Une banca récalcitrante, une balade captivante !

» Publié par sur 19, Mai 2015 dans Bateau, Philippines, Voyage | 3 commentaires

Une banca récalcitrante, une balade captivante !

Bonjour,

Voilà un beau matin, lumineux! La mer répond au ciel bleu, les nuances d’émeraude et de turquoise discrètes auréolent la plage. Tout est calme, la banca nous attend ainsi que son capitaine et son moussaillon. Nous grimpons à bord. Le capitaine tire sur le démarreur archaïque et … rien ne se passe. Pas un bruit, pas une once de pétarade familière typique des bateaux des Philippines. Je rêve? Naviguerait-on à la voile aujourd’hui? Des éclats de rire fusent à l’arrière. Le moussaillon a déjà largué les amarres, les gouttes de sueur du capitaine n’ont pas raison du moteur récalcitrant. Moussaillon et capitaine d’un même corps laissent la banca, nous à bord, et s’en vont à terre chercher… (une batterie? c’est ce que nous subodorons Dom et moi). La banca lâchée à sa propre initiative a vite fait de dériver. Dom se jette à l’eau, retient l’embarcation, et moi… tranquille je trouve l’idée coquette de me prendre pour le capitaine ! Je fredonne la chanson de Diane Tell « Si j’étais un homme, je serais capitaine, d’un bateau vert et blanc …  » ( ♪♫♫♪♫♪ )

Mais, le capitaine revient, avec une batterie ! Le moteur reste silencieux, le moussaillon en ramène une autre, toujours rien! C’est au bout de la troisième batterie et de gros échanges d’éclats de rire que la banca, se met en marche.

Depuis plusieurs jours nous contemplons la côte depuis le rivage. Vous le savez, j’arrive pas bien à rester « au bord de l’eau » (c’est comme une maladie! Rassurez-vous! Pas contagieuse…) Depuis trop de jours, je plongeais mon regard du haut de la colline vers ce bleu diaphane du petit matin, gagnant tout au long du jour de belles couleurs tranchées pour finir le soir dans des reflets inimaginables d’orange et de pourpre. Mes rêves à chaque arrêt sur images des reliefs de la côte me susurraient cette envie d’aller les voir de plus près. Les routes ne mènent pas loin, les panoramas ne sont pas légion. Il ne restait (hélas! ) que le bateau pour rallier ces côtes! Je m’en excusais d’ailleurs avec repenti à Dom qui me faisait remarquer que j’étais quasiment parvenue à le « mener en bateau » chaque jour depuis notre arrivée aux Philippines!

Le départ est idyllique, nous sommes habitués à présent au bruit de la banca, et nous en faisons abstraction. Comme quoi, quand on aime, on s’habitue à tout! (je vous défends de dire qu’avec l’âge on devient sourd d’oreille, j’ai l’ouïe très fine et délicate à terre! En mer, je passe outre!)

L’eau translucide sous la banca, le soleil limpide, nous font apprécier, quelques îlots au large d’un rivage très peu construit. Quelques maisons, moins d’une dizaine de type gigantesque qui ressemblent à des hôtels mais qui sont propriétés de riches familles Philippines se cachent dans la végétation luxuriante qui dévale en cascade sur les parois des falaises.

Nos amis font une première escale à un îlot sans nom (ici, peu de noms pour les baies, les îles … rien n’est répertorié sur les cartes), une grotte traverse l’îlot de part en part, une fenêtre d’une baie vers le large et l’océan. Puis nous remontons à bord, direction « le grand sud »! Nous longeons une côte qui n’arbore plus gère le moindre morceau de béton. Certaines baies sont conquises par des familles de pêcheurs : bancas, maisons de bambous. Nous croisons certains d’entre eux. Les bateaux affichent « peau de chagrin ». Certains sont de frêles esquifs sans même de moteur, une voile qui semble découpée dans un grand sac poubelle pour seule propulsion.

Ici aussi ma petite phrase « le paradis des uns est le quotidien des autres » me revient en tête. La vie rude est marquée sur les visages. Pourtant, tous nous font un signe amical. Quel peuple! Je l’admire. Au passage, nous écumons les criques qui se protègent tant bien que mal contre les morsures de l’océan tout en gardant un accès à celui-ci. Il est vrai que ces cabanes en bambou font rêver les déçus du système, les écœurés de la surconsommation, les dégoûtés de la pandémie de ce siècle qui attaque les sociétés occidentales : la morosité. Pourtant, je pense sincèrement que nous ne pourrions mener une vie dans ces villages ou hameaux en y ressentant un profond bien-être. La réalité est que ces gens survivent plus qu’ils ne vivent. Eux, ils aspirent à « nos » vies…

Entre temps, la mer s’est levée. Le capitaine s’inquiète de notre bien-être. Il nous jette un regard inquiet. Il est rassuré, il voit qu’on en a vu d’autres!

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons sur une plage où les Philippins « plus aisés » se rassemblent et font du camping pendant le week-end. Les vacances battent leur plein entre avril et juin, c’est leur été! Si nos capitaines voulaient nous faire découvrir l’art de vivre les vacances à la mode Philippines, les estivants, eux sont heureux de voir deux blancs débarquer sur LEUR plage! Ils rient aux éclats, du plus petit au patriarche!

Mama Mia que les Philippins sont attachants !
Nous rentrons bien arrosés sur Sipalay. Mon appareil photo s’est encore pris pour une « go pro » il a assuré vachement!

A plus quelque part entre L’Indien et le Pacifique
Nat et Dom sur les chemins du monde
Texte et photos Nathalie Cathala, tous droits réservés, pour toute utilisation me contacter
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3 Commentaires

  1. Tout est si beau …..Moments de vie exquis !

    • Oui Dany… tout en partage et merci d’être toujours là !

  2. Merci pour ces beaux partages, on arrive à voyager et à vous suivre dans ces contrées lointaines si belles et si authentiques……….cela fait un bien fou de voir que le Monde a encore de belles richesses ! Merci

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