Au-delà de l’horizon, « rien » = « Tout »

» Publié par le 4, Fév 2019 dans Ecrire la Lumière, Philosophie du voyage, Photo-Graphie | 4 commentaires

Au-delà de l’horizon, « rien » = « Tout »

Bonjour,

Qu’est ce qui nous a poussés si loin de chez nous? Dans les premiers mois, nous avions soif de vivre l’été en permanence. Dominique voulait trouver l’endroit idéal pour y poser son hamac … et vogue, vogue pour dénicher l’ailleurs. Je poursuivais un mythe : « Saisir ce qu’il y a au-delà de l’horizon »!

Nos pas nous ont menés par hasard en Colombie, et là, notre voyage a pris un tournant décisif. J’ouvrais les yeux, enfin !

En Colombie, nous traversions des villages où il n’y avait « rien ». Toute la richesse résidait dans une générosité spontanée et désintéressée. Nous étions accueillis par des hommes, des femmes qui avaient la ferme intention de nous aider et de nous protéger en ces temps troublés de la guérilla.

« Au 21e siècle, un village sans électricité ni eau courante existe encore? Les habitants semblent ne rien avoir et ne demandent rien de plus. Au contraire, ils sont toujours prêts à donner, à nous aider. »

Extrait de mes carnets de voyage

Colombie

Chaque fois que nous avons jeté l’ancre devant un village, la population nous a ouvert les bras comme si nous étions des leurs… de leur famille! Chaque fois, j’avais conscience que tout le confort dans lequel nous sommes nés : assistances santé, éducation, sécurité civile, droits d’exister, de nous exprimer, de nous informer, plus simplement un robinet à actionner pour avoir de l’eau, une prise au mur pour y brancher un ustensile qui nous est devenu indispensable … Tout cela, nos hôtes n’y avaient pas accès.

Sur chaque continent, nous avons partagé le quotidien de peuples en marge de tout confort. Des pays où comme le dit très bien Matthieu Ricard : « Si vous n’avez pas d’argent vous mourez à la porte de l’hôpital ». Cette phrase entendue l’autre jour lors d’une émission a réveillé en moi, une foule d’images. Pas des images de télévision, mais des souvenirs vécus.

« Si vous n’avez pas d’argent, vous mourez à la porte de l’hôpital »

Matthieu Ricard

Dans le désert où vivent les Indiens Wayuu, la nature est si hostile que certains habitants n’ont pas les moyens de se construire une maison de quatre « murs », ils se suffisent de palissades, pour s’abriter à peu près des vents violents.

Au Vanuatu, nous avons croisé le destin d’un homme tombé d’un arbre, les reins brisés. Alors que nous avions pris des dispositions pour l’emmener avec nous en avion, le pilote par injonction de la seule compagnie aérienne du pays, nous a formellement interdit de l’emmener vers le seul hôpital disponible pour 80 îles éparpillées dans le Pacifique.

Aux Philippines, je revois cette maman qui lave son bébé avec l’eau recueillie dans le caniveau.

Que dire du village de Fuerte dans le Golf Darién, où lors d’une incursion du FARC, les habitants ont trouvé refuge sous terre?

Au Vanuatu, lors d’un cyclone particulièrement violent, les habitants n’ont eu pour seule solution que de se faufiler entre les racines des figuiers étrangleurs, pour s’abriter de tous les objets qui décollaient et risquaient de les blesser, voire les décapiter.


Chaque fois que nous avons pu le faire, nous avons acheminé denrées, médicaments, instruments médicaux, vêtements, fournitures scolaires. Mais à chaque fois, nous savions que tout cela était insuffisant. Pourtant, personne ne nous a jamais reproché que nous n’en faisions « pas assez ».

Je nourris pour ces peuples une admiration sans bornes. Ils sont dignes et généreux. Courageux et enjoués. Ils ne s’entêtent pas contre le destin, ils se démènent pour préserver ce « rien » à nos yeux, qui est « toute leur vie ». Chacun agit pour la communauté, cherchant à se nourrir, et à trouver l’eau saine. Quand c’est encore possible. Ces peuples m’habitent non pas comme une masse éloignée de gens, mais comme des visages que je vois nous sourire, des mains qui donnent sans compter, des bras qui s’ouvrent, des coeurs qui offrent une amitié sans aucun sens du retour.

J’ai appris auprès d’eux qu’il ne faut pas attendre d’avoir les « moyens » pour aider autrui. Lorsque nous arrivons chez eux, étrangers à cet environnement nouveau , leurs sourires éclairent nos doutes, leurs mains tendues partagent la confiance et ce « tout » qui fait leur vie.

A bientôt, pour diffuser d’autres lumières du voyage…

Texte et photos Nathalie Cathala.
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4 Commentaires

  1. Tout y est …J ai souvent envie de crier cela chez nous ..lorsque je vois ce qui se passe ..( mais vous avez tout ) …et vous ne vous en rendez même pas compte .. J ai honte parfois de certain comportement et j ai envie de dire mais allez donc voir ailleurs ce qui s y passe ..et on en reparle …mais peine perdue …Je suis très contente de te lire au moins , il n y a pas que moi , qui pense celà …Merci …

  2. Merci Nathalie pour ce retour en arrière sur vos premières escales ♥ Bravo à toutes ces personnes chaleureuses rencontrées lors de vos différents voyages ♥ Elles nous indiquent la valeur de rien ♥♥♥♥

  3. Oui nous ne nous rendons même plus compte du luxe dans lequel nous vivons à nous plaindre dès que on nous supprime un privilège les peuples autochtones ont beaucoup à nous apprendre

  4. Bel et touchant hommage à tous ses peuples ! Votre générosité a dû aussi beaucoup les marquer… Merci à tout deux..

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