Grasse, une balade le nez en l’air …

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Rédigé par Nathalie Cathala

Amoureuse des voyages, proches ou lointains, Nat ne tient pas en place. Nomade dans l'âme, elle est toujours prête à embarquer sur un bateau, dans un avion. Pour ses découvertes régionales, elle aime partir à vélo ou à pied. Jamais, elle ne se départit de ses fidèles compagnons : son appareil photo et sa plume. Elle écrit depuis 2003 des articles de voyage.

29 juillet 2020

« La cité des parfums ne semble tenir debout que par un miracle d’équilibre. Ville oublieuse du fil à plomb, ce dédain de l’horizontal au profit de la perpendiculaire, ces places qui sont des carrefours, ces rues qui sont des fentes, ces hautes bâtisses dont les étages finiraient par s’embrasser (…) ; ces boutiques rappelant de près l’échoppe de l’apothicaire qui vendit le poison à Roméo ; des tours carrées qui ont le pied dans les ténèbres et le front dans les éblouissements du ciel de Provence. Il s’agit ici d’une de ces vieilles cités, nourries de tradition, qui, moins volontiers que la couleuvre au printemps, se décident à faire peau neuve. Cristallisée comme ses cédrats, Grasse peut traverser dix lustres complets, sans que la description qui la vise paraisse moins vraie d’une virgule ».

Stephen Liégeard, ancien préfet, qui deviendra le parrain et le chantre de la Côte d’Azur

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Grasse _ france _fontaine_l'oasis de nat

Un dimanche matin distrait

En ce dimanche matin, nous flânons dans les ruelles. Les musées sont ouverts, mais … (nous avons oublié nos masques dans la voiture). La flemme de revenir en arrière, nous nous laissons emporter dans le dédale sombre des « pas d’âne », à l’abri du brasier que chauffe le soleil hors de la vieille ville. L’ombre intrigante, les façades qui tutoient le ciel invitent l’imagination à se promener et à se demander si la pierre parlait, ce qu’elle nous raconterait?

 » Pas d’âne »
Nom local des rues en escalier, il nous rappelle comment, autrefois les marchandises étaient acheminées.

Une naissance née d’une fuite vers les hauteurs

Des fouilles ont révélé la présence humaine dans les environs de Grasse datant du néolithique (5000 ans av. J.-C.). Mais la véritable naissance de la ville se situe entre le dixième et le onzième siècle. Fuyant les incursions et attaques qui font rage sur le littoral azuréen, la population se tourne vers un énorme rocher de Tuf qui domine toute la côte : le Puy! 

« Puy » [ou Pey] signifie en provençal : « éperon rocheux »

Balcon impugnable qui permet de surveiller la plaine, la côte et la mer, le Puy présente de multiples avantages qui attirent la population côtière. Dans sa partie sud, un rempart naturel se dresse contre les attaques, le sommet se présente telle une terrasse naturelle qui facilite l’établissement d’une population avide de paix et de sécurité. De plus, les pierres de construction se trouvent à proximité.

« Podium grassum » ou « un énorme rocher de tuf » serait l’origine du nom actuel.

Le nom de « castrum de Grasse » apparaît dans les textes du monastère de Lérins en 1047. Il fait alors partie du patrimoine des Princes d’Antibes. Le site est alimenté en eau par la Foux, et se place sur un axe commercial stratégique qui relie Grenoble, Nice et les Républiques de Pise et de Gênes. Une situation idéale propice à son essor.

Un brin de liberté républicaine

Avant l’heure, Grasse fait sa petite révolution et devient, en 1155, une « république marchande libre ». Elle prend exemple sur les puissantes villes italiennes avec lesquelles elle conclut des traités d’alliance et de commerce : Pise et Gênes. Pendant 72 ans, elle est gérée par des consuls élus. En 1227, à la faveur de rivalités internes, le Comte de Provence Raymond-Bérenger V, conquiert la jeune République. Son sort est désormais lié à celui de la Provence, elle devient chef-lieu de viguerie.

 Instant Dico  : « Viguerie »

Une viguerie est une juridiction administrative médiévale du sud de la France (Provence et Roussillon). Son nom vient de « vicarius » et signifie remplaçant. Le viguier rend la justice au nom du Seigneur et plus tard du Roi. Il administre la région et les villes avoisinantes. Les vigueries ont disparu en grande majorité sous Louis XV en 1749, à la suite d’un édit supprimant les petites juridictions. Cependant, dans plusieurs régions comme en Provence ou en Roussillon, elles ont survécu jusqu’à la Révolution. Aujourd’hui, le viguier reste vivace dans les patronymes de la région.

En 1244, le Pape innocent IV officialise le transfert du siège épiscopal d’Antibes à Grasse. Le premier édifice à voir le jour est une tour carrée qui domine encore la ville. Cette tour est dite « sarrasine », ou aussi « tour de l’Évêque », la construction de cinq étages fait partie du palais épiscopal. Depuis 1790, l’hôtel de ville s’y est installé. Sur la façade de l’hôtel de ville on lit ceci :
« la tour date des XIIe, XIIIe, XIVe et XVII siècles ».
C’est dire si l’édifice a été remanié. Ce groupe de monuments est imbriqué et relié par une arche à la Cathédrale Notre Dame du Puy. Les pouvoirs religieux, économique et politique sont concentrés  dans ce coeur originel.

Le 11 décembre 1481, Charles du Maine, vingt-septième comte de Provence et de Forcalquier, meurt sans héritier direct et lègue ses comtés à Louis XI, roi de France. La Provence devient française.

Grasse _ Cathédrale -arcade - L'oasis de nat

La cathédrale Notre Dame du Puy, reliée à l’ancien palais épiscopal par une arche.

Passer sous l’arche c’est trouver l’ombre et un peu de fraîcheur qui conduisent vers la tour de l’horloge. Elle domine un jardin qui invite à une sieste parfumée…

Pousser les murs vers le haut !

Dès le XIIIe siècle, limités par les remparts et les pentes abruptes de la roche qui les sécurisent, les Grassois, au rythme de l’activité économique croissante et de la démographie, n’ont d’autre choix que de surélever les maisons, de bâtir cours et jardins, de limiter les espaces libres, pour construire des habitats et des frabriques.

Cette option a façonné un labyrinthe tortueux de ruelles ombragées, où les placettes sont rares, où l’espace devient un luxe. Rien n’est droit, la course du regard est sans cesse entravée et s’arrête sur un coin de rue, des volets multicolores, des façades ocre, des escaliers de pierre, des pentes, des courbes, des heurtoirs, des fontaines. Les portes en bois épais s’ouvrent sur des escaliers qui creusent la roche et s’enfoncent dans les ténèbres des anciennes tanneries.

Grasse _  ville de tanneur - L'oasis de Nat

Les portes en bois épais s’ouvrent sur des escaliers qui creusent la roche et s’enfoncent dans les ténèbres des anciennes tanneries.

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Les armoiries de la ville

Au sol, les inscriptions héraldiques brillent et attirent l’oeil. L’agneau pascal, portant une longue croix à laquelle est attaché un étendard, le tout surmonté d’une couronne de Comte Bigarrée représente la ville depuis le XIIIe siècle.

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Grasse réputée pour la puanteur de ses ruelles étroites

L’abondance des sources d’eau permet à la ville un essor dans les commerces de draps, du cuir, de l’élevage. Ses tanneurs sont réputés depuis le Moyen-âge. Ils exportent leurs cuirs vers Gênes et Pise. Mais l’odeur des peaux, malgré leur qualité, reste nauséabonde.

Qu’est-ce qui donne cette odeur aux tanneries?

Les peaux sèches et salées séjournent 18 mois à deux ans dans différents bains. Dans ce qui est aujourd’hui la ville des parfums, les peaux trempent dans le canal, elles se décomposent dans les fosses. Pour les cuirs de luxe, certaines étapes du tannage nécessitent l’apport d’excréments de chiens, d’urines de chevaux, voire d’excréments humains. Les déjections d’animaux carnassiers contiennent un acide qui ronge la graisse qui adhère aux cuirs. Par ce traitement, les peaux, après avoir séjourné dans ce bain spécial, deviennent plus souples et plus blanches.

Une Catherine pour basculer de la puanteur des tanneries vers les parfums délicats?

Je désirais savoir comment la ville de Grasse a basculé d’une économie de tannerie vers une réputation mondiale du parfum. Je me suis autant perdue dans les méandres des sources historiques que dans les ruelles de cette cité dédaléenne! Le nom de Catherine de Médicis apparaît souvent à l’origine de la mode des gants parfumés, point de départ au développement des parfumeries en France et en Europe. On trouve aussi que Jean Galimard lui offrit une paire de gants en cuir parfumé aux « bains de senteur » d’eau de rose. Les dates de démarrage de l’art de parfumer le cuir pour en masquer l’odeur s’étirent entre le XIIe et le XVIe siècle. De quoi se perdre dans les effluves du Moyen-Âge qui se baignait encore et de la Renaissance, frileuse, qui préférait masquer les remugles des corps et des parures.

Qui inventa les cuirs parfumés?

Des documents datant du XIIIe siècle attestent que dès 1190, gantiers et parfumeurs s’unissent dans un seul et même métier. Des armoiries datant de 1426 sont les témoins indubitables de cette fusion. Le manque d’écrits ne permet pas de désigner l’auteur et la période exacte de la fusion entre les deux métiers et donc de savoir qui est à l’origine du procédé qui permet de masquer l’odeur du cuir.

Dès 1533, toutes les sources se rejoignent dans un même courant. Catherine de Médicis, lorsqu’elle arrive en France, est accompagnée de son « parfumeur empoisonneur » attitré René le Florentin (Renato Bianco), elle aime les gants, ceintures et pourpoints parfumés. La mode est lancée à la Cour de France. Cet engouement est bénéfique aux tanneurs de Grasse qui saisissent cette occasion pour se diversifier. En 1614, une lettre patente du roi octroie le titre de « maîtres gantiers-parfumeurs ».

armoiries gantier parfumeur

Dès 1190, gantiers et parfumeurs s’unissent dans un seul et même métier. Les armoiries datant de 1426 attestent bel et bien de cette fusion.

Les prémices qui fleurent bon un nouvel essor!

La ville s’étoffe de nouveaux apothicaires et parfumeurs prêts à bénéficier du climat très favorable à la culture de plantes à parfum et à soigner. Au XVIIe siècle, outre le raffinement recherché dans de nouvelles senteurs pour masquer les miasmes du corps, parfums et remèdes sont liés. La médecine de l’époque utilise les matières aromatiques végétales et animales dans la pharmacopée.

Désormais, l’oranger sauvage, les lavandes, le mimosa, le myrte et le lentisque pistachier trouvent leur place dans les cultures de la région. Les alentours de Grasse se transforment en un immense jardin de plantes odorantes. Grasse bâtit sa réputation sur la qualité de son jasmin, de ses roses de mai et de l’indomptable tubéreuse. N’oublions pas celles qui se font discrètes, mais qui sont elles aussi appréciées, comme l’iris, le géranium odorant, la verveine citronnée, les agrumes et toutes les fleurs restées muettes au grand désespoir des parfumeurs !

Les fleurs muettes

Certaines fleurs très odoriférantes dans la nature ne se laissent pas emprisonner en flacon. Ces belles discrètes sont le lilas, le muguet, l’oeillet, le buddleia, le gardénia, le chèvrefeuille, le pittosporum, le seringa, le pois de senteur, la violette, la glycine, l’héliotrope ou encore la jacinthe. Quel que soit le procédé d’extraction, distillation à la vapeur d’eau ou extraction par solvants volatils, rien n’y fait. Il faudra le travail du parfumeur pour reconstituer l’odeur de ces fleurs.

Du XVIe siècle et le XVIIIe siècle les heures de gloire

Grasse expédie vers toutes les noblesses d’Europe ses gants, gilets, sacs, éventails et ceintures parfumés. La corporation des gantiers-parfumeurs de Grasse voit le jour en 1724. Le parlement de Provence recense en février 1729, 21 marchands fabricants en 1724, et 70 en 1745.

Les siècles s’échappent et les règles d’hygiène évoluent. On ne désire plus masquer les odeurs, mais exhaler une fragrance qui complète la dernière parure à la mode. Peu à peu, l’industrie de la parfumerie prend le pas sur la ganterie et la tannerie. La corporation des maîtres parfumeurs se sépare de celle des gantiers dès 1759. Tanneurs et gantiers s’ils ne se reconvertissent en parfumeurs ou fabricants de savon disparaissent de la cité à la fin du XVIIIe siècle.

Stendhal, qui se faisait un petit revenu en parcourant la France et en publiant ses itinéraires, est le premier à remarquer la « physionomie génoise » de Grasse.

Grasse _ demeure de la Marquise de Cabris _ L'Oasis de Nat_ Fragonard _ vue panoramique

Le XVIIIe siècle agréable aux nez !

En 1747, Jean de Galimard, Seigneur de Séranon et membre de la corporation des Gantiers-Parfumeurs fonde la Parfumerie Galimard. Il ouvre la voie à un trio bien connu avec Fragonard (1762) et Molinard (1849).  Dès lors, la cité vire et sent bon le magnolia, le géranium, la lavande, la rose…

Au 19e siècle, la profession se divise alors en trois grandes branches : les cultivateurs, les commissionnaires en fleurs ou commettants (courtiers intermédiaires entre les cultivateurs et les industriels) et les industriels. Ces derniers fondent des structures, le plus souvent familiales, dont on ignore le nombre précis.  Grasse concentre aussi bien des entreprises comprenant parfois plusieurs centaines d’employés, que de toutes petites entités dont il ne reste presque pas de traces.  Entre 1800 et 1945  la ville comptait en moyenne une cinquantaine d’entreprises.

Certaines sociétés ont des durées de vie longues et traversent le siècle voire la totalité de la période : Hugues Aîné, Chiris, Lautier, Roure, Cavalier Frères, Niel, Pilar Frères. A part ces quelques exceptions,  les sociétés créées en fin du 18e siècle et début 19e siècle connaissent une durée de vie assez courte.

Certaines façades témoignent encore du faste de ces années. La maison Hugues et sa façade immanquable. L’actuel palais de justice a été installé dans les locaux de Chiris, l’entreprise disparut en 1982. L’hôtel du Comte de Thorenc accueillit jadis une parfumerie Galimard. Tandis que le prestigieux Cours Honoré Creps garde l’enseigne vivace. L’actuel musée d’Art et d’Histoire de Provence, connu sous le nom l’hôtel de Clapiers-Cabris, fut lui en 1813, reconvertit en fabrique et résidence des frères Bruery parfumeurs, aujourd’hui il jouxte le musée Fragonard. Toutes les maisons de Grasse portent les stigmates de tanneurs ou gantiers renommés, parfumeurs légendaires et autres négoces de grains, huiles et savons. Elles gardent en leur sein les histoires de réussites, de déclins et de résurrection.

Grasse _ Palais des congrès_ l'oasis de nat

Un chiffre gagnant : Le « Numéro 5 »!

En 1921, Ernest Beaux, un « nez » de Grasse débusque « le parfum de femme à odeur de femme ». Ce nez de bon augure marie le jasmin à la rose de mai, qu’il accompagne de néroli et de bigaradier. Il donne naissance à Numéro 5 de Chanel qui ouvre la porte des « parfums de couturiers », et donne ses lettres de noblesse à la parfumerie française.

Coco Chanel mise tout sur les essences du terroir français. Aujourd’hui encore, Chanel reste fidèle à la famille grassoise Mul, présente depuis 1840, de génération en génération, elle cultive avec passion des fleurs de qualité.

A la veille de la Seconde Guerre mondiale l’industrie grassoise contrôle plus de 90 % de la production mondiale de matières premières naturelles pour la parfumerie.  

Quel avenir pour la capitale mondiale du Parfum?

Si Grasse reste dans les coeurs et les esprits, la capitale du Parfum, elle n’en est plus que l’ombre. Au XXe siècle, la standardisation des méthodes de production, le coût de la main-d’oeuvre et la concurrence internationale secouent les parfumeurs de la région.

À la fin des années 1970, dans ce contexte, le bassin grassois, leader historique de la production de matières premières aromatiques, assiste à la fermeture de sites de production souvent centenaires. 

Cependant, la restructuration de la profession à l’échelle mondiale n’anéantit pas toute l’activité de Grasse, comme c’est le cas, ailleurs, dans d’autres secteurs (métallurgie, textile). Des sociétés survivent et d’autres connaissent au même moment un développement spectaculaire. Aujourd’hui, Grasse n’est plus leader de son segment mais compte toujours deux des dix grosses sociétés de production de matières premières dans le monde. Cette industrie emploie directement près de 3000 personnes, mais ne constitue plus la seule activité de la commune.

Certains noms ont résisté en alliant leur savoir-faire à la vague touristique qui s’étend à toute la la Côte d’Azur. Le trio Galimard, Fragonard, Molinard lance dès le XIXe siècle, des visites guidées. Cette activité leur permet de surfer sur les souvenirs d’antan et d’être toujours là, aujourd’hui.

Un saut vers aujourd’hui

En décembre 2018, Grasse a été classée par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité pour « ses savoir-faire liés aux parfums », après un long combat mené par le sénateur Jean-Pierre Leleux, ancien maire de la ville. Chanel confirme son attachement aux producteurs locaux et leur rend hommage cette même année 2018, en lançant une nouvelle eau de toilette -délicieusement rosée- nommée « Paris-Riviera ». Tandis que Dior a son tour, noue des liens avec les producteurs de Grasse. La région marque un nouveau tournant avec la production de matières premières de qualité, approvisionnant les plus grands parfumeurs qui désormais ont pignon sur rue à Paris. Néanmoins, certaines enseignes perpétuent la fabrication de parfums locaux pour les touristes de la Côte d’Azur qui apprécient un air de fraîcheur.

L’engouement pour les huiles essentielles fait de Grasse un centre important de production en France. Il fait face à la concurrence mondiale et tient bon grâce à la qualité de sa lavande, lavandin, sauge sclarée, hysope, romarin, menthe poivrée, etc. Le centre de production importe les résines et de gommes qu’elle ne peut produire comme l’encens, myrrhe, opoponax, styrax, costus, iris, benjoin, ciste.

Grasse traverse les crises et rebondit.
Tel le phénix elle renaît et renaîtra encore …

Grasse nougats maître gourmet Bernard Morin _ L'oasis de Nat

L’Atelier de confiserie

Tout est là pour nous faire penser que c’est du nougat traditionnel. Une présentation irréprochable. Et en fait, pas du tout!  Nombre de magasins, aux allures « artisanales » fleurissent dans les villes touristiques comme Grasse, et font en réalité partie de grandes chaînes. 

Balade le nez en l’air, mais on en a manqué… 

Je ne peux sortir de la vieille ville sans un détour vers ces petits commerces qui nous attirent, d’un sourire et d’un accent chantant, pour goûter l’huile d’olive, le fromage d’Italie, voire le nougat de Provence. Les vendeurs sont affables et vous font goûter les produits. Ils sont redoutables et vous font acheter au prix de produits artisanaux des aliments sortis de chaînes industrielles. Nous nous sommes laissés berner deux fois, ce n’est pas glorieux ! La première ici, à Grasse. La seconde à Gordes en plein été. Partis de Métropoles depuis 20 ans, nous revenons, les papilles alléchées, par les bons produits de nos terroirs. Et nous nous sommes comportés comme de vrais « Américains » (pardon pour eux, peut-être n’auraient-ils pas plongé!) Bref, les magasins apparaissent au coeur touristique de ces villes attirant nombre de visiteurs, comme des « caricatures de vieilles boutiques charmantes ». Tout y est, le saucisson qui pend, ou le vieux chaudron pour faire fondre les aliments. Mais il n’y a pas l’ombre d’un commerçant-artisan dans ces boutiques. Seulement d’excellents et redoutables vendeurs. Si le nougat ici était très bon. Par contre la Gordes, il y a carrément eu erreur sur les produits achetés. Ceux que nous avions goûtés en boutique n’étaient pas ceux que nous avons mangés chez nous : chorizo, fromage au basilic, et autres jambons n’avaient plus du tout le même goût une fois rentré chez nous…  Nous avons appris par l’expérience ! On s’en serait bien passé, surtout que l’addition au final était assez salée ! 

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Sources qui ont inspiré cet article :

  • « QUELQUES PORTRAITS DE GRASSE, A TRAVERS L’OEUVRE D’ECRIVAINS OUBLIES OU MECONNUS »
    par Georges VINDRY
  • « L’identité d’une ville au travers de ses artefacts : Grasse, de 1860 à nos jours : étude de la co-construction d’un imaginaire touristique et d’une identité locale » Chloé Rosati-Marzetti
  • La Côte D’Azur par Gabrielle Réval
  • « Grasse ville d’histoire » passionprovence.org
  • avignon-et-provence.com/
  • yesicannes.com/fr/parfumerie-galimard-hier-aujourdhui-52909
  • Pour mettre de l’ordre dans la confusion : guichetdusavoir.org/
  • Histoire du parfum : de l’Égypte au XIXe siècle : collection de la parfumerie Fragonard
  • L’odyssée des parfums: de la thérapeutique à l’esthétique
    lamarseillaise.fr/ article du 05/12/2015 de Raymond Bizot
  • En pays de Grasse (1/6) Ici, depuis toujours, le parfum fait la ville Paula Boyer
  • publicsenat.fr
  • LES TANNEURS DE GRASSE AU XVIIIe SIECLE Emmanuelle EDELGA
  • provence7.com
  • L’inventaire du patrimoine industriel des parfumeries de Grasse Gabriel Benalloul et Laurence Argueyrolles

  • dossiersinventaire.maregionsud.fr
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6 Commentaires

  1. Avatar

    oh! quel magnifique voyage je viens de faire dans cette superbe ville de Grasse ! une description historique très détaillée comme si j’étais dans la ville .Merci pour toutes ces choses que je viens d’apprendre ! si bien dites !quel régal ,merci Nat et Dom pour cette belle lecture ,rêve magnifique !!ma journée commence bien grace à votre gentillesse .Bonne journée à vous deux ,gros bisous . AMICALEMENT .

    Réponse
    • Nathalie Cathala

      Merci à toi Françoise de ton petit mot, si encourageant, afin de continuer le partage, encore et encore pour le plaisir de tous

      Réponse
  2. Avatar

    Chère Nat, j’ai beaucoup apprécié cette balade dans Grasse, ville où j’ai habité et que j’aime bien. Tu as raconté d’une manière passionnante et très documentée son histoire, celle des maîtres gantier et de la parfumerie. J’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver mes souvenirs, au fil des ruelles, les dédales de la vieille ville, les détails des façades, des portes… la jolie place aux Aires, la cathédrale, les parfumeries…D’autant comme je te l’ai dit que j’ai travaillé dans les Musées de Grasse, et bien sûr dans celui de la Parfumerie. Merci beaucoup pour ce beau moment passé à te lire et à redécouvrir l’histoire de cette petite ville qui a beaucoup de charme. Très amicalement. Liliane

    Réponse
    • Nathalie Cathala

      Merci beaucoup Liliane de ton témoignage en tant que représentante du musée de Grasse, ton mot me va droit au coeur, et m’encourage dans ma démarche de partage. Toute mon amitié, Nat

      Réponse
  3. Avatar

    Un agréable moment à lire ton passionnant carnet de voyage Nat, si bien écrit , un bel hommage à cette jolie ville …

    Réponse
    • Nathalie Cathala

      Merci Dany, mon seul regret, ne pas t’y avoir croisée …

      Réponse

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