Réunion : la liberté de croire

» Publié par le 22, Juil 2014 dans Album, Indien, Mascareignes, Réunion, Voyage | 1 commentaire

Réunion : la liberté de croire

Bonjour,

Que j’aimerais que les Mascareignes fassent école partout dans le monde! L’expression « Vivre Ensemble » a été inventée ici… Ici, chacun vit naturellement, sans aucune arrière-pensée dans sa culture, dans son mode d’habillement, dans sa religion sans jamais être pointé du doigt. Et puis, l’île compte quelques superstitions croustillantes qui mènent jusqu’au syncrétisme .

La Réunion compte des créoles, des Malbars, des Zarabes, des Chinois, des Zoreils, des « Cafres ». Attention, toute cette harmonie n’a pas toujours été de mise sur l’île. Un exemple : le terme « Cafres » que l’on retrouve dans les noms de Ravines par lesquels les « esclaves » se sont libérés de leur sort peu enviable est un terme péjoratif, dérivé du mot « Kafir » qui veut dire en arabe : « infidèles ». Ils ont aussi porté le nom de « marrons ». Fuyant les mauvais traitements, ce terme a été emprunté aux Espagnols « cimarron » qui traduit l’animal domestiqué qui retourne à l’état sauvage. Pourtant, ces personnes si peu considérées, cherchant la liberté à tout prix ont été les premières à s’aventurer à l’intérieur de l’île. Elles ont bravé les sommets, les cols, elles se sont ouvert des sentiers dans un décor improbable. Les Cafres sont devenus, les rois de l’intérieur de l’île. Cette première vague d’immigration forcée vient principalement de Guinée, du Mozambique, de Madagascar…

Par la suite, afin de diversifier la main d’oeuvre les grands propriétaires font appel à des Chinois, des Indiens et des Africains de toute provenance. Le métissage est en route, l’esclavage sera bientôt un lointain souvenir.

Les musulmans sont présents depuis 1850, avec des commerçants indiens venant de Bombay ou de Surat. Ils se sont spécialisés dans le commerce de coton, riz, épices, mais à présent se diversifient sur le plan économique.

Les Malbars sont présents depuis le dix-neuvième siècle. Ils furent amenés sur l’île comme engagés, et non esclaves, ce qui signifie qu’ils ont pu garder leurs habitudes cultuelles. Ils honorent de nombreuses fêtes religieuses tout au long de l’année, comme la fête de la lumière (Dipavali), la plus spectaculaire est sans doute celle des mortifications et de la marche sur le feu en l’honneur de Pandialé (la déesse Draupadi), et puis, il y a la manifestation pour Kali avec des sacrifices d’animaux.

La communauté chinoise est discrète, mais importante à la Réunion. Leur adhésion à la vie de l’île s’est faite grâce aux petits commerces de proximité. La communauté révèle son importance au moment des grandes fêtes et surtout du Nouvel An chinois. Les Chinois sont majoritairement catholiques, mais ils continuent d’observer des rites appartenant soit au confucianisme, soit au bouddhisme ou encore au taoïsme.

La population est majoritairement catholique, et compte près de 80% de pratiquants. Les anciens esclaves, après l’abolition ont rallié en masse l’Église. Mais ils ont gardé des rites vaudous, et une foule de croyances qui allient des pratiques profanes au respect du sacré. Il en est ainsi de Saint Expédit. Personne ne se souvient que l’homme exista, qu’il était commandant romain en Arménie, converti au christianisme, et qu’il fut décapité par l’empereur Dioclétien en 303 apr. J.-C.. Ce n’est pas ce qui compte. Ce qui est important, c’est son aura, ce qu’il fait pour les Réunionnais. Et visiblement, il est le champion toute catégorie des causes perdues. Il apporte des solutions rapides, il reçoit en échange quelques fleurs, petits cadeaux, monnaie. Partout, des petites chapelles rouges sont dressées à son intention. Il est le résultat d’un syncrétisme mêlant l’héritage catholique aux croyances venues de Madagascar ou d’Inde. Saint Expédit apparaît, en vérité, comme l’ultime recours. Saint Expédit est honoré dans le but de lui demander une faveur : trouver du travail, gagner de l’argent ou d’autres choses plus ou moins importantes, mais toujours avec une notion de promptitude dans l’exécution de la demande. À tel point qu’un jour, une déclaration d’impôt a été trouvée sur un de ses hôtels.

Nat et Dom dans l’Indien
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1 commentaire

  1. Riche et extrordinaire récit…. et photos toujours merveilleuses bisouss Nat et Dom

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