Vivre et survivre dans la Savane africaine

» Publié par le 20, Fév 2018 dans Afrique, Afrique du Sud, Vidéo, Voyage | 0 commentaire

Vivre et survivre dans la Savane africaine

Résumé : Du lever du jour à la tombée de la nuit, nous passons des heures d’observation dans la savane pour y rencontrer grands prédateurs et proies. Aujourd’hui nous avons la chance de passer un long moment en compagnie d’une hyène qui s’offre un bain de boue au « spa » de la savane…

 

Bonjour, 
Une journée de safari commence avant le lever du jour. Le temps de plier la tente, de prendre une petite collation et de faire quelques ablutions, le soleil pointe déjà ses premiers rayons. Un moment magique entre ombre et lumière. Un moment où tout bascule dans la savane. Les grands prédateurs qui ont chassé toute la nuit entament leur sieste diurne. Les herbivores trouvent un peu de répit.

 

Le jour se lève sur la savane.

 

Dès la sortie du camp, un éland du cap nous attend sur l’herbe sèche. Ses côtes saillantes nous rappellent à quel point la saison des pluies est attendue. Le Taurotragus Oryx est la plus grande antilope au monde et titre 1m70 au garrot. Cette espèce se passe aisément de boire durant de longues périodes. Tout comme son cousin, l’oryx gazella, pour limiter la déperdition en eau, l’éland laisse sa température corporelle monter à 42 degrés pendant le jour. Pendant la nuit, il libère la chaleur emmagasinée. Un système complexe de vaisseaux permet cependant à son cerveau de garder une température inférieure. Cette technique lui permet de survivre dans un climat dépourvu d’eau.

Les élands vivent normalement en groupe d’une douzaine d’individus. Celui-ci seul est peut-être un vieux mâle? Ne vous y trompez pas, malgré son allure lourde il est capable de sauter à plus de 2.5 mètres de hauteur pour échapper à un danger.

 

Éland du Cap « Ses côtes saillantes nous rappellent à quel point la saison des pluies est attendue. Le Taurotragus Oryx est la plus grande antilope au monde et titre 1m70 au garrot. »

 

L’éland fait partie de la genèse du monde dans la légende Bushiman. Pour le peuple San, le ciel fut créé en premier, puis vint la terre et ensuite les animaux. Tout cela fut suivi des hommes, puis des arbres et des plantes. Le premier animal à voir le jour fut l’éland, suivi du gnou, de l’oryx, du koudou et de la girafe qui fut créée pour manger ce que les autres laissaient en hauteur.

Plus loin un steenbok nous observe entre les herbes. 

 

Un steenbok nous observe entre les herbes…

 

Quelques gnous ruminent leur lot de mauvaise humeur au bord d’une marre.
Qu’ont-ils donc ?

 

Des gnous mal embouchés au bord du plan d’eau, ils reniflent bruyamment, sont agités…

 

Nous ne tardons pas à avoir la réponse. Une hyène tachetée s’avance et se jette dans la boue. Elle est agitée, elle aussi. Elle nous gratifie d’allées et venues, avant de nous fixer droit dans les yeux !

Une hyène !
Je ne pensais pas avoir la chance d’en observer une ! Et qui plus est d’aussi près ! Nous sommes seuls observateurs humains dans un large périmètre. L’hyène privilégie les activités nocturnes et passe souvent ses journées dans son terrier. Néanmoins au petit matin, elle rôde parfois sur son territoire.

 

Hyène tachetée (Crocuta Crocuta)

 

En l’observant, j’ai la sensation qu’elle est plus proche des canidés que des félins. Mais les scientifiques s’accordent à dire le contraire. Les hyènes font partie de la classe des Mammifères ; de l’ordre des Carnivores ; du sous-ordre des Fissipèdes ; et de la famille : Hyénidés. Qui compte quatre espèces, la hyène tachetée (celle qui nous fait l’honneur de sa compagnie) répartie entre le sud Sahara et l’Afrique du sud sur presque la totalité du continent africain ; l’hyène rayée (Hyaena hyaeana), répartie de l’Inde à l’Arabie et de la Tanzanie au Maroc ; l’hyène brune (Hyaena brunnea), peuple l’Afrique australe et enfin le protèle (Proteles cristatus) se rencontre en Afrique de l’Est et en Afrique du Sud.

 

Vous remarquerez l’élision pour « l’hyène »…

 

Se laver les oreilles à la boue! Il fallait y penser!

 

Aimez-vous les Hyènes?

J’imagine qu’à ma question, en votre for intérieur, une voix s’élève et dit : les hyènes, beurk! Pourquoi?
Leur allure vous rebute-t-elle?
Un délit de « salle gueule »!
Une silhouette de Quasimodo?
Un avant puissant et un arrière fuyant, une tête massive et des dents pointues. Un rire cynique … L’hyène présente toutes les caractéristiques de l’ennemi public numéro 1! Ajoutez à ses allures disproportionnées des pratiques redoutables : lorsqu’elles chassent, elles ne mettent pas à mort leur victime comme le feraient un léopard ou un clan de lions. Il arrive qu’une antilope soit encore en vie quand l’hyène pénètre à l’intérieur des entrailles et arrache le foie ou les viscères. Cette pratique est dictée par l’urgence ! Non seulement souvent les hyènes forment des clans trop nombreux pour se suffire d’une seule proie, mais le produit de leur chasse attire d’autres prédateurs, et si les lions sont supérieurs en nombre, ils leur voleront leur butin… Quoique ce dernier argument souvent avancé pour « déculpabiliser » l’hyène ne tienne pas trop, puisqu’à l’inverse, il arrive que les hyènes tiennent tête à un clan de lions et leur volent leur nourriture.

Ainsi donc, me direz-vous, l’aversion générale pour les hyènes est tout à fait justifiée!

Quoique… Nous passons un long moment en sa compagnie, ses facéties dans la boue nous font rire. J’avoue qu’après avoir percé son intimité, je ne verrai plus jamais les hyènes de la même manière.

 

« Et je fais des bulles dans mon bain ! »

 

Plus on est de fous…

L’hyène a longtemps été considérée comme un charognard peureux, sorte de poubelle ambulante qui débarrassait la savane de ses mauvaises odeurs ou qui pour survivre volait le produit de sa chasse aux autres prédateurs. Tout cela est contredit par de nombreuses observations et l’hyène est à placer au rang des excellents chasseurs. Son alimentation est faite à 75% d’animaux chassés et à seulement 25% de charognes.

 

Les hyènes constituent des clans pouvant compter jusqu’à 50 individus menés par une femelle dominante. Si une hyène seule réussit à chasser un gnou de 170 kg! (Le poids moyen d’une hyène est de 50 à 80 kg.), à dix ou quinze elles harcellent un zèbre, le mordant partout à la fois, évitant les ruades, elles le terrassent rapidement. En comparaison, un clan de lion est le seul à chasser des proies de 250 kg. Le taux de réussite des hyènes à la chasse est de 33%. Sur le tableau des performances, tout en bas de l’échelle se situe le léopard qui ne réussit son coup qu’à raison de 5% de ses tentatives, les lions échelonnent leurs réussites entre 15% et 30% selon la proie et le terrain, le meilleur taux de réussite est attribué au guépard.

Dans la pyramide de prédation, l’hyène dispute donc sa place de leader au lion.

 

L’hyène passe à quelques mètres de nous, elle nous jette un regard noir… presque rouge

 

Les outils de la réussite

L’hyène possède une mâchoire plus puissante que n’importe quel félin d’Afrique. Malgré une allure en déséquilibre, l’hyène parcourt de longues distances sans paraître se fatiguer (70 km en une nuit), elle pousse des pointes à 60km/h et tient cette vitesse sur 3km. L’hyène repère une proie faisandée à 4km. Des sucs gastriques extrêmement puissants lui permettent de digérer et même de tirer des éléments nutritifs d’os voire de fèces d’herbivore. Si la nourriture devient abondante, elles peuvent ingérer 20kg de viande en 15 minutes, ce qui représente 6 fois ses besoins journaliers et 30% de son poids.

Devrais-je vous parler également des moeurs curieuses des hyènes? Le clan est dominé par une femelle, elle sera la plus imposante en poids et en taille. La taille des autres femelles sera dégressive à mesure qu’elles perdent leur aura et se laissent dominer. Les mâles quant à eux sont plus petits que les femelles. Entre eux, ils cherchent à acquérir la suprématie du mâle dominant, mais celui qui sera le plus fort le sera toujours plus menu que la plus dominée des femelles du clan. Autant dire que les mâles doivent allégeance à toutes les femelles. L’ordre hiérarchique se transmet de génération en génération. La fille d’une femelle dominante sera propulsée à l’âge adulte en tant que chef de clan. En cas de jumeaux frères et soeurs, les deux survivront à leur place dans le clan. En cas de jumelles et de surcroît filles de la femelle dominante, la plus forte des deux tuera sa soeur dès après la naissance, ce qui évitera un combat ultérieur pour le pouvoir.

 

L’hyène s’arrête soudain, qu’a-t-elle vu?

 

Notre hyène passe à quelques mètres de nous. Elle nous jette un regard noir, puis soudain, elle s’arrête! Une idée de croquer de l’humain traverse-t-elle son esprit? A-t-elle vu le joli steenbok, juste de l’autre côté de la piste?

À moins que ce soit cette famille si mignonne d’oryx. Le plus jeune à du souci à se faire! Mais l’hyène disparaît dans les hautes herbes.

 

Oryx et deux petits d’âges différents

 

Nous quittons le « Spa de notre hyène » devenu désert, et rejoignons non loin, une aire où nous pouvons descendre de voiture. Des oiseaux nous offrent un spectacle haut en couleur le temps de nous dégourdir les jambes.

 

Bulbul à oeil rouge

 

Puis nous reprenons la piste. Le ciel balise le chemin, comme par magie.

 

La piste balisée par les nuages

 

La journée passe vite d’un point d’observation à l’autre. Nous devons nous installer au campement au coucher du soleil et ne plus en sortir jusqu’au lever demain matin. À 18 heures des autruches se donnent en spectacle dans une parade amoureuse faite d’effets de plumes et cous.

 

Parade amoureuse d’autruches

 

Les nuages enrobent le soleil qui s’éclipse pour d’autres horizons. Avec le déclin du jour, les herbivores soudain se lèvent, la veille pour leur survie commence. Springbok et gnous détalent. Qu’ont-ils vu? Nous sommes aveugles dans la noirceur. Un chacal passe non loin, profil bas. Les oiseaux chantent, je guette une étoile filante et je vois passer un satellite. Une idée fuse : « comment l’humain, capable d’inventer des machines qui font sans cesse le tour de la Planète, ne parvient-il pas à enrayer la disparition des éléphants, lions, tigres, rhinocéros, guépards… et tous ces animaux que nous ne pourrons bientôt plus montrer que virtuellement aux enfants de demain? »

 

Ciel du soir dans la savane

 

Une étoile filante souligne ma pensée, et je fais un voeu.

Dans l’infini drapé noir, Vénus illumine l’extrémité en forme de point d’interrogation de la constellation du scorpion. La balance s’aligne. Mars brille au-dessus de nos têtes. Nous partons nous coucher. Les lions se réveillent et rugissent à quelques pas de la tente, inconscients du danger. Demain matin, une lionne nous attendra en haut de la dune.

Nous faisons de beaux rêves !

Sur cinq jours passés au KTP nous avons consacré 38 heures à la piste. Nous avons parcouru 800 km en quête de nouvelles rencontres. Un beau bilan de découvertes consigné sur 5313 photos et plusieurs heures de films.

 

Le lendemain matin le cycle recommence. Les lions cherchent l’ombre pour se reposer de leur nuit de prédateur.

 

Le bonus en photos de cette journée:

 

L’hyène aura passé une mauvaise nuit c’est sûr! Elle tape, tape la boue… et de son air renfrogné va et vient dans le Spa dont elle a chassé 3 gnous

 

A y regarder de plus près, l’hyène aurait presque les yeux doux …

 

Le steenbok a vu l’hyène, il se tient prêt à détaler !

 

A l’aire de pic-nique les républicains sociaux se précipitent sur l’eau que nous venons de leur donner.

 

Un canari jaune aimerait se joindre au républicain sociaux et à l’amadine à tête rouge

 

Un coliou à dos blanc fait des pirouettes dans les arbres pour attraper les graines

 

Coliou à dos blanc

 

Sous tous ses profils, le coliou à dos blanc

 

Un héron s’envole à notre arrivée au plan d’eau suivant, rien d’autre en vue, nous poursuivons notre route

 

Trutruche est mort !!!!

 

Mais non, Trutruche n’est pas mort! Il fait son yoga… (bain de sable pour chasser les parasites)

 

La savane à perte de vue! Quelle magie que d’imaginer que chaque ombre cache une vie. Une existence qui attend l’aubaine de se nourrir, une autre aux aguets, prête à échapper au pire …

 

Un secrétaire nous survole. Équilibriste du ciel !

 

Le secrétaire a mal choisi son plan d’eau, il est pris d’assaut par les springbok qui ne le laissent pas approcher

 

Le maître des lieux éconduit l’importun 

 

Petit, mignon, certes ! Mais, du caractère !

 

Ce moment magique, où le soleil embrase la savane. Une seconde d’extase avant la nuit.

 

Une lionne éreintée par sa nuit … Elle est allongée là, juste en face de notre camp ! Nous avons entendu les lions toute la nuit.

 

Les lions craignent la chaleur, les mouches et les parasites.

 

Ils consacrent en moyenne 20 heures par jour au repos, étendus à l’ombre des acacias, parmi les buissons ou les rochers

 

A bientôt,
poursuivons ensemble l’Aventure en Afrique

Nat & Dom

Texte et photos Nathalie Cathala.
Auteurs des vidéos : Dominique et Nathalie Cathala, montages Dominique Cathala

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Sources bibliographique 

« Compagnon de Safari » Caroline Oriol
https://www.universalis.fr/encyclopedie/hyene/
Larousse encyclopédie

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