VANUATU : l’école des îles

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Rédigé par Nathalie Cathala

Amoureuse des voyages, proches ou lointains, Nat ne tient pas en place. Nomade dans l'âme, elle est toujours prête à embarquer sur un bateau, dans un avion. Pour ses découvertes régionales, elle aime partir à vélo ou à pied. Jamais, elle ne se départit de ses fidèles compagnons : son appareil photo et sa plume. Elle écrit depuis 2003 des articles de voyage.

17 juillet 2012

Bonjour,

Sur les îles les plus reculées, les écoles sont souvent tenues par le prêtre catholique dans les villages francophones et par le pasteur dans les villages protestants et anglophones. Certaines écoles sont très rudimentaires comme vous pouvez vous l’imaginer. Par contre, à Randawi, sur le centre de la côte est de Pentecôte, nous avons visité une école, qui nous a surpris par son équipement.

Les classes de physique, de chimie étaient particulièrement bien dotées, celles de mécanique ou d’ébénisterie étaient aussi bien outillées que celles qu’on trouve dans les écoles professionnelles d’Occident. Les classes pour les filles, « technologie de la cuisine ou du textile », étaient nanties d’ustensiles que l’on ne voit pas même dans la cantine de l’école.

Nous avons le fin mot de l’histoire. Sila, notre hébergeur, était le principal de cette école pendant plusieurs années. Il s’est démené pour lever des fonds australiens de solidarité. Il a reçu l’équivalent de 80 millions de Vatu soit 650 000 euros. Une somme énorme, qui a permis de créer un internat pour jeunes filles et garçons, des classes dans plusieurs bâtiments solidement implantés sur une colline qui surplombe l’océan. Une librairie nantie de nombreux livres.

Les bâtiments sont propres, bien entretenu, les infrastructures nous paraissent presque luxueuses, tant le reste des villages est basique. Silas avait reçu tant d’argent qu’il eut l’idée de ne pas tout dépenser dans une seule école. Il a réparti les sommes vers des écoles particulièrement démunies d’îles voisines comme Ambaé, ou d’autres écoles nécessiteuses du nord de Pentecôte.

Dans tout « ce luxe » éducatif, nous sommes surpris de découvrir la « cantine ». Les élèves apprentis cuisiniers disposent dans leur classe de cuisinières à gaz, et de tout ce qui existe dans une cuisine basique « chez nous ». Mais la cantine reste à la « mode locale ». Un feu de bois à même le sol sur lequel on pose d’immenses gamelles où cuisent taro, ignames et légumes locaux, pour les 300 élèves internes à l’école. A côté, chaque jour, un « boulanger » cuit 60 pains au feu de bois.

Ces choix ne sont pas surprenants. Après tout, les enfants doivent apprendre à gérer des outils « modernes » afin de trouver un travail dans l’hôtellerie ou la restauration destinés aux touristes. Par contre, ils n’oublient pas le mode traditionnel de cuisiner et cette nourriture, riche, à laquelle ils sont habitués est leur quotidien.

Aujourd’hui, Silas a été « limogé » par ses supérieurs de Port Vila. Son coup d’éclat, la gestion admirable de l’école, a fait des jaloux politiques qui craignaient qu’il ait des arrières pensées. Finalement, ils lui en ont donné « des idées », et au mois d’octobre, il se présente pour les élections parlementaires. S’il gère aussi bien la politique qu’il a géré cette école. Et bien, je pourrais affirmer que pour la première fois de ma vie, j’aurai rencontré un politicien digne d’être élu!

A plus, pour vous parler des enfants des îles
Nat et Dom

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