Un paradis encore intact ! Palawan, San Vicente

» Publié par le 21, Juin 2015 dans Album, Philippines, Voyage | 4 commentaires

Un paradis encore intact ! Palawan, San Vicente

Bonjour,

Aux confins de la mer de Chine et de la mer de Sulu, Palawan allonge en direction sud-ouest nord-est ses 450 kilomètres de bonheur… Soit plus de 1000 kilomètres de côtes dont certaines sont encore vierges. Dans le Sud de Palawan fut découverte une tribu isolée depuis des milliers d’années. Les Tau’t Batu sortent, en effet, de l’ombre en 1978. Leur nom signifie « homme des rochers », car ils vivent encore pour la plupart dans des grottes. Le tourisme n’est pas développé dans la région sud de Palawan, en revanche l’exploitation minière du chrome, du nickel sont en train de grignoter les territoires des tribus indigènes.

Les hôtes étrangers ne se baladent pas trop dans le sud de l’île. Le paludisme y sévit, les routes sont inexistantes, et un groupe de musulmans indépendantistes y serait « capable », nous dit-on sur place, de kidnapper « les peaux blanches » afin de faire avancer leurs revendications et de grossir une cagnotte nécessaire à leurs agissements. Les lobbys d’extractions de minerais ne sont pas enclins, eux non plus, à favoriser le tourisme. Ainsi, l’île est coupée en deux… Un « no tourisme land » au sud, et une partie relativement plus développée au nord.

En réalité, à Puerto Princesa, nous ne ressentons pas plus d’animosité qu’à Négros ou Cebu. La population tranquille vit au rythme de deux saisons : la « sand season » et la « mud season » (la saison du sable et celle de la boue). Une manière originale de définir l’année. Et force est d’admettre que nous tombons en pleine « sand season »! La poussière est omniprésente, et recouvre la végétation sur une bonne hauteur. Le moindre véhicule soulève un nuage de sable… mais la richesse de l’île ne se situe pas là !

Dès notre arrivée nous nous approvisionnons dans les alléchantes étales de fruits frais! Quel régal! Les sourires des vendeuses sont autant d’invitation à remplir le panier de vitamines! Puis direction le Nord Ouest, par des routes aux qualités diverses. Nous croisons moins de voitures encore à Palawan qu’à Negros. Elles sont surtout présentes à Puerto Princesa, ensuite, tricycles pour les courtes distances, Jeepney pour les longs parcours, et buffles pour passer d’un champ à l’autre prennent le relais.

Nous avons choisi de loger hors du grand centre touristique de El Nido, prisé par les « backpackers ». Nous trouvons une chambre à l’aplomb d’un village de pêcheurs, une vaste baie qui s’ouvre sur l’archipel voisin dont je vous reparlerai. Nos balades nous conduisent d’un village de pêcheurs à l’autre. A chaque entrée, nous sommes escortés par les enfants. Ils rient, posent et font un tas de pitreries devant l’objectif. Les parents se mêlent à leur intérêt pour la photographie, et je suis conviée dans les maisons ou sous les hangars où sèche le poisson à prendre toute la famille en photo. Une grand-mère l’exige même! Poses et sourires, joie de vivre et questions, discussions et échanges, voilà de quoi sont faites nos journées de randonnée dans les environs. A chaque village son accueil affable, cette émotion intense du partage qui marque à jamais nos coeurs.

Au-delà de la péninsule qui protège le village des vents et des houles, une longue plage de 14 kilomètres s’étale sous une frange de cocotiers. Une rivière a cassé son lit lors d’une tempête, une bande de sable a créé un canal, et isolé un village, les pêcheurs s’adaptent et traversent ce canal à gué. Pères et fils partent au large pour nourrir la famille. On nous dit que tous les terrains en bordure de cette plage sont vendus, que d’ici 20 ans, elle ne sera plus qu’une longue file d’hôtels. Nous avons peine à croire à ce développement, nous marchons des heures seuls, entre la Terre et l’Océan. Pourvu que ces projets ne voient pas le jour…

En attendant ce grand développement, la piste d’un aérodrome est prévue, les routes transforment peu à peu leurs cahots en bitume bien régulier. Cela dit, pour avoir sillonné la région, il y a encore pas mal de travail avant qu’elle attire le touriste exigeant un minimum de confort. Nous avons été peinés aussi d’apprendre que les terrains d’un village entier de pêcheurs avec lesquels nous étions si heureux sont vendus à des hôtels. Je ne comprends pas comment on peut vendre un village ???

Nos amis philippins vivent au jour le jour, avec des œillères, et tant qu’ils sont là … ils sont là! Il est vrai que nous avons vu, sur Negros, pas mal de terrains prêts à recevoir des projets immobiliers qui s’étaient arrêtés depuis longtemps et jusqu’à loin dans l’avenir. Seul un escalier qui mène de la plage au soi-disant complexe y était construit, ou une route qui n’allait nulle part. Les autorités philippines rêvent beaucoup, je pense. Et les habitants ont la chance d’avoir un tempérament peu inquiet, forgé par les affres de la nature qui sont capables de détourner des fleuves, des lits de rivières, pour dévier tous ces beaux actes de futures propriétés.

A plus quelque part entre L’Indien et le Pacifique
Nat et Dom sur les chemins du monde
Texte et photos Nathalie Cathala, tous droits réservés, pour toute utilisation me contacter
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4 Commentaires

  1. C’est un très beau reportage, Nat. J’espère que les projets immobiliers n’aboutiront pas et que ce petit paradis sera préservé. Tes photos sont magnifiques. Les paysages sont à couper le souffle. Cette végétation luxuriante et ces plages immenses nous font rêver. La vie des pêcheurs, leurs bateaux à balanciers, le poisson qui sèche partout, j’espère que cette vie simple et en communion avec la nature sera préservée. Les maisonnettes sont ingénieuses, et profitent au mieux de l’aération naturelle. Les marchés sont hauts en couleur avec ces fruits exotiques dont nous aimerions bien nous régaler. Et surtout, ce que j’aime, c’est la joie que tu as su capter dans le sourire des enfants. Mille mercis de nous faire découvrir tous ces lieux et de garder cette esprit curieux, ouvert, et cette gaité communicative qui t’ouvre les portes et qui te permet d’approcher au plus près, et de sympathiser avec les habitants et de découvrir d’autres manière de vivre. Bises. Liliane

    • Merci de ce commentaire qui m’incite à reprendre le chemin du blog… pour plus de partage encore !

  2. Je viens de faire un beau voyage ! il y aurait trop de commentaires et les mots me manqueraient pour m’exprimer devant tant de beautés. Merci à vous, merci beaucoup !

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