous aurions apprécié cette grande plage plusieurs années plus tôt! Il est certain que plus d’un soit perplexe. Mais des plages, on en a vu. Des plages désertes, très loin de tout, au bout du monde, beaucoup, beaucoup !  On aime les voir, certes, on reconnaît que celle-ci possède un sable fin idyllique, une courbe et une dimension qui fait rêver. Nous sommes amateurs d’endroits déserts, c’est vrai aussi. Pourtant, dans ce voyage, nous ne cherchons pas les plages, les clichés… et du coup nous nous demandons sincèrement ce que nous faisons là, au bout de cette piste qu’il va falloir re-parcourir en sens inverse. 

 

Pas si déserte, au bout de la plage ce campement… Sans doute, les Sud Af qui viennent passer des vacances ici, ont une impression de bout du monde …

 

Nous reprenons donc la piste, motivés par notre but ultime, le cap des aiguilles. 

 

Chemin parcouru lors de cette étape. De Hermanus, détour par Die Dam, et retour sur la route initiale, pour le Cap des Aiguilles

 

En chemin ! Le voilà, le phare tant attendu, ! 

 

Il n’est pas joli ce phare du bout du monde ? … En réalité il n’a rien à voir avec le Cap des Aiguilles, c’est le phare de Danger Point.

 

Nous sommes en réalité à Danger Point. Une pointe dangereuse sur laquelle de nombreux marins ont péri. Comme le HMS Birkenhead en 1852. Un très bel endroit que nous découvrons par temps calme. Je n’ose imaginer la navigation dans les parages par météo tempétueuse.  Et je repense aux navires de Bartolomeu Diaz et de Vasco de gama qui les premiers doublèrent la pointe Sud de l’Afrique, sans carte, puisqu’ils furent les premiers, sans idée de l’endroit où se trouvaient les rochers affleurant capables de déchirer un navire. Songez que 400 ans plus tard un navire en fer, s’échoua à un mile des côtes… Il fallait aux pionniers des océans, aux explorateurs des premiers temps une inconscience, mais aussi une chance difficilement mesurable, à l’heure du GPS et des cartes précises. 

 

 

Au bout de la route, il est là ! C’est lui ! Le phare du bout de l’Afrique…

 

Le village du Cap des Aiguilles ne revêt que peu d’intérêts, … mais en pénétrant dans le parc national des Aiguilles, le phare se dresse devant nous, là, droit face à l’océan, la magie opère immédiatement. Oubliée la piste, les détours, les routes ennuyeuses pour atteindre le graal ! Il est seul sur sa colline et fait front à deux océans.  Je le sens vibrer à chaque vague, il est puissant, seul maître des lieux.  Je suis comme la figure de proue du Marie Elize, bateau français échoué ici en 1877, les yeux rivés pour l’éternité, vers ce sauveur de marins. 

 

Il aurait été bâti selon un style se rapprochant du Phare d’Alexandrie

 

Le phare des Aiguilles fut érigé en 1849, il se dresse à 31 mètres au-dessus du niveau de la mer. Son faisceau lumineux est visible à 37 miles nautiques. Alors que la plupart des phares du monde présentent une tour unique, celui du Cap des Aiguilles est flanqué de deux tours plus petites.  Ces deux tours furent ajoutées à l’instigation du surveillant général de la colonie du cap de l’époque Colonel C. Michell qui lui donna un style se rapprochant du Phare d’Alexandrie.  Le phare fut électrifié en 1936. 

 

En route pour le bout du Monde ! C’est à 500 mètres … 

 

Pourquoi nomme-t-on ce point extrême le cap des Aiguilles ?  Lorsque Bartolomeu Diaz navigua le long des côtes de l’Afrique en 1488, il doubla deux fois ce cap, la première fois très au loin, lors d’une tempête qui l’éloigna vers le Sud, la seconde fois en rebroussant chemin vers le Portugal, il repéra ce point très au sud et le nomma le 16 mai de cette année de découverte : Ponta de Saon Brandao.  Ce que cela signifiait pour lui … (?) A partir de 1502, le nom change et trouve plusieurs orthographes : Cabo des Agulhas, Caab Aguilles (1679), Caab Auquilhas (1683), Caab Agullas (1803), Cape L’aguillas (1825), Cape Agulhas (1972). Toutes ces orthographes reflètent la difficile adaptation entre le portugais et l’afrikaans, voire l’anglais langues pour lesquelles une aiguille se traduit par « needle ». 

 

Pourquoi donc ce cap fait référence aux aiguilles. L’on dit que les rochers acérés au large sont aussi dangereux que des aiguilles. Mais il fut prouvé que vers 1600, au cap le compas ne montrait aucune déclinaison entre le nord magnétique et le nord géographique. (pour rappel : le nord géographique correspond au pôle nord mais aussi au point où se rejoignent les méridiens. Le nord magnétique correspond au point par lequel passe l’axe du champ magnétique terrestre.) Ainsi, au 17 e  siècle, il n’y avait, au cap des Aiguilles, aucune différence entre ces deux mesures. Les deux aiguilles s’ajustaient parfaitement! Les choses changent, y compris les déclinaisons et, en  presque 500 ans, la déclinaison s’accentue de manière non linéaire, sporadique. La déclinaison entre le Nord géographique et le Nord magnétique est actuellement de 25 degrés. 

 

Si ce point est attesté comme celui se trouvant le plus au sud du continent africain, il est aussi la ligne de partage des eaux entre l’océan Indien et l’océan Atlantique. C’est donc exactement ici, que nous relions de manière imaginaire toutes les boucles faites autour du globe, quelque soit le moyen de locomotion. 

 

Cette pitrerie : pouce en haut, pouce en bas, fait référence à un livre de Monsieur Olivier de Kersauson, qui n’aimait pas naviguer dans l’Indien. Il le trouvait traître, imprévisible. Il préférait les deux autres océans

 

J’ai du mal à quitter cet endroit. Ce serait à refaire j’y consacrerais plusieurs jours. Notamment pour avoir le temps de faire le sentier des deux océans (two oceans hiking trail). Rien que ce nom me fait rêver! C’est une perception toute personnelle. Il n’y a pas de décors grandioses, pas de falaises, le terrain est plutôt plat. Mais l’aire de logement aménagée par le parc est féerique. Il y a là, au bord des deux lagons, à la frontière entre deux océans une magie particulière. J’y ai ressenti … comme des ondes positives, celles venues de deux océans qui se croisent, s’entrecroisent et qui sont au fil des années de voyages devenus de vrais amis… 

 

En route pour le voyage en images 

 

Die Dam, un sable parfait ! 

 

Oui, je sais, notre déception est incompréhensible ! 

 

Bleu, blanc, rouge, la lippe boudeuse, les seins découverts, une figure de proue « à la française » 

 

« La lumière du phare des Aiguilles… « Fait naufrager les papillons de ma jeunesse »… 

 

Ce ne sont pas 73 marches abruptes qui nous découragent ! 

 

Tout en haut !

 

Il y a ceux qui naviguent… Grands et petits ! (Je n’aimais pas naviguer dans les parages de ces monstres d’acier aveugles!)

 

Et il y a ceux, qui ne naviguent plus … 

 

Au coeur du parc national des Aiguilles, deux ombres planent sur le lagon du bout du monde 

 

Oui, je sais, vous me direz que c’est la même photo ! Pas tout à fait… agrandissez-les, vous verrez ! 

 

Là, vous comprenez mon émoi ! Un double lagon, au coeur duquel nous dormirons cette nuit ! 

 

Le temps que je prenne mon « millier » de photos, Dom fait des fouilles archéologiques 

 

Ok… ce bébé requin n’est pas encore fossilisé, donc je n’étais pas à bout de sa patience ! Néanmoins sont échouage sur la plage, est le témoin de la vigueur des tempêtes qui sévissent ici. 

 

C’est la maison de Blanche Neige !

 

Mais le Prince y est déjà  …

 

Grand ciel bleu juste avant le coucher, et en quelques minutes tout s’assombrit. Je cherche un rayon vert… Un rayon vert, ici au cap des Aiguilles, un pied magistral, non ?

 

La Lune s’est levée… mais bon … le temps change vite ici !

 

Au matin, dans un grand soleil revenu, une amie du grand bleu, nous fait un coucou …

 

Au loin, tout au fond à l’ouest, Cape Point qui domine le Cap de Bonne Espérance invisible d’ici.

 

J’adore ce coin… Les teintes de l’eau, le ciel indigo, il n’y a pas de relief, mais une âme puissante dans cet endroit.

 

J’ai l’impression d’une huître géante ouverte sous le grand ciel bleu revenu.

 

Voilà ! Lui au moins n’exprime aucune opinion! Tout est calme, tout est bien !

 

Un dernier regard …  Je serais restée plus longtemps au Cap des Aiguilles. La maison de Blanche Neige, les balades et randonnées autour du Cap, … Une atmosphère de bout du Monde que j’ai du mal à quitter… 

 

 

Le voyage en vidéo 

Retrouvez notre voyage en Afrique du Sud, sur notre chaîne YouTube

 

 

A très bientôt pour la suite du voyage, et notre étape à De hoop! (l’espoir!) 

Escale précédente : les manchots nos copains 

 

Nat & Dom
Texte et photos Nathalie Cathala.
Auteurs des vidéos : Dominique et Nathalie Cathala

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2 Commentaires

  1. Un récit passionnant ! Magnifique phare du bout du monde ! je les aime tellement, une atmosphère particulière dégage de ces lieux ! Quel courage et inconscience les navigateurs du temps passé ! J’imagine que vous devez être très émus en faisant revivre ces lieux à travers les photos vidéos! Les couleurs sont sublimes..La maison de Blanche neige il y en une qu’il lui ressemble beaucoup sur les monts d’Ardèche.. Mercii..
    Une amie du grand bleu… 😉

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