VANUATU : Pentecote, moyen de transport inter îles

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Rédigé par Nathalie Cathala

Amoureuse des voyages, proches ou lointains, Nat ne tient pas en place. Nomade dans l'âme, elle est toujours prête à embarquer sur un bateau, dans un avion. Pour ses découvertes régionales, elle aime partir à vélo ou à pied. Jamais, elle ne se départit de ses fidèles compagnons : son appareil photo et sa plume. Elle écrit depuis 2003 des articles de voyage.

9 juillet 2012

Bonjour,

L’un des problèmes majeurs des îles est l’approvisionnement. Pour un archipel aussi étendu que le Vanuatu (plus de 900 kilomètres séparent les îles du sud de celles du nord) les denrées extérieures arrivent par cargo sur Port Villa et sont redistribuées, par des moyens locaux, sur les autres îles. Inutile d’imaginer une livraison rapide par avion, ceux-ci ont des horaires dépendant d’un état très instable de leur mécanique. L’état stable étant la panne! Les avions qui desservent les îles sont des copies chinoises du Twinn (vrai!) et je vous assure que lorsque vous les empruntez, vous comprenez toute la dimension du mot « copie ».

Donc, il ne reste pour délivrer les îles que quelques bateaux remontant au déluge. Leurs allures cabossées, le bruit de leur moteur qui s’entend alors qu’on ne les voit pas encore, la fumée noire qui s’échappe au coup d’accélérateur, et surtout la peur panique des capitaines à éteindre les machines de peur qu’elles ne repartent pas, sont autant d’indices révélant la fiabilité des installations de transport du Vanuatu.

A Pentecôte, au village de Waterfall, nous vivons en direct l’arrivée de « Efate Queen ». Il n’y a pas de quai sur l’île. La seule solution pour le bateau est de « s’échouer » sur la plage. Tandis qu’il cabote depuis le fin fond de l’horizon, la plage d’habitude déserte se peuple peu à peu. Les uns arrivent à cheval déchargeant de gros sacs de coprah; la plupart viennent à pied, le dos encombré de sacs de kava ; une seule voiture vient de l’école d’un village voisin.

Un joyeux brouhaha envahit le rivage. Les enfants attendent à l’ombre d’un arbre séculaire, les papas discutent, assis sur une bille de bois. Trois sacs de kava attendent d’être chargés. Silas, le père de la famille dans laquelle nous sommes logés attend son embarquement. Il part sur l’île de Santo et préparer les élections du parlement d’octobre prochain.

Un dinghy jaune au moteur hors-bord récalcitrant s’échappe de l’arrière du « efate Queen », tandis que ce dernier pointe son étrave sur la plage et s’y enfonce. L’équipe du « Crew » charge déjà les gros sacs en toile de jute. Ils assurent un va-et-vient entre la plage et la porte centrale du bateau mère. Ils déchargent des cartons, seaux en plastique, des valises, un touriste (tiens… un perdu!) et reviennent avec le coprah et le kava vers le bateau. Enfin, Silas et d’autres villageois embarquent dans le dinghy jaune, en même temps que les derniers sacs de kava. Le passage du dinghy à la porte centrale du Efate Queen demande de la hardiesse!

Puis, le Efate Queen échappe une grosse fumée noire, dans une marche arrière qui le dégage de la plage, le dinghy n’a pas fini ses rotations, il reste des sacs à décharger, d’autres à embarquer. Tandis que l’Efate Queen s’éloigne déjà vers des villages plus au nord, il continue la navette entre le rivage et le bateau mère. Puis le hors-bord calle. Le « crew » relève le moteur, il dérive, et part à l’opposé de l’Efate Queen, indifférent à ces aléas. Une grosse fumée blanche s’échappe du dinghy et ça y est, il « court » rejoindre le Efate Queen.

La plage est déjà vide, il reste un sac « France Afrique » sur la soupe de corail. Un beau clin d’oeil! Un étrange raccourci!

Les femmes portent les cartons sur la tête et rentrent chez elles. Les hommes partent vers le Nakamal (le bar à Kava traditionnel)

Une image authentique du quotidien de Pentecôte
A plus, chers lecteurs
Nat et Dom
Nat&Dom

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