🌞 Éclats de saison – Échos d’évasion🌞
💙Chemin de terre ou de mer, un même émerveillement💙
🪶Il y a des lieux qui, malgré plusieurs visites, conservent leur part de mystère. L’anse de la Mauresque fait partie de ceux-là. Nous l’avons d’abord découverte au printemps, lors d’une randonnée sur les falaises de la Côte Vermeille. Quelques semaines plus tard, l’appel de ses eaux translucides était trop fort. Cette fois, Te Mana et moi sommes revenus par la mer. Deux balades, deux regards, une même émotion.
Une balade printanière sur les falaises
Au début du printemps, Dom et moi suivons le sentier qui domine la côte entre Port-Vendres et l’anse de la Mauresque. La garrigue embaume. Les cistes, les genêts et les fleurs sauvages colorent les falaises sur fond d’azur. Au détour d’un virage, le sentier dévoile une anse profonde aux eaux limpides.
L’anse de la Mauresque dégage ce charme sauvage qui caractérise la Côte Vermeille. Ici, pas de grande plage de sable. Quelques rochers à fleur d’eau servent de refuge aux amateurs de tranquillité. Les falaises plongent vers la Méditerranée et accentuent l’impression d’un lieu discret, presque confidentiel.
Ses eaux transparentes invitent déjà à l’évasion. En la contemplant depuis les hauteurs, une idée s’impose : un jour, j’y reviendrai avec Te Mana.
Le sentier littoral nous conduit jusqu’au cap Gros. Là, les vestiges d’un ancien fort attirent immédiatement notre regard.
Un cap marqué par l’histoire
La première mention du site, alors nommé Moreshca, remonte à 1292, sous les rois de Majorque. Le fort aurait été édifié à la fin du XVe siècle, durant la domination espagnole. Après le rattachement du Roussillon à la France, Vauban imagine, à partir de 1700, le développement d’un port militaire près de la nouvelle frontière espagnole. Au XIXe siècle, une batterie capable d’accueillir une vingtaine d’hommes et dix pièces d’artillerie vient renforcer la défense de Port-Vendres, alors considéré, avec Toulon, comme l’un des rares ports français capables d’abriter de grands navires de guerre.
Aujourd’hui, seuls trois grands arcs ouverts sur la mer témoignent encore de cette ancienne fortification. D’autres arches, plus basses, attisent ma curiosité. Je m’y aventure et découvre des salles voûtées, des machicoulis… Des couloirs sombres semblent m’entraîner « vingt mille lieues sous la terre ». Finalement, je rebrousse chemin pour retrouver la lumière éclatante de notre beau soleil méditerranéen.
La Seconde Guerre mondiale a, elle aussi, laissé son empreinte. Les falaises sont encore ponctuées de blockhaus construits par les troupes d’occupation allemandes. Certains semblent hésiter entre rester accrochés à la falaise ou plonger un jour dans les abysses.
La promesse d’un retour
Depuis le sentier du littoral, le regard embrasse toute la côte. Il s’attarde sur la magie de Collioure, sa baie ouverte sur le large, son clocher emblématique, son fort, sa chapelle… Une autre invitation à la balade.
En redescendant du cap Gros, je me fais une promesse : revenir découvrir cette côte depuis la mer.
Dans le sillage de Te Mana, la magie Vermeille
Quelques semaines plus tard, l’envie de retrouver cette anse depuis la mer devient irrésistible. Cette fois, c’est avec Te Mana que je prends le large.
Le paddle permet d’approcher les falaises en silence, de suivre leurs contours, de découvrir des recoins invisibles depuis le sentier. Depuis la mer, le paysage change complètement d’échelle. Les falaises deviennent immenses, les reliefs se dévoilent autrement. Chaque anfractuosité devient une invitation à l’exploration.
J’aime glisser doucement le nez de Te Mana dans ces petites cavités creusées par la mer. La lumière s’y fait plus discrète et l’eau prend soudain des teintes incroyables, oscillant entre l’émeraude et le bleu profond.
À l’extrémité du cap Gros, les vestiges du fort dominent toujours la baie. Depuis Te Mana, ils paraissent soudain beaucoup plus imposants. Le mur semble surgir directement de la mer avant de grimper jusqu’au sommet de la falaise. Même amputé par le temps, le fort impose encore sa silhouette et rappelle combien cet emplacement était stratégique.
Je m’accorde une longue pause dans cette baie paisible. Le petit-déjeuner se prend sur le « pont supérieur » de Te Mana. Autour de moi, quelques petits poissons hardis viennent grapiller les miettes qui s’échappent de mon repas. Un moment tout simple… mais délicieux.
Deux regards, une même émotion
À pied, l’anse de la Mauresque offre ses panoramas. Depuis Te Mana, elle dévoile son intimité.
Deux regards posés sur un même lieu, deux moments suspendus, et toujours cette envie de revenir découvrir un peu plus cette côte sauvage de la Côte Vermeille.
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Merci pour l’histoire et les jolis points de vue à bord de Te Mana, d’autres sensations après votre randonnée printanière, magnifique !
Je suis heureuse d’avoir partagé la magie de ces anses, aux multiples visages…