Les Sorcières de Siquijor n’effrayent pas les fées des plages

» Publié par le 17, Août 2015 dans Album, Philippines, Voyage | 0 commentaire

Les Sorcières de Siquijor n’effrayent pas les fées des plages

Bonjour,

Nous quittons Palawan avec le sentiment que notre séjour était trop court, et l’envie d’y revenir… Direction le sud-ouest des Visayas et l’île de Siquijor, surnommée « l’île aux Sorcières ». Les Philippins qui n’habitent pas cette île, nous parlent à mots feutrés de Siquijor, comme s’ils craignaient que l’évocation de ce nom attire sur eux, je ne sais quelle malédiction. En réalité, l’île a maintenu longtemps la tradition des « guérisseuses ». Des femmes passaient leur don de génération en génération. La dernière « vraie » guérisseuse, dont les talents ont été reconnus par quelques « miracles » qui nous ont été racontés, est décédée fin 2014. Elle aurait une descendance, mais les habitants du coin ne se prononcent pas sur les dons de ses disciples. En revanche, ils nous racontent des « miracles », vus de leurs propres yeux !

"Guérisseuses à bulles" (les Bolo Bolo, nommées ainsi en raison de leurs pratiques ) Photo du Net

« Guérisseuses à bulles » (les Bolo Bolo, nommées ainsi en raison de leurs pratiques ) Photo du Net

Ainsi, que vous ayez mal au dos, une surdité inopinément survenue, un mal inexpliqué que la science et la médecine actuelles ne parviennent pas à soigner, ne vous inquiétez pas, et venez vous faire soigner à Siquijor. Du moins, c’était le message des locaux tant que la vieille guérisseuse était encore de ce monde. Sa méthode? Elle remplissait un verre d’eau, y adjoignait une paille, portait le verre à hauteur du mal, et soufflait dans la paille. En fait, elle faisait des bulles! L’eau se salissait ou prenait une couleur et une consistance bizarres, le mal se noyait alors dans un verre d’eau où sévissait une tempête de bulles !

Guérisseuse de Siquijor (Photo du Net)

Guérisseuse de Siquijor (Photo du Net)

Pourquoi, diable, dépenser autant d’argent dans les recherches contre les maladies ? Alors qu’il suffit d’un verre d’eau, une paille, et une petite vieille qui y croit fort (oups ! Si je continue à blasphémer de la sorte, la prochaine fois que je mettrai le pied aux Philippines, je grille sur place!)

Roooohhh !!! Que je suis moqueuse ! Notre hôte danois nous encourage à aller « consulter ». Il nous dit être arrivé en fauteuil roulant sur Siquijor, il y a une dizaine d’années. Aujourd’hui, il marche, pas très bien, il n’est pas d’une santé exceptionnelle, mais il est là… A-t-il été voir une guérisseuse? Il le dit.

Guérisseuse de Siquijor

Guérisseuse de Siquijor

Tout ce folklore est donc entretenu par les nouveaux arrivants, expats reconvertis dans le tourisme, qui s’installent sur l’île, tandis que les Philippins de souche préfèrent chuchoter à l’oreille des étrangers incrédules et lever des grands yeux à l’évocation des « sorcières de leur île. » Une jeune habitante du village où nous logeons nous dit : « La guérisseuse est décédée… je l’ai vu faire des miracles pour la santé de certaines personnes… mais à présent, je ne suis pas certaine des qualités thérapeutiques des remplaçantes. » On la sent gênée, comme ayant envie de jouer la carte de l’honnêteté. Nous sourions d’un air entendu.

Ce qui est bien réel à Siquijor, ce sont ses plages, et la couleur de l’eau. On nous a indiqué de beaux « snorkelings » (balades en PMT (palme masque tuba)), cependant, cet aspect de l’île ne nous a pas transcendés. Peut-être ne sommes nous pas tombés sur « les patates de corail à voir »? Laissons le bénéfice du doute sur ce point. Par contre, nous logeons à San Juan, et l’endroit est ceint de deux plages totalement différentes. Au nord, Paliton, est une petite plage de pêcheurs, encombrée de bancas (bangkas), aux cahutes de tôles. Un coin, non touristique, authentique, une plage « utilitaire » qui a son charme avec ses enfants qui pêchent les bernard-l’hermite qui leur cassent la coquille afin de trouver plus gros pour le dîner. Au Sud, la plage de San Juan s’étire sur des kilomètres! C’est celle dont nous rêvons tous : sable blanc, eau translucide de cette belle couleur aveuglante… Forcément, elle est prisée par les « Resorts ». Je vous ai déjà dit que le mot « resort » aux Philippines englobait de tout, depuis les cahutes à la climatisation naturelle se diffusant par les trous de la toiture et des parois de bambous, aux beaux hôtels à 100 euros et plus la nuit.

Sur la plage de San Juan, on trouve les cahutes de « Backpakers » et les bungalows sélects de « l’hôtel si bien renommé » .

Cependant, cette présence ne dégrade en rien le site. Le tourisme n’est pas débridé au point de ne plus trouver un seul grain de sable libre. Non, la plage reste peu fréquentée, la sérénité préservée, le soleil généreux, l’eau à belle température… que dire ? Vais-je « encore » utiliser le mot de Paradis? Je pense que c’est aux Philippines que je l’ai le plus employé. Alors… Oui, ici aussi c’est un Paradis!

A plus, quelque part entre L’Indien et le Pacifique
Nat et Dom sur les chemins du monde
Texte et photos Nathalie Cathala, tous droits réservés, pour toute utilisation me contacter
Photos de la guérisseuse prises sur le Net (forcément, je ne suis pas aller fouiller les « Mémoires d’outre-tombe » 😉
http://etoile-de-lune.net/accueil/index.php

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