Requins-baleines de Oslob, baignade inoubliable

» Publié par sur 27, Mar 2015 dans Album, Indien, Philippines, Voyage | 3 commentaires

Requins-baleines de Oslob, baignade inoubliable

Bonjour,

Le petit nom gentil du requin-baleine (ou inversion anglophone whale-shark) est Rhincodon typus. Ne demandez pas à un Philippin d’aller voir les Rhincodon, il vous enverrait au premier drug store pour aller chercher ce que le pape leur interdit comme contraception. J’ai remarqué que l’accent français en anglais était très, mais alors très mal compris dans les parages 😉

Le requin-baleine occupe à lui seul la famille des Rhincodontidae, il atteint des tailles gigantesques de 20 mètres de long, pour une masse de 34 tonnes (une seule observation rapportée en 1999). Ceux que le nageur lambda croisera en PMT seront d’une taille plus respectable allant entre 4 et 14 mètres, ce qui reste une « grosse bête »! S’il est le plus gros des poissons, il reste néanmoins plus petit que la baleine bleue, qui elle est, comme tout le monde le sait, un mammifère qui peut atteindre 300 mètres pour 170 tonnes (par contre, ils partagent le même régime alimentaire).

Le requin-baleine vit dans les mers ouvertes et les océans tropicaux. C’est pourquoi les Philippines sont leur paradis entre deux océans, au coeur des mers de Sulu, de Chine et des Célèbes. Il se nourrit d’algues et d’animaux microscopiques. Sa durée de vie estimée est à 100, voire 150 ans. Par contre, le plus vieil animal observé avait 70 ans.

De gros animaux, oui! Mais aussi tendre qu’un énorme chamallow des mers. Oui… c’est ça, quand on le croise, on a l’impression qu’il est mou, qu’il est tendre, et gentil comme tout malgré sa taille qui impressionne. A Oslob, les Philippins font du « whale shark feeding », c’est une pratique très controversée. Et pour allier l’écologique à l’appât du touriste, les Philippins ont trouvé une médiation. Ils nourrissent les requins-baleines le matin jusqu’à midi environ. Ils ne les nourrissent pas suffisamment pour qu’ils soient obligés de continuer à chasser. Le côté positif, est que l’observation de ces gros animaux,préserve l’espèce. S’ils étaient auparavant chassés pour leur viande, aujourd’hui, ils nourrissent les familles autochtones autrement. L’observation de ces animaux attire bon nombre de touristes, une rentrée d’argent prisée. Une grande communauté de Philippins y travaille, et veille sur leur gagne-pain, instituant des règles :
-pas plus de 6 personnes par animal
-ne pas les approcher à moins de 4 mères, ne pas les toucher
-rincer les huiles solaires avant de pénétrer dans l’eau.
-pas plus de 30 minutes par personne en compagnie des requins-baleines.
(…)

Au final, cela donne une bonne coopération d’une dizaine de requins-baleines qui tournent dans 5 mètres d’eau. Ils nagent sans la moindre agressivité, ouvrant grand la bouche qui peut atteindre deux mètres. Ils filtrent par cette énorme gueule béante 2000 t d’eau par heure. Sa mâchoire est composée de 300 rangées de dents qui filtrent l’eau en permanence. Sur le côté, derrière la bouche, cinq paires de fentes branchiales ressemblent aux évacuations d’un avion de l’ancienne guerre… Elles filtrent l’eau, séparent la nourriture avant déglutition et servent aux fonctions respiratoires.

Placidement, le groupe de requins-baleines tourne d’un bateau nourricier à l’autre. La plus grosse difficulté, lorsqu’on nage avec eux, est de respecter la distance de 4 mètres. Eux, ils ne sont pas au courant des règles, et il m’est arrivé de nager en observant 2 gros requins-baleines, tandis qu’un troisième avançait dans mon dos bouche déployée… Il y a intérêt à savoir palmer à l’envers pour éviter la collision!

Malgré l’intérêt de cette activité, nous avons eu la chance de nous retrouver seuls avec 3 requins-baleines. Ce qui rend la balade aquatique plus magique encore.

Aller à la rencontre des requins-baleines était pour moi un rêve… Sa réalisation est un enchantement! Malgré le succès de cette activité, j’en garde un souvenir inoubliable.

Je ne saurais clôturer ce message sans parler des requins-baleines en captivité (et avec eux évoquer tous les animaux en captivité).

On lit ceci dans wiki « Les requins-baleines en captivité: Deux des trois requins-baleines à l’Aquarium Churaumi d’Okinawa. Le premier essai réussi de mise en captivité date de 1934. Un requin-baleine a ainsi survécu 122 jours dans une baie artificiellement fermée par l’aquarium de Mito31. Son statut d’espèce protégée et sa grande taille, nécessitant des aquariums de plusieurs millions de litres, font du requin-baleine une espèce très peu répandue dans les aquariums publics. Aujourd’hui, seulement une poignée de spécimens survivent dans de plus ou moins bonnes conditions »

Je suis très perplexe quant à cette pratique. J’aurais tendance à vous dire : « Ne contribuez pas à la captivité en allant voir des Zoos, ou des aquariums ». Enfermer un animal sauvage ce n’est pas lui rendre service. Aller le voir contribue à cette pratique. Cependant je dois nuancer mon propos, me souvenant de l’expérience de Sully à Curaçao. Sully était un globicéphale mâle et adolescent, souffrant d’un problème auditif sa géolocalisation ne marchait pas, et du coup, il ne parvenait pas à se nourrir. Il s’est échoué non loin d’un aquarium qui l’a recueilli, nourrit, car il était complètement anémié lors de son échouage. Les responsables de l’aquarium, dont George biologiste marin ont tout fait pour le remettre en liberté, Sully était incapable de survivre en eau libre. Il a été transféré dans l’aquarium de San Diego, où il peut vivre.

Je dirais donc que les aquariums ne devraient pas prélever dans la nature des sujets sains. Ils ne devraient recueillir que ceux qui ont besoin de l’homme pour survivre et n’exister que pour ça. Les Zoos, réserves et aquariums contribuent parfois aussi à préserver l’espèce. Lorsque l’Humain a trop dégradé le milieu de certaines espèces, un couple en captivité peut parfois permettre de les réinsérer dans la nature.

Ces deux raisons valables de l’existence d’animaux en activité ne doivent pas permettre de prélever dans la nature des sujets sains, je le répète. Et c’est ma conviction. Je ne cautionnerai donc jamais aucune pratique qui va à l’encontre de la liberté des animaux, et je privilégierai toujours leur évolution dans leur milieu naturel.

Un dernier point, j’entends souvent dire. Oui, mais sans les aquariums, nos enfants ne pourraient pas voir telle ou telle espèce. OK… est-ce si grave? Est-ce si bien de leur montrer ce qu’il ne faut pas faire ?

A plus quelque part entre L’Indien et le Pacifique
Nat et Dom sur les chemins du monde
Texte et photos Nathalie Cathala, tous droits réservés, pour toute utilisation me contacter
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Lien vers la vidéo de Sully : Sully
Vidéo de notre expérience avec les requins baleines

3 Commentaires

  1. Merci du partage de ces instants de vie magiques !!! Un régal pour le coeur et les yeux <3

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