Rétrospective 2013 : Le Cambodge (avril)

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Rédigé par Nathalie Cathala

Un regard sur le monde, du bout de la Plume et de l'objectif. Depuis 2003, Nat partage ses récits de dix années de circumnavigation, puis quatre ans de vie insulaire sur Maurice et Martinique, à présent installée à la frontière entre France et Espagne, l'aventure du partage continue.

14 janvier 2014

Rétrospective écrite depuis Opoa, Raiatea.

Bonjour,

En avril 2013, nous partions pour le Cambodge. Nous sommes montés à Bangkok dans un minibus surchargé, conduit par un chauffeur complètement allumé. Nous avions cru qu’un chauffeur aussi « imprudent » et « chargé » en matières illicites était une exception. En racontant notre aventure autour de nous, nous avons appris, que les chauffeurs de Thaïlande pour augmenter leurs salaires se bourraient de produits les gardant éveillés plusieurs jours et qu’ils enchaînaient ainsi, les aller-retour entre la frontière et la capitale. Dom assis à côté du chauffeur a vu de près, le danger. J’étais au fond du minibus et au lieu de me ronger les sangs, je me suis plongée dans mon ordi, à regarder je ne sais quel film captivant. Si physiquement nous prenions tous les risques, au moins, dans la tête je restais zen!

Il faut croire que nous avons une bonne étoile, nous arrivons indemnes à la frontière cambodgienne.

(Ce récit n’exagère en rien, la situation, il y a quelques jours, un minibus, a basculé dans un ravin en Thaïlande : 29 morts)

Nous traversons la frontière cambodgienne à pied. Longue et interminable attente à la douane, où les fonctionnaires prennent un temps infini à faire passer chaque personne.

Immédiatement, nous sommes plongés dans une autre ambiance.

La chaleur (36° dès le petit matin) et la poussière font partie de notre quotidien. Les Cambodgiens sont plus ouverts, parlent plus facilement l’anglais que leurs voisins. Malgré un accueil chaleureux, nous sentons une douleur profonde.

Je ne m’étais jamais intéressée à l’histoire de ce pays, et au fil des discussions avec les Cambodgiens que nous rencontrons nous touchons le fond de l’horreur. Ce peuple a vécu l’innommable et il le porte sur lui. Le sourire est là, mais d’une tristesse… Leur sort n’est pas encore complètement réglé, contrairement à ce que l’on croit en Occident. Régulièrement, le Cambodge subit encore les pressions racistes et les velléités de ses voisins thaïs et viets.

Je nourris une affection et une admiration profonde pour ce peuple, qui continue à subsister dans des conditions extrêmes où des millions de bombes jalonnent encore le sol et font encore les dégâts qu’on imagine.

La seule région qui a été vraiment nettoyée est celle de Siem Réap et des fabuleux temples. Plus d’un millier de temples, datant du sixième siècle pour les premiers, ont été mis à jour et restaurés. Ils gravitent tous autour du célèbre Ankor Wat. Cela donne un ensemble admirable… Extraordinaire. Quelle force de travail! Il ne reste des constructions d’antan que les parties de culte en pierre, les autres édifices et palais royaux étaient en bois et donc ont disparu dans les incendies perpétrés par les ennemis séculaires des Khmers.

Je n’en reviens pas! Les édifices sont dignes des pyramides d’Égypte. Les bouddhas incrustés dans les façades des temples, les bas reliefs de plusieurs dizaines de mètres racontant les exploits de tel ou tel roi… Pendant des jours, et des jours, nous circulons au sein d’un monde prodigieux. Usant nos jambes sur les escaliers aux marches démesurées. Rencontrant des moines, des sculpteurs, des familles tout un petit monde enclin à partager avec nous, un bout de leur Histoire du temps de la gloire des Khmers.

C’est en matière de construction humaine ce que j’ai vu de plus beau jusqu’ici. Et je reste sans voix, devant ces chef-d’oeuvres de l’architecture d’un autre âge. A l’époque personne ne disposait des moyens d’aujourd’hui, évidemment (!) et pourtant chaque édifice est un trésor du patrimoine mondial. Aujourd’hui, nous disposons de grues, de matériel capables de soulever ces immenses blocs de pierre. Et pourtant, nous ne pensons qu’à construire des immeubles en béton.

Hier je voyais quelques photos de Dubaï et ces fantasmagoriques constructions en forme de croissant de lune, et de proue de bateau stylisée. Que laisseront comme souvenir ces bâtisseurs dans mille cinq cent ans? Les coeur métalliques de ces piles de bétons se seront écroulés sous l’effet de la rouille. Sans doute…

A plus, pour la suite de cette rétro, nous reviendront vers l’Océan Pacifique, et l’Australie
Nat et Dom
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