Le Namib-La vie comme par miracle au coeur d’une beauté sans limites

» Publié par sur 22, Mar 2018 dans Afrique, Namibie, Vidéos, Voyage | 2 commentaires

Le Namib-La vie comme par miracle au coeur d’une beauté sans limites

Au programme : La piste C27 restera notre cauchemar de Namibie. Nous évoluons en souffrance, et trouvons à notre peine un dérivatif de taille : le paysage! À Sesreim nous découvrons un Canyon, et une mer de dunes cramoisies. Un spectacle inouï à déguster par 46 degrés à l’ombre, pour peu qu’on en trouve.

 

Bonjour, 

 

Nous nous extirpons à grand-peine de la solitude délicieuse du Namib Rand pour reprendre la piste. Nous n’avons que 160 km à parcourir, mais ils en valent 1500 ! Les mains de Dom tremblent sur le volant, nos lombaires s’irritent de chaque soubresaut. Sur le bas-côté, nous croisons trois véhicules arrêtés pour crevaison. Nous prions pour que nos pneus tiennent bon.

 

Des panneaux de signalisation à foison sur une piste cahoteuse, épuisante

 

Nous nous changeons les idées en comptant les panneaux de signalisation. La circulation est ténue, pourtant le gouvernement namibien ne lésine pas sur les panneaux pour nous indiquer, au cas où nous ne l’aurions pas remarqué, que le prochain virage inclinera vers gauche… puis à droite, puis à gauche… Cela nous paraît une dépense surréaliste. Nous cherchons ceux qui nous divertissent : attention à l’oryx, à la girafe, au zèbre … Pas d’éléphant? Tous les kilomètres la signalisation se prend pour un copilote de rallye. Sauf que notre vitesse maximale est de 60km/h afin d’épargner notre train de pneus. Il nous faut plus de 3h30 pour effectuer le parcours ce qui donne une moyenne de 45 km/h.

 

Nous complétons notre collection de panneaux !

 

Une canicule nommée « coup de chance! »

 

À Sesreim le thermomètre tutoie 46°C ! Dans ce début d’après-midi, nous n’avons pas envie de rester au camping. Il se nomme « Sossus Oasis camp site » … un adjectif « luxury » complète leur dénomination. En plein coeur du désert, l’oasis n’est pas ici, nous logeons à côté d’une station-service, au bord de la piste. Nous respirons et mangeons la poussière. Une piscine verte trône au coeur du campement. Je déteste ces piscines dans le désert! Quelle antinomie, au pays de la soif ! Je me sens comme dans ces mauvais films américains, loin de tout, mais trop près d’une agitation et d’un consumérisme qui dénature la beauté intrinsèque du désert. L’endroit est un haut lieu du tourisme namibien.

 

Nous respirons, mangeons de la poussière …

 

Malgré la chaleur, nous décidons de franchir la porte du Parc National qui cache en son sein les dunes tant attendues, mais également un canyon. Le gardien nous conjure de renoncer à nos projets de visite. Il nous dit : « il fait beaucoup trop chaud, vous allez mourir sur les dunes ». On lui répond qu’on veut trouver de l’ombre dans le canyon, qu’au camping nous sommes en plein soleil dans la poussière. Il a pitié de nous, et nous « offre » notre après-midi dans le parc national, ne nous faisant pas payer l’entrée.

 Trop sympa!

 

L’ombre est rare, et prisée ! (paysages de la piste C27 qui nous fait oublier chaleur et poussières)

 

Un climat particulier…

 

Même si le gardien vit ici, il n’est pas habitué à ces températures de cuisson à petit feu. Le Namib est habituellement un « désert tempéré » où les températures ambiantes ne dépassent pas 40 degrés sous abri. La moyenne diurne annuelle est aux alentours de 30 degrés. Par contre, lorsque le soleil se couche, la pureté de l’atmosphère entraîne une échappée rapide de la chaleur, le refroidissement est net et intense. Les minimas descendent l’hiver sous zéro. Nous sommes à la lisière entre l’hiver froid sec qui s’achève et l’été chaud qui s’avance. Chaque année, lors de l’intersaison, les vents dominants d’ouest-sud-ouest cèdent le pas aux vents venus des montagnes de l’Est. Ces vents apportent des températures élevées (supérieures à 40°C), accompagnées d’un air sec et de nuages de poussière. Quelle que soit la température de l’air, à cause du fort ensoleillement, les températures au sol dépassent fréquemment 60°, voire 70°. Dois-je préciser que des chaussures à semelles épaisses et des chaussettes sont les alliés incontournables si nous voulons nous isoler de la fournaise? Curieusement dès que l’on s’élève du sol d’une dizaine de centimètres, le refroidissement est sensible. Ainsi les pieds peuvent ressentir 70 degrés en plein après-midi, tandis que sous la casquette, 46 « petits » degrés tiennent compagnie à nos neurones. Ce n’est pas le bagne! Il fait chaud, certes, mais l’air sec nous permet de mieux supporter cette canicule qu’en milieu humide. De plus, les nuits fraîches (12 degrés) nous permettent de récupérer. N’oubliez pas la couette !

 

Mauvais exemple … Dom ne porte qu’une chaussette, toujours à cause de son entorse. C’est mon « grand Blond à la chausse noire! » (Dead Vlei)

 

Qu’est-ce qui définit un désert?

 

Depuis le début de ce voyage, nous sillonnons des déserts, d’abord celui du Kalahari, puis ceux du Karoo (Nama et Succulent), et enfin le Namib. Ces trois vastes régions ne se ressemblent aucunement. Qu’est-ce qui caractérise un désert ? Quels sont les critères pour nous dire : « Oui, nous sommes au coeur du désert »?

 

Un désert n’est pas fait que de sable !

 

Dans notre imaginaire, le désert se définit par des dunes. En réalité, les ergs (mer de dunes) n’occupent qu’un tiers du Namib. Pour le reste, il offre des paysages diversifiés : canyons, hauts plateaux, plaines de gravier (Hamada) d’où émergent des inselbergs (monticule abrupt surgissant seul au coeur des hamadas). On y trouve aussi des chaînes de collines rocheuses voire de montagnes, des cours d’eau éphémères, deux fleuves permanents (Orange et Kunene), un lagon côtier. Des paysages d’une diversité et d’une beauté exceptionnelles, mais qui ne peuvent à eux seuls déterminer si nous sommes dans un désert.

 

Le désert du Namib réputé pour ses belles dunes aux profiles étoiles, recèle bien d’autres paysages : des plaines de graviers, des inselbergs, et même des chaînes de montagnes… (Sur la C27 ) 

 

Se définir par ses lacunes

 

En langue Nama, Namib signifie « Pays où il n’y a rien ». Et justement un désert ne se définit-il pas par toutes ses carences en eau induisant un écosystème réduit à sa plus simple expression? Ainsi toute région où les précipitations annuelles sont inférieures à 150 mm est répertoriée en tant que « désert », et surtout si le potentiel d’évaporation est au moins le double de la moyenne de précipitation.

 

Un désert ne se définit pas en priorité par ses paysages, mais bien par ses carences (Canyon de Sesreim) 

 

Les frontières du Namib sont donc définies par son aridité. Il est de dimensions modestes, classé vingt-deuxième mondial par sa taille. Il présente une superficie de 135 000 km². Il s’étire sur 1900 km le long de la côte atlantique namibienne dépassant les frontières d’Afrique du Sud et d’Angola. Depuis les rives de l’Atlantique, il pénètre vers l’est dans les terres jusqu’à 150 km. Ses voisins les plus proches sont les déserts du Kalahari et le Karoo.

 

La région est donc aride, et de plus en plus aride en descendant de la Rivière Kunene à la frontière de l’Angola vers le fleuve Orange à la frontière de l’Afrique du Sud. Certains endroits n’ont pas vu une goutte de pluie depuis 20 ans, ce qui laisse imaginer ce climat parmi les plus arides au monde (celui qui lui vole la palme en matière de pluviométrie déficiente est le désert d’Atacama, Amérique du Sud). À l’ouest, sur les rives de l’Atlantique il ne tombe en moyenne que 12 à 15 mm d’eau par an, autant dire… quelques gouttes vite évaporées.

 

Certaines régions n’ont pas vu de pluie depuis 20 ans. (Sesreim Canyon)

 

La « richesse » toute relative du Namib provient de chocs thermiques. L’air chaud se frotte au courant océanique froid de Benguela. Ce qui induit une inversion des températures, le refroidissement condense le peu d’humidité présente dans l’atmosphère et provoque des brouillards. Ce phénomène s’avance de 30 à 100 km à l’intérieur du désert. Le Namib compte sur une centaine de jours de brouillard par an ce qui permet l’éclosion de lichens en plein désert, de la fameuse Welwitschia mirabilis, ainsi que la survie d’insectes, de reptiles et certains mammifères particulièrement bien adaptés, dont l’oryx. L’UNESCO a souligné la particularité de cette influence, signalant que le Namib était le seul désert côtier bénéficiant de l’influence d’un brouillard régulier.

 

Un désert vivant…

 

Non seulement les animaux et plantes sont parvenus à tirer parti de quelques gouttes de brouillard, mais tous ont développé une stratégie pour se défendre des variations de température. Il n’est pas rare d’observer des insectes diurnes du Namib ayant les pattes beaucoup plus hautes que leurs homologues de la nuit. L’insecte qui possède les pattes les plus longues par rapport à sa taille se trouve justement ici, dans le Namib : le Cauricara Phalangium. Dans les petits matins froids, il commence sa journée pattes fléchies, le corps le plus près du sol. Au fur et à mesure que la température du substrat augmente, il s’étend sur ses pattes, jusqu’à adopter une allure d’échassier. La biodiversité du Namib ne cesse d’attirer les scientifiques du Monde. Deux facteurs sont à l’origine de son écosystème unique, brouillard dont nous venons de parler, et sa longévité dont je vous en reparle plus loin. Mais sachez qu’ils ont tous deux permis l’éclosion d’un écosystème particulièrement riche où des « communautés animales et botaniques spécialisées ont évolué de manière à présenter des adaptations comportementales, morphologiques et physiologiques très rares. Le grand nombre de plantes et d’animaux endémiques est un exemple d’importance mondiale de l’évolution et de la résilience de la vie dans un milieu extrême.  » (UNESCO)

 

De hautes pattes sont le meilleur gage de poursuivre son chemin dans les dunes sans se brûler par 60 degrés au soleil Le Tok-Tokkie célèbre scarabée du Namib, lorsqu’il fait trop chaud s’enterrent à quelques centimètres dans le sable, où la température est plus basse. Les femelles produisent un bruit en tapant leur abdomen contre le sol, ce qui attire les mâles et fait « toc toc toc », d’où le nom. On peut les trouver en suivant les traces qu’ils laissent sur le sable, deux traits inclinés.

 

Le désert est vivant, certes. Mais fragile !

 

Depuis juin 2013, le parc national du Namib-Naukluft est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. Il est grand temps de protéger cet écosystème simplifié et précaire. Une chance ! La population de la Namibie est l’une des plus faibles au monde (2 millions d’habitants, une densité de 1.5 habitant du kilomètre carré). Ainsi, le pays peut décréter de vastes zones protégées dépendant du Directorat de la Conservation de la Nature.

 

Depuis la dune Elim à l’entrée du parc, vue dégagée sur les Montagnes du Naukluft.

 

Le Canyon de Sesreim

 

À l’entrée du parc du Namib-Naukluft, nous partons nous réfugier dans le Canyon de Sesreim. Nous garons la voiture sur le plateau. Sans tarder, nous descendons dans le lit de la rivière asséchée. Là, sous la protection des immenses parois, nous trouvons de l’ombre, et même un petit air poussé par l’effet venturi. Qu’il fait bon ici! Je suis certaine que nous avons perdu une dizaine de degrés!

 

A l’ombre du canyon, nous trouvons des températures très supportables, voire agréables (Canyon de Sesreim) 

 

La structure du canyon témoigne d’un passé géologique vieux de 15 millions d’années. Sa profondeur est de 40 m, il est long de 3 km. La rivière qui alimente sporadiquement ce canyon prend sa source dans les montagnes voisines du Naukluft.

 

Incroyable de penser lorsque nous sommes à l’aplomb de ce canyon qu’une rivière l’a façonné.

 

La rivière Tsauchab a façonné ce canyon. Elle prend sa source dans les montagnes du Naukluft voisin (Canyon de Sesreim) 

 

De l’eau ici ?
Parfois … Oui!

 

Je vous parle d’une des régions les plus arides du monde et je vous emmène dans un canyon creusé par une rivière. N’est-ce pas paradoxal?

 

Les rivières du Namib sont éphémères. Elles prennent leur source dans les montagnes à l’est jusqu’aux limites du Grand Escarpement. Là, les précipitations annuelles atteignent une centaine de millimètres en moyenne avec un maxima de 150 mm par an. Ces pluies surviennent de manière irrégulière et non saisonnière. Il n’est pas rare que la région ne voie pas une goutte pendant plusieurs années consécutives, puis la moyenne annuelle, voire plusieurs moyennes annuelles s’abattent à la lisière du Grand Escarpement. Les rivières gonflent. En amont, le sol trop sec n’absorbe rien, l’eau défile jusqu’à ce qu’elle soit bloquée par un champ de dunes, dans de rares cas, elle poursuit son cours jusqu’à l’océan. Au pied des ergs, elle s’étale et forme dans un premier temps un « vlei » (marais salés ou cuvettes boueuses) ensuite, tout ce qui ne s’est pas évaporé pénètre dans le sol pour alimenter les nappes.

 

Les rivières s’échouent au pied des dunes, remplissant à l’occasion de quelques pluies des lacs éphémères, jusqu’à ce que ceux-ci soient isolés par les dunes (Dead Vlei) 

 

La rivière éphémère Tsauchab illustre parfaitement ce processus. Elle longe la route qui sépare l’entrée du parc et Sossusvlei. Sur 65km la rivière Tsauchab serpente entre les hautes chaînes de dunes. Elle nourrit le long de sa trajectoire un cordon d’acacias. Le lit asséché se jette dans « un delta » tout aussi sec à Sossusvlei. Ce dernier ne se remplit que lorsque la rivière retrouve, à l’occasion de pluies violentes en amont, assez de puissance, pour alimenter un lac éphémère. Plus on s’éloigne de ce « delta », plus les dunes font remparts et la rivière Tsauchab poursuit alors son chemin en sous-sol ne parvenant jamais jusqu’à l’océan.

 

Dead Vlei, un cirque polychrome

 

Le vlei le plus célèbre est sans doute le Dead Vlei (vallée morte), qui fut autrefois et lors de périodes exceptionnelles, alimenté par la rivière Tsauchab. L’apparition sporadique d’un marais permit aux acacias de s’y épanouir. La poussée permanente des dunes fit barrage au lit de la rivière. Les arbres dont les racines pataugeaient régulièrement au coeur du vlei, perdirent leur apport en eau. Ils se figèrent dans les sédiments composés d’argile et de minéraux salins. Le climat aride les a maintenus en place. Morts, fossilisés ils offrent un spectacle insolite. Au coeur d’un théâtre de dunes ocre s’étale une étendue immaculée, aveuglante où se dressent ces troncs calcinés par 400 ans de soleil de plomb. Impossible de rester insensible à la détresse de ces longs bras sombres, qui appellent le ciel à la rescousse!

 

Depuis la célèbre dune nommée Big Daddy, les vlei s’étalent de part et d’autre, coincés entre les dunes, la rivière Tsauchab ne les alimentera plus. 

 

Si le sable, le climat sèment la mort, l’avènement du tourisme risque d’épuiser les ressources de Sossusvlei. L’homme pompe l’eau dans les réserves souterraines afin d’accueillir les visiteurs (Piscines, SPA, consommation non contrôlée de l’eau). Et … si certains arbres fossilisés font l’attraction, d’autres se meurent, jour après jour, par manque de gestion de la plus précieuse des ressources de la région. Gageons que l’entrée du site au Patrimoine mondial aide à une conscience vitale.

 

 

Certains arbres résistent à la sécheresse grâce à leurs longues racines qui plongent très profondément dans le sol et se nourrissent dans les nappes phréatiques. Par contre d’autres (à droite de la photo) se meurent et les raisons ne sont pas seulement à trouver dans la sécheresse, celle-ci est une donnée permanente depuis 80 millions d’années. Il est grand temps que le tourisme gère un peu mieux le pompage des nappes. (Dune Elim) 

 

Le patriarche des déserts du Monde

 

Si le désert ne pulvérise pas les records de superficie ou de sécheresse, en revanche, il détient celui de l’âge. Il est recensé comme le plus vieux désert du monde.

 

Un consensus scientifique se dégage pour admettre que les conditions désertiques existent dans le Namib depuis 80 millions d’années. De toute évidence, le Namib n’avait pas la physionomie actuelle.

 

Le socle du Namib est constitué de granite et de roches métamorphiques (gneiss et micaschistes) formés entre 1800 et 700 millions d’années.

 

Séparation des continents, une mer intérieure se forme…

Au cours de l’ère secondaire (entre 150 et 300 millions d’années), le Gondwana se fissure et les continents d’Afrique et d’Amérique du Sud se séparent.

 

 

Il y a 80 millions d’années, ce qui allait devenir l’Atlantique Sud était une mer et les sédiments apportés par le fleuve Orange se déposent le long de la côte.

 

Les bancs de grès de la formation de Tsondab au nord de Sesreim ont dévoilé des dunes fossilisées qui gardent l’empreinte d’un vent dominant du secteur sud. Ces dunes constituaient d’immenses ergs datant du début de l’ère tertiaire, il y a 65 millions d’années. Ces découvertes prouvent que les conditions désertiques se renforcent, mais elles dévoilent aussi que l’Erg est composé de deux systèmes dunaires, un système ancien semi-consolidé sur lequel se superpose un système plus jeune et plus actif.

 

Ce dernier commence sa lente édification au cours du Miocène ( entre 23 et 5 millions d’années). On y observe une activité fluviale en augmentation. Paradoxalement, la zone reste aride. Mais les lits des rivières et fleuves charrient plus de sédiments en raison d’une accélération de l’érosion induite par des mouvements épirogéniques (soulèvement de la croûte terrestre) consécutifs à la séparation des continents.

 

l’Erg est composé de deux systèmes dunaires, un système ancien semi-consolidé sur lequel se superpose un système plus jeune et plus actif. (Dune Elim) 

 

Le courant du Benguela apparaît à la fin du tertiaire, entre 5 et 10 millions d’années. Le Benguela provoque des brouillards apportent une nouvelle donne à l’écosystème. La naissance de ce courant drainant des eaux froides de l’Antarctique sur les côtes africaines ainsi que l’augmentation de dépôts éoliens engendre les premiers grands ergs (mers de dunes) du Namib central. Les énormes quantités de sable proviennent en majorité du Kalahari. Le sable a été charrié par le fleuve Orange et d’autres rivières qui s’écoulent vers l’ouest à partir du Grand Escarpement. En suivant le courant de Benguela, ces dépôts se sont étalés tout le long de la côte. Le vent du sud-sud-ouest ramène le sable vers l’intérieur et forme les mers de dunes.

 

Des quantités énormes de matières transportées par les fleuves et les rivières, les vents, les courants océaniques édifient les dunes en près de 65 millions d’années. (Dune Elim) 

 

À la fin du tertiaire, début du quaternaire (il y a 5 millions d’années). La région est à nouveau le théâtre de soulèvements de la croûte terrestre. Et le facteur érosif s’accentue une nouvelle fois. À cette période, un climat un peu moins aride se manifeste dans la région où les rivières prennent leur source. Les lits transportent des quantités énormes de sédiments et percent des canyons. Les sédiments parviennent jusqu’à l’océan et se déposent sur les plages. Aux mêmes causes, les mêmes effets, et les vents poursuivent leur oeuvre érigeant des dunes toujours plus longues et plus hautes.

 

Des changements climatiques et épirogéniques permettent la percée de Canyon (Canyon de Sesreim) 

 

Profil des dunes

 

Au sein des ergs, les dunes prennent des formes multiples. Sept formes différentes sont recensées, dont les barkhanes ou demi-lunes, les dunes en étoile, en forme de parabole, de coupole … Le facteur éolien influence le profil des dunes. Lorsque les vents de plusieurs directions sont impliqués, la structure peut se complexifier et former des dunes en réseau. Les dunes longitudinales sont les plus communes dans le Namib. Elles s’allongent sur plusieurs dizaines de kilomètres et atteignent de 20 à 100 mètres de hauteur.

 

Le Namib rassemble toutes les formes de dunes. C’est le vent qui leur donne leur silhouette en demi-lune, parabole, linéaire, ou étoile. (Sossusvlei ) 

 

Les dunes les plus spectaculaires du Namib sont regroupées à Sossusvlei. Derrière celles d’Algérie (Mer de sable d’Isaouane-n-Tifernine), Big Daddy dépasse 300 mètres, et se trouve à la seconde place au palmarès des dunes les plus hautes du monde.

 

Dans le Namib les dunes sont vives et se déplacent rapidement : de 15 à 50 mètres par an, et jusqu’à 100 mètres dans certaines régions. En quelques années le sable peut envelopper complètement une épave ou une construction abandonnée. Il peut, en quelques jours seulement, barrer une route ou une voie ferrée.

 

Rien ne sert de courir

 

La région est certes touristique, mais elle ne draine pas des milliers de personnes par jour. Quelques dizaines de 4*4 et un nombre limité de bus empruntent chaque jour la route de Sossuvlei. C’est l’endroit de Namibie où nous avons croisé le plus de monde. Plusieurs centaines de touristes se précipitent afin de capturer les couleurs du petit jour depuis la dune 45, Big Mama ou Big Daddy. Quand ce fut à notre tour d’emprunter la route de Sossusvlei, nous avons laissé passer ces furieux qui nous poussaient au train, afin de retrouver une route tranquille. Nous sommes arrivés plus tard, certes. En route nous avons musardé, pris quelques clichés, profité pleinement de la vallée que tous traversent en trombe. Puis décalant ainsi nos horaires par rapport aux habitudes des touristes, nous sommes parvenus à trouver notre petit bonheur solitaire. Depuis la dune n°9 (en face de Big Daddy), nous avons pu capturer quelques beaux panoramas du Dead Vlei, mais également du Hidden Vlei que tous délaissent.

 

Depuis la dune numéro 9, le Dead Vlei à droite, et Hidden Vlei à gauche. 

 

On me dira que les heures plus avancées de la matinée écrasent le paysage par trop de lumière. Ce matin, le temps est nuageux. Ceux qui se sont précipités au lever sont restés dans une grisaille sombre. Dans la matinée, le soleil fait quelques percées, dévoilant une lumière parfaite qui se joue sans cesse des volumes et des couleurs. Les nuages allongent le ciel et repoussent l’horizon, loin, si loin au-delà de cette mer ocre, figée, magnifique!

 

Au coeur d’un théâtre de dunes ocre s’étale une étendue immaculée, aveuglante où se dressent ces troncs calcinés par 400 ans de soleil de plomb. (Dead Vlei) 

 

Le désert provoque une fascination magnétique similaire à celle éprouvée au grand large. Les éléments extrêmes, l’océan, la haute montagne, le désert nous obligent à faire face à nos propres limites. Le Namib, fascinant et hostile, interdit à l’homme de s’y établir en permanence. Il n’aura jamais le talent des espèces qui ont mis plusieurs centaines de millions d’années à s’y adapter. Il n’y sera que de passage, savourant cette harmonie de nuances, cette esthétique des silhouettes dans un sentiment indicible de liberté aux sources de la paix profonde.

 

Impossible de rester insensible à la détresse de ces longs bras sombres, qui appellent le ciel à la rescousse! (Dead Vlei) 

 

Poursuivons l’aventure en photos ! 

 

La piste C27 

 

Ces paysages peuvent paraître monotones à certains, mais il semble difficile de ne pas être sensible à la pureté de ses lignes dépouillées.

 

Un divertissement sur les longues pistes : les panneaux de signalisation

 

Le Canyon de Sesreim

 

La vie est présente partout dans le désert, souvent discrète et cachée.

 

des gorges intimes, et des sculptures, ici l’eau à sculpté l’Afrique dans la paroi

 

Canyon sculpté par l’eau en 15 millions d’années

 

Nous trouvons une température agréable dans le Canyon.

 

Une vie ne suffit pas à découvrir chaque recoin de ce désert aux paysages si variés

 

Trop bien ! Envie de rester là, à l’ombre !

 

Un couloir tortueux sculpté dans la roche

 

Canyon de Sesreim sous un beau ciel bleu et soleil de plomb. Difficile de se résoudre à quitter l’ombre.

 

Fascinant ! Deux couloirs se rejoignent autour d’une tour imposante.

 

Canyon de Sesreim

 

Toujours plus beau !

 

Je confirme ! Toujours plus beau !

 

En effet !

 

Canyon de Sesreim (Photo à agrandir pour bénéficier du panoramique)

 

Canyon de Sesreim (Photo à agrandir pour bénéficier du panoramique)

 

Canyon de Sesreim (Photo à agrandir pour bénéficier du panoramique)

 

La dune Elim 

 

Oryx, si les plantes et animaux semblent incroyablement résistants c’est parce que l’évolution lente et longue les a dotés d’adaptation subtiles. Par contre tout changement brutal les met en périle. Seul l’homme en vidant les nappes rapidement est capable de changements brutaux. Car ici, les conditions désertiques, les lacunes de précipitations ne peuvent être mises en causes, elle existent depuis 80 millions d’années!

 

Je pense prendre un raccourci, et… Lorsque le chemin n’est pas « marqué » sur une dune, mieux vaut ne pas tenter de la gravir. On risque l’avalanche de sable.

 

Au pied de la dune Elime

 

Au pied de la dune Elim, par cette canicule, nous sommes seuls.

 

Au bout de la randonnée, un matelas de sable, m’isole, certes de la chaleur, mais alourdit chaque pas … Elles ne finiront pas le voyage avec moi

 

Sossusvleil, Big Daddy et Dead Vlei 

 

Au petit matin, des montgolfières prennent de la hauteur dans la grisaille persistante

 

Les dunes caractéristiques de Sossusvlei

 

Remarquez les petits points au sommet. Des touristes contemplent le paysage… Une question de proportions

 

Un cordon de touriste fait la chenille pour gravir les dunes parmi les plus hautes du monde.

 

Nous nous échappons là, où nous pourrons être tranquilles

 

Dead Vlei, une « nature morte »

 

Pétrifiés depuis 400 ans (Dead Vlei)

 

 

Un oryx dans le fond de la vallée.

 

Le voyez-vous encore l’oryx? Il est au coeur des buissons tout en bas. On se demande ce qui l’a poussé à venir là, perdu dans l’immensité

 

Harmonie des ombres et des lumières, esthétique des courbes, équilibre des couleurs (Sossusvlei -Dead Vlei)

 

Nature Morte

 

Nature engloutie

 

Depuis la crête de Big Daddy, le Dead Vlei

 

Un rapace nous survole…

 

Au ras du Vlei, un ciel immense

 

 

 

Un soir de pluie 

 

Au dernier soir, le ciel annonce la pluie tant attendue

 

Au loin, des traits dans le ciel … Une pluie alimente une parcelle infime du désert. Nous ne recevrons que du sable.

 

Prêts à repartir ! 

 

En route, pour la prochaine aventure !

 

Notre voyage en vidéos

La piste entre Sossusvlei et Dead Vlei

 

Le Canyon de Sesreim

Sossusvlei et Dead Vlei

 

A bientôt,
Poursuivons ensemble l’Aventure en Afrique
Nat & Dom
Texte et photos Nathalie Cathala.
Auteurs des vidéos : Dominique et Nathalie Cathala, montages Dominique Cathala

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Sources bibliographiques :

http://whc.unesco.org/fr/list/1430
Universalis
https://www.futura-sciences.com
et en particulier les articles de madame Claire König (enseignantes den sciences naturelles)
Wikipedia (avec modération en raison d’erreurs sur certains sujets, notamment le Canyon de Sesreim)
http://www.arroukatchee.fr/infos.namibie/sossusvlei.htm
http://www.criba.edu.ar/geolarg/gondrecdisp.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2 Commentaires

  1. C est un monde fantastique …comme la nature peut et sait nous surprendre, c est ce que j aime par dessus tout ..elle ne me déçoit jamais et merci à vous de montrer que ces merveilles existent quelque part ..un cadeau ..

    • Merci de ton message Colette, effectivement la nature ne déçoit jamais ! Elle un cadeau que nous devons protéger

Rétroliens/Pings

  1. La frontière aquatique entre la Namibie et l’Angola | Carnet de voyage - […] A l’approche d’Epupa la terre rouge des himbas des canyons témoignent du passé géologique […]

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