Mon copain Manchot !

» Publié par sur 29, Août 2018 dans Afrique, Afrique du Sud, Album, Vidéo, Voyage | 6 commentaires

Mon copain Manchot !

Au programme :  Départ de Franschoek, retour vers l’océan et découverte de l’une des colonies les plus importantes de manchots du Cap, soirée à Hermanus. 

 

Bonjour,

 

Nous quittons la montagne pour rallier la côte à hauteur de Gordon’s Bay pour finir la journée à Hermanus, une ville réputée pour l’observation des baleines. En réalité, nous en avons tant vues au Cap, qu’elles devaient avoir déserté les lieux pour des horizons plus austraux, la saison avance !

 

La R44 , une route superbe aux panoramas encore préservés !

 

Sur la route, les baies adossées sur des pentes verdoyantes se succèdent. Des paysages où l’océan et la Terre vivent en harmonie sous l’égide de grandes réserves naturelles ayant pour objectif de protéger cet environnement qui a échappé aux constructions humaines.

 

Pringle Bay, un petit coin charmant où s’arrêter au pied d’un phare

 

À Betty’s Bay nous trouvons le point d’orgue de cette journée : la rencontre avec des centaines de manchots du Cap, qui se mélangent aux Dassies et aux cormorans. Nous passons un grand moment à observer la colonie de Spheniscus demersus (Manchot du cap ou African Penguin (en anglais, pas de distinction linguistique entre manchots et pingouins).

 

Ils sont prévenus ! Ils utilisent la jetée à leurs risques et périls

 

Il existe près de 17 espèces de manchots et pingouins dans le monde, et seul le manchot du Cap se reproduit sur le continent africain. Les plus proches parents de ces manchots sont les manchots de Humboldt (Spheniscus humboldti), les manchots de Magellan (Spheniscus magellanicus) d’Amérique du Sud et celui des Galapagos (Spheniscus mendiculus). Le manchot du Cap se répartit sur 25 îles et 3 sites majeurs entre l’Afrique du Sud et la Namibie.

 

La colonie de Betty’s bay, serait l’une des plus importantes en nombre de manchots

 

Le menu préféré du manchot est le pilchard et l’anchois, poissons riches en acides gras, mais devant la raréfaction de ces poissons, le manchot doit se rabattre sur calamars et crustacés aux qualités moins nutritives.

 

Lorsqu’il est en période de reproduction, il ne s’éloigne pas à plus de 15 km de son nid. C’est un nageur hors pair, qui, en vitesse de croisière, atteint 3km/h, devant un danger il pousse des pointes à 10 km/h voire 19 km/h. Ses plongées le voient descendre à 130 m de profondeur. En général, il plonge plutôt à 50 mètres de profondeur.

 

Son plumage lui offre une combinaison isotherme

 

Répartition des colonies qui nichent en Afrique du Sud

Dans l’eau, ses plumes emprisonnent l’air près de son corps, ce qui lui procure une bonne combinaison thermique. Les plumes se détériorent avec le temps, ainsi, régulièrement celle-ci sont remplacées. Le manchot mue une fois l’an, en période estivale. Avant de perdre ses plumes, il fait une réserve de gras, et vit trois semaines sans se nourrir. La mue en Afrique du Sud a lieu entre novembre et décembre.

 

La durée de vie des manchots est de l’ordre de 10 à 11 ans, mais il n’est pas rare de voir des manchots vivre 20 ans. Le plus âgé manchot recensé avait 27 ans .

 

Les manchots commencent à se reproduire vers l’âge de 5 ans. Ils sont généralement fidèles à leur compagnon jusqu’à ce que celui-ci disparaisse. La femelle pond deux oeufs que les deux parents incubent pendant 38 à 41 jours. Les petits sont nourris pendant deux à trois mois par les deux parents dépendant de celui qui aura été le plus chanceux à la pêche. Il faut environ 25 kilos de poissons afin de mener un petit à l’âge adulte.

 

Les manchots vivent en colonie

 

Les prédateurs sont bien évidemment les grands requins blancs dans les océans, mais à terre les mangoustes s’attaquent aux petits, voire aux adultes. Quant aux nids mal défendus, ils sont la proie des voraces et impitoyables mouettes. Les chiens errants sont également une menace. Autrefois les léopards les mettaient à leur menu, mais il reste si peu de léopards… Quant à l’activité humaine, elle leur est aussi fatale. Anciennement, les collections d’oeufs, et l’exploitation de guano ont failli faire disparaître l’espèce. Aujourd’hui, la surpêche, la pollution chimique se chargent de ceux qui survivent…

 

Le manchot est sur la liste des animaux en danger de disparition, sa population a été réduite de 90% au 20e siècle. En 1910, deux millions de manchots furent recensés. En 2000, il n’en restait plus que 63 000 au sein de toutes les colonies confondues.

 

L’épopée des Manchots après le naufrage du Treasure (cliquez sur la photo pour l’agrandir) 

En 2000, la troisième plus importante colonie de pingouins au monde, installée sur Robben Island au large du Cap (Afrique du Sud), fut menacée par une marée noire causée par le naufrage du minéralier Treasure à moins de 10 km des côtes. « Les manchots mazoutés ont été soignés par des centaines de volontaires de la Fondation sud-africaine pour la protection des oiseaux littoraux (SANCCOB). Des milliers de manchots sains ont été parqués pour les empêcher de s’approcher de la mer polluée. Mais il était évidemment impossible de les garder enfermés indéfiniment. Un plan astucieux a alors été mis en place. Plus de 20 000 manchots africains ont été conduits à Port Elizabeth et relâchés dans la mer, à près d’un millier de kilomètres de leur lieu de résidence traditionnel. Trois manchots avaient été équipés d’émetteurs, et la population sud-africaine a retenu son souffle devant la progression de ces animaux et de leurs congénères vers leur région d’origine. Les autorités ont ainsi disposé de deux semaines de répit supplémentaire pour nettoyer les plages des deux îles ».

 

Si cette « Happy end » nous permet de retrouver un peu d’espoir, dernièrement, une nouvelle sonnette d’alarme s’est mise à retentir. Malgré les efforts des sociétés protectrices des manchots en Afrique du Sud, la population poursuit son déclin et pourrait disparaître dans un avenir proche. Une étude scientifique parue dans la revue Current Biology tente de comprendre ce qui se passe au sein des colonies survivantes. Elle pointe du doigt la surpêche et le changement climatique qui brouillent les repères des manchots qui ont l’habitude de chercher des signes comme la chlorophylle-a, qui indiquent la présence de proies abondantes dans les océans. Mais aujourd’hui un piège écologique se referme lentement sur l’espèce qui ne trouve plus que des zones pauvres en nourriture.

 

Le voyage en images 

(Versions grands formats  en cliquant sur la photo de votre choix )

 

Entre Gordon’s bay et Betty’s bay, de nombreux panoramas préservés

 

Les panoramas sur la route 44

 

Kogelberg Nature Reserve 

 

Kogelberg Nature Reserve 

 

Vigie requins !

 

A Pringle Bay, vue sur la rive opposée de False Bay. La Péninsule du Cap ressemble à une île… Tout au bout Cape Pointe et à l’extrémité (droite) La Table.

 

Pringle Bay

 

Lui ! Il me tient à l’oeil …

 

Les manchots du Cap partagent leur territoire avec ces mignons petits mammifères, les Daman du Cap. « Les « dassies » (appelés ainsi en Afrique du Sud) sont des animaux principalement diurnes, grégaires, vivant en petites ou grandes colonies, qui sont habituellement trahis par les traces d’urine sur les rochers, et l’abondance d’excréments à certains endroits. » Herbivores ils mangent une grande variété de plantes, qu’ils trouvent en général par terre mais grimpent aussi dans les arbres pour manger des feuilles, des fleurs, des pousses et des fruits.

 

Betty’s Bay… Plage prisée en ce début d’été ! Difficile de trouver un petit coin où poser sa serviette

 

Certains vivent leurs vacances à l’Italienne, et s’interpellent d’un logement à l’autre

 

D’autres se fichent des apparences et s’aiment au grand jour

 

Maître-nageur à poste

 

Trop bon ! Moi je me suis trouvé un coin à l’écart !

 

Heu… moi je ne voulais pas qu’on me photographie avec cette grosse tache !

 

Hé bèh quoi ? Vous ne me reconnaissez pas ???  Je viens d’être engagée au casino de Paris !

 

Et moi… « je tape sur des cailloux et c’est numéro un … »

 

Moi je renifle… Je suis un Nez ! « L’urine cristallisée, l’hyraceum, est utilisée en médecine traditionnelle en Afrique du Sud. Elle remplace à présent le musc et la civette dans les bases de parfums. Il est, en effet, plus « humain » et moins préjudiciable pour les espèces de récolter cette urine plutôt que de procéder au curetage des civettes qui secrètent une glande péri-anales que l’on utilisait en cosmétique. »

 

Autres co-locataires : les cormorans

 

T’as vu, on s’entraîne… Nous c’est pas le casino, mais l’opéra qu’on vise pour la rentrée !

 

Ho … je t’aime toi ! Je te mangerais !

 

Y a plus rien dis … quand est-ce que tu repars à la pêche, j’ai faim moi !

 

Les amoureux, c’est bien connu, se sentent seuls au monde au milieu d’une foule

 

Et lui… il pousse la chansonnette comme s’il était seul dans sa baignoire . Le cri du manchot ressemble au braiment de l’âne

 

Arrête de t’essouffler, avec tout ce que tu as mangé, tu ne décolleras pas de l’après-midi !

 

Attention les gars, je saute ! Mais non tu ne vas pas sauter !!!! Ouille ouille ouille !!!! Ha ben si… … Heu copain tu t’es fait mal ?

 

Il y a le kamikaze chanceux qui se fait son trou d’eau. Il y a le groupe qui aime les embruns à toutes les sauces… Et, il y a celui qui prend de la hauteur !

 

C’est moi …Vaiana ! La légende du bout du Monde !

 

Nous prenons congé de nos hôtes à plumes, à poil sur la plage… En route, les affres de la sécheresse nous attendent

 

En fin de journée, la piscine d’Hermanus

 

Le chemin aménagé en bord de mer n’est utilisable que par belle mer, et beau temps

 

L’art océanique de Hermanus

 

Au matin,  la piscine protège les baigneurs des requins, mais pas des champignons 

 

Les falaises qui ont donné la notoriété balnéaire à Hermanus : point d’observation des baleines en saison

 

Falaises d’Hermanus offrent une jolie balade en bord de mer, en compagnie des Dassies

 

Village balnéaire

 

Chemin bien aménagé

 

Le voyage en vidéo 

Retrouvez notre voyage en Afrique du Sud, sur notre chaîne YouTube

 

 

A très bientôt pour la suite du voyage, et notre étape au point le plus austral de l’Afrique ! 

Escale précédente : Découverte de Franschoek

 

Nat & Dom
Texte et photos Nathalie Cathala.
Auteurs des vidéos : Dominique et Nathalie Cathala

Nous trouver sur le net 

Sur Face book : facebook
le site : etoiledelune.net
Tous droits réservés, pour toute utilisation nous contacter par le site : Nous écrire

6 Commentaires

  1. Whaou. ..trop bien , je les adore ces manchots …merci pour ces commentaires ….et de faire partager ces superbes documentaires de voyage ..un vrai plaisir de vous lire …

  2. Ha là là !!! Tout est sublime ! Un beau et joyeux moment avec vous ! Merciiii à tout deux !

  3. Lecture passionnée d’un nouveau volet de votre aventure africaine que j’ai déjà suivie goulousement de mon ordinateur ♥ La voyageuse virtuelle Annie ♥♥♥ Avec plein de gros bisous à vous partager et mille mercis Nathalie et Dominique ♥♥♥

Rétroliens/Pings

  1. La magie australe ! | Carnet de voyage - […] qui départage les eaux de l’Indien et de l’Atlantique ! Nous laissons derrière nous Hermanus qui ne nous a…

Valider le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>