Maurice sait occuper nos journées !

» Publié par sur 17, Fév 2015 dans Album, Indien, Mascareignes, Maurice, Voyage | 0 commentaire

Maurice sait occuper nos journées !

Bonjour,

Maurice, ainsi que ses voisines, Réunion et Rodrigues, font figure de confettis en comparaison avec les grandes îles qui fleurissent dans l’Indien : Madagascar, les îles d’Indonésie, des Philippines, ou encore Sri Lanka. Pourtant, une petite île d’un peu plus de 1800 km² peut en une journée nous faire changer de monde plusieurs fois.

Nous partons ce matin, car le ciel est bleu, et qu’il nous inspire une virée vers les hauteurs. En effet, le mois de janvier, particulièrement pluvieux nous masquait les panoramas. En gravissant les contreforts du Piton de Rivière Noire (le sommet de l’île à 826m) nous nous arrêtons devant le panorama superbe qui s’ouvre sous le Morne Brabant. Le lagon est clair, le ciel aussi, les couleurs sont « enfin » au rendez-vous!

Les couleurs-lagon! Vous le savez, j’en suis fan!

Sur la route sinueuse qui nous mène au parc national protégé, de nombreux singes traversent à toute vitesse. Ils se méfient… Au moment où j’écris ces lignes, j’allais vous dire « jadis, ils étaient utilisés comme chair de laboratoire ». Je viens de réaliser qu’ils sont toujours exportés pour ces pratiques, très controversées, et difficiles à accepter. Ce « commerce » a rapporté à Maurice plus de 14 millions d’euros pour les 9 premiers mois de 2014, et la France en a importé pour 2.1 millions… Je ne sais que dire, ça me fend le coeur! Samedi dernier je passais beaucoup de temps avec eux, une maman, et son petit, leurs airs facétieux m’ont fait craquer. Les plus pragmatiques d’entre vous me diront qu’il faut bien qu’une île indépendante vive, si elle ne veut pas tomber dans l’âge de pierre. Il est certain que Maurice sait utiliser son patrimoine et qu’elle sait aussi trouver sa place dans le monde d’aujourd’hui. C’est l’une de ses forces.

Dom a l’habitude de la qualifier « d’île en chantier ». Impossible de se déplacer sans voir une bétonnière, une grue, un engin de « Caterpillar », et des ouvriers qui s’activent à bâtir ! Maurice s’est donné pour but primordial d’attirer tous les déçus de l’Europe, les investisseurs, qui ont les moyens sont « dragués » à coups de mètres carrés en béton. Ce côté « chantier » a de quoi … fatiguer parfois, mais heureusement, il reste des zones préservées. Et il est reposant de s’enfoncer au coeur du parc national de Black River.

C’est un endroit rare, où l’on peut perdre son regard sans l’arrêter sur autre chose que des reliefs tarabiscotés, des cascades rafraîchissantes, une forêt immense sans la moindre construction humaine. Un espace entièrement dédié à la nature, où s’ébattent les foudi de Maurice (petit oiseau qui prend la couleur rouge pendant la saison des amours).

Qu’il est reposant de n’entendre que le chant des oiseaux, la symphonie des cascades, le bruissement de la canopée! Maurice réalise ce tour de force, sur un si petit territoire de garder de telles zones dédiées à la nature!

Après ce vrai moment de sérénité, nous repartons vers Grand Bassin. Son lac est considéré, comme le petit frère de la source du Gange par les hindous. Et depuis jeudi dernier, les plus fervents partent de chez eux à pied, chargés d’immenses «kanwars», sorte de chars décorés qu’ils portent sur leurs épaules à tour de rôle. Certains d’entre eux partent de leur village le jeudi soir pour arriver le samedi soir à Grand Bassin, y puiser l’eau sacrée, et revenir vers leur village, où ce mardi, ils l’offrent à Shiva.

Pour les néophytes que nous sommes cette cérémonie ne manque pas d’étrangeté. Nos hôtes bienveillants nous expliquent tant bien que mal en créole-français l’objet de tant d’efforts. Ils nous sourient… et surtout, ils nous disent « bonjour » ! Alors là… heureusement que je suis armée de cette civilité, je pense avoir battu des records. Pendant 4 heures, nous marchons avec eux, pour comprendre et partager ce moment qui est pour les hindous, très important, malgré le nombre de fêtes qui jalonnent une année. Il y a pas moins de 10 jours, ils célébraient Cavalee, toujours aussi important aux yeux des fervents! C’est simple, une ou deux fois par mois, un jour férié pointe le nez pour une célébration hindoue! C’est peu au nombre de Dieux qui occupent leur panthéon, selon les sources, on trouve de plusieurs dizaines de milliers de Dieux, jusqu’à en dénombrer 330 millions…

J’imagine qu’une religion aussi nourrie en têtes divines n’est pas simple à comprendre. Chacun y va de sa petite explication, et je finis par me résoudre à observer, sans pour autant essayer de donner une explication claire et logique. Des groupes se relayent à porter des charges très lourdes, lorsqu’ils arrivent au Bassin sacré, ils se recueillent et offrent au lac, des fleurs, des fruits (à nous aussi d’ailleurs, on a eu droit à une pomme et une orange!) un tas de petites offrandes que je doute que les poissons « sacrés » et interdits d’être pêchés (heureusement!) apprécient. Peut-être sont-ils heureux ce jour-là de changer de régime, et de filtrer en lieu et place de l’eau marron, de l’eau de coco. Car tout le monde casse des noix et offre l’eau de coco au lac. Je ne pense pas que ce soit la raison pour laquelle il déborde à cette période 😉

Bref, après toutes ces offrandes, chacun revient chez lui, toujours aussi lourdement chargé, préservant au sein du «kanwars» l’eau sacrée qui servira la nuit prochaine à « doucher » Shiva tout en prononcer de longues litanies, jusqu’à 6 heures demain matin. Shiva, particulièrement important, a reçu la plus haute statue de l’île. Elle mesure pas moins de 80 mètres de haut, et rassure de son regard bienveillant la longue file de pèlerins. En face de lui, de l’autre côté de la route, Durga est en passe de lui voler la vedette, en construction, elle aussi protègera tout un peuple!

A suivre,
Nat et Dom dans l’Indien
Texte et photos Nathalie Cathala, tous droits réservés, pour toute utilisation me contacter
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