Petit Karoo, terre de contrastes !

» Publié par le 9, Sep 2018 dans Afrique, Afrique du Sud, Album, Vidéos, Voyage | 0 commentaire

Petit Karoo, terre de contrastes !

Dans cet article :  Des pistes qui nous mènent vers le Petit et le Grand Karoo, des panoramas superbes semi-désertiques, le royaume de l’autruche… Et des rencontres joviales

 

Bonjour , 

 

Notre journée commence par de la « gravel road » comme l’on dit par ici, une piste sablonneuse. En 4*4, c’est cool, mais en berline, au ras du sol, on mange du sable, ça croque sous la dent, et au bout de plusieurs semaines de voyage, ça lasse un peu ce régime là. Non mais, vous croyez que je me plains? Pas du tout, pour rien au monde je ne céderais ma place ! D’autant que la piste de sable s’arrête et nous laisse parcourir sur du bitume tout neuf une belle, une très belle route auréolée du bleu des Jacarandas, du bleu d’un ciel pur. Les gorges profondes, dont la route épouse chaque courbe, plongent dans un dédale d’arabesques. De temps en temps un incendie rompt le charme, c’est devenu notre quotidien en Afrique du Sud : voir brûler les monts de tous bords. Les reliefs sont un spectacle de chaque instant, ils se parent tantôt de garrigue, tantôt de roches basaltiques, puis soudain apparaissent d’un rouge incandescent de roches sorties du fond des âges. Nous avalons les 330 kilomètres de cette étape sans nous en rendre compte, établissant des records d’arrêts contemplatifs, et donc de lenteur ! 

 

Retour vers la piste

 

Nous avons choisi de loger dans la région de Oudtshoorn, loin de la ville et au coeur des contreforts des massifs du Swartberg. Cette chaîne de montagnes s’érige en véritable frontière entre le « petit Karoo » et le Grand Karoo.  Le premier est une région semi-aride, qui tire parti des eaux-souterraines pour exploiter les sols : cultiver la vigne, l’oignon, élever des bovins, et surtout des autruches!  Le second, le Grand Karoo, est une région désertique, désolée… presque lunaire.  Nous consacrons une journée entière à cette barrière qui les oppose, et partons à l’assaut du col du Swartberg. La route se change à nouveau en piste, que notre petite voiture grimpe courageusement ! Le contraste entre le Petit et le grand Karoo est saisissant. On passe de champs cultivés, de pâturages verdoyants à un espace minéral, somptueux de beauté par l’absence de vie. 

 

Au col du Swartberg nous passons presque sans transition d’une garrigue encore bien verte à un espace minéral

 

Notre ami « Wiki » nous explique la formation de cette région…  » Le désert du Karoo s’est formé il y a deux cent cinquante millions d’années. Une brusque montée des eaux recouvrit alors ce qui était une forêt tempérée. Lors d’une seconde étape, intervenue il y a 130 millions d’années, une éruption volcanique recouvrit la région de lave basaltique. Les effets de l’érosion sur les couches supérieures de grès aboutirent à la formation de collines coniques surmontées de roches dures. »

« Après avoir été un marécage à l’époque des dinosaures, le Karoo est de nos jours une région aride, presque totalement privée d’eau en surface, sauf pendant de brèves périodes où les orages gonflent les rivières asséchées et accélèrent ainsi l’érosion. » 

 

Après la Swartberg Pass, le désert ! Si notre regard portait assez loin, on pourrait presque apercevoir la Namibie ! Tout au nord, très très au nord, le Grand Karoo, rejoint le Fish River Canyon, puis le Kalahari … aux confins d’un ailleurs d’où l’on vient …

 

Comment imaginer qu’au fond de ce labyrinthe minéral se cachent des oasis ? Et pourtant, après une route vertigineuse en lacets nous parvenons tout au bout du fond, et nous trouvons un cours d’eau, des arbres, des jeunes qui se baignent, adorables et sympas qui nous montrent les particularités de cet univers insolite. 

 

Des jeunes du village de Prince Albert, viennent trouver le frais, l’ombre et l’eau… Des trésors de bonheur dans une vie au coeur de l’aridité et de la canicule.

 

Dans cette boucle enchanteresse, où le paysage offre à chaque détour de magnifiques panoramas, nous aurions aimé visité la grotte du Cango, mais à la période où nous sommes, soit le début des vacances estivales, elles sont prises d’assaut, et il faut réserver plusieurs heures à l’avance, voire la veille la visite. Nous n’avons pas le courage d’attendre, et nous ne voulons pas non plus changer notre itinéraire et nous passer de sillonner la région, pour faire le pied de grue. Nous aurons encore l’occasion de voir des Stalactites dans notre vie ! Et nous remplaçons cette visite par un détour vers la cascade de Meiringspoort qui attire la population dans la fraîcheur et l’ombre de parois hautes de 60 mètres ! 

 

Comme ça fait du bien de finir la journée dans ce petit oasis rafraîchi par l’ombre et l’eau !

 

Pour notre troisième jour passé dans la région, nous décidons de partir à la recherche d’un « truc en Plumes » ! Oudtshoorn (je vous assure que j’y ai mis tout mon coeur, mais à chaque fois que je prononçais le nom de cette ville, personne sur place ne comprenait de quel endroit je voulais parler, ainsi, je ne vous ferai aucune suggestion sur l’art de prononcer ce mot!). Oudtshoorn, donc se présente comme la capitale mondiale de l’autruche! Les vieilles demeures au caractère cossu, sont là pour témoigner des années folles, où les plumes s’arrachaient à prix d’or pour orner les tenues à « la mode ».  Si au début du xxe siècle, elle fournissait 85 % des plumes à l’industrie de la couture et du spectacle.  Aujourd’hui, elle fournit plus de balais à poussière que de « trucs en plumes », mais la région reste néanmoins le lieu de la plus grande concentration d’autruches d’élevage au monde soit à peu près 200 000 oiseaux réparties sur 500 fermes.

 

Non, ce n’est pas ma houppette qui me rend irrésistible, mais … un autre attribut que je vous dévoilerai plus bas !

 

Pour en avoir le coeur net, nous visitons une ferme d’autruches! Nous en rencontrons des grandes, des bébés, des oeufs, des affamées, des couples éducateurs, des versions naines et même des émeus infréquentables tant ils sont agressifs (peut-être n’ont-ils pas apprécié d’être délocalisés d’un continent à l’autre ?). Bref, nous passons quelques heures en compagnie de ces trucs en plume, et à vrai dire, nous en sortons non avec un boa, mais un balais, inutilisable dans les ballets du Moulin Rouge, mais qui trouvera certainement sa place un jour, dans un « chez nous ». 

 

Mais que tu es drôle, chérie aujourd’hui !

 

Nous finissons ce séjour au frais, dans un coffie shop où nous dégustons un merveilleux brownie maison agrémenté de glace vanille. Dehors, il fait 38 degrés à l’ombre, un vent brûlant lève le sable et la poussière et rend le paysage opaque. Les rues d’ Oudtshoorn sont désertes, nous admirons les demeures témoins d’un passé qui sème encore la nostalgie dans les grandes familles de la région. 

 

Demeure « Le Roux » (Gottland House construite en 1902), tout comme à Franschhoek, on retrouve ici, les noms des descendants français huguenots venus s’établir et s’enrichir en Afrique du Sud

 

Balade en images 

 

Sur la route 324 entre Swellendam et Barrydale, les jacarandas égaient notre parcours 

 

Les gorges de Barrydale, longent la route 324

 

Tous les guides conduisent les visiteurs sur la RN 62, réputée très belle.En raison de notre itinéraire, nous parcourons la route 324, et sincèrement, elle est belle, voire plus belle que la RN62

 

Un décor fait de garrigues et de roches aux nuances chaudes

 

Nous approchons de la Capitale mondiale de l’Autruche, et des « trucs en plumes » ondulent partout aux carrefours des villes 

 

Presque la fin des Jacarandas, mais … de beaux restes

 

Une allée bordée de Jacarandas, … vous vous en doutez? J’aime cet arbre …

 

La fleur du jacaranda, … Promis, c’est la dernière photo de cet arbre

 

« Marseille »… BP7 Marseilles… avec un « s »  la franco-folie de l’arrière pays du Cap, prend des allures les plus fantaisistes 

 

Au pied du massif du Swartberg, (mointagne noire) des pâturages (au centre de la photo des vaches), des champs… Un contraste entre désert et bocage, une réalité qui conduira peu à peu l’humain vers une pénurie causée par des excès d’utilisation de ressources 

 

Un élevage plus adapté aux conditions climatiques : l’autruche, est ici « chez elle », son mode d’alimentation adapté aux zones semi-désertiques

 

La piste d’accès vers le col du Swartberg. La « route » a été construite en 7 ans entre Oudtshoorn et Prince Albert. Ouverture en 1880

 

A gauche de la photo, le « Petit Karoo ». A droite, les versants plongent vers le désert montagneux du Grand Karoo qui s’étire jusqu’en Namibie 

 

Je suis devenue accroc des panneaux en Afrique… Celui-là me laisse perplexe. Sont-ils tous montés là avec leurs autocollants ? 

 

Avant d’entamer la descente vers le Grand Karoo, une dernière grimpette

 

A poste ! 

 

Quelques cousines des saxifragaceae autrement dit, de plantes capables de vivre et de se frayer un chemin dans la pierre

 

Au premier plant de la garrigue, puis en éloignant le regard vers l’horizon, l’espace minéral, désertique du Grand Karoo

 

Ajoutons nos petites pierres à l’édifice ! 

 

Encore une cousine, et un peu de couleur avant d’attaquer le désert 

 

Cet espace, immense, qui court jusqu’à la Namibie, nous fait revivre le désert, tel que nous l’aimons, vaste, solitaire, libre … 

 

La piste en lacet descend vers la vallée, dans une sensation de vertige renouvellée à chaque virage 

 

Impossible oasis… 

 

Rencontre sympathique au bord d’un cours d’eau 

 

Un moment de fraîcheur

 

Un décor qui nous surprend à chaque regard lancé de ci, de là 

 

Les roches qui attirent les géologues 

 

Témoins des bouleversements de notre Planète, survie des temps anciens, un message laissé par une longévité qu’il serait bon de faire perdurer

 

Et puis, de temps en temps une échappée hors piste, pour trouver une sérénité colorée, une joie indicible de toute ce que cette région offre de contrastes 

 

L’homme avec un acharnement aveugle colonise les parcelles de terre dont les sous-sol offrent l’eau. Transformant un désert en « région fertile ». Là encore, un contraste entre les flans des monts et le bas de la vallée, où chaque goutte d’eau est utilisée

 

Un cousin du Mimosa

 

A l’image de la démesure des exploitations, … 

 

Contrastes …. 

 

L’eau qui a forgé ces gorges tente de suivre son cours, pour ce qui lui reste de débit après usage des humains 

 

Ce bassin serait profond de 9 mètres … Mais la population locale est fidèle à la légende qui dit « qu’il est sans fond » 

 

Au bord de l’eau

 

La cascade de Meiringspoort

 

Meiringspoort

 

La roche, toujours si belle, domine tout le paysage, les reliefs gardent leur superbe

 

Ce que les gens du coin pensent d’eux-mêmes

 

Production d’oignons

 

Mister Truche en Personne pour la pause !

 

Je sors du coiffeur, ça vous plaît?

 

La femelle couve les oeufs pendant la journée, (en réalité, elle climatise les oeufs et les protège de la chaleur) tandis que le mâle veille aux prédateurs. La nuit, c’est l’inverse, et le mâle alors, protégera les oeufs des baisses de températures  

 

Moi ça me stupéfie, ce vert là, ici au milieu d’une zone semi désertique !

 

Avant d’exploiter un champ, il est ainsi, rocailleux, poussiéreux, le propriétaire est en train d’installer des tuyaux qui amèneront l’eau, sans laquelle toute culture est impossible 

 

Autruchon d’un jour, à la ferme 

 

Qui a dit que ce volatile était bête ? Il lit dans les lignes de la mains !!!!

 

Alors… je ne fais pas ma « chochotte », mais, il vient de me pincer la main, grave!!!

 

Bon ben voilà… on fait copains !

 

Môman!!! Tu as fini de faire le pitre avec des touristes !!!!

 

Heu… les petits gars, on a d’autres choses à faire que de pouponner !!!

 

Ho ouiiiii, vise un peu ce que je vois là !

 

Hey… les poulettes… laissez-le moi, il est à moi!!!

 

Heu… c’est bien beau de jouer les « jolis coeurs »… mais elle me crache à la figure ! 

 

Tu arrives à maîtriser ton harem ? 

 

Non ! Pensez-vous, je ne suis pas jalouse au point de vouloir écraser tous leurs oeufs !!!

 

Petite demeure … ça vous tente ce style ?

 

Nous on préfère les cabanes toutes simples ! …. et en plus, wouh wouh !!!! Dom aussi il aime ça !!!

 

Retrouvez notre voyage en Afrique du Sud, sur notre chaîne YouTube

 
En route vers le petit Karoo !le

 

A la lisière entre le désert du Grand Karoo, et les vallées agricoles du Petit Karoo

Dom et ses copines

A très bientôt pour la suite du voyage, et notre étape à Wildernes
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Nat & Dom
Texte et photos Nathalie Cathala.
Auteurs des vidéos : Dominique et Nathalie Cathala

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