La montagne de Bora part en fumée

» Publié par sur 20, Sep 2013 dans Album, Polynésie, Voyage | 0 commentaire

La montagne de Bora part en fumée

Bonjour,

Au moment où je vous écris, la pluie tant attendue arrive. J’ai guetté ce moment précis, pour résumer le fait marquant de la semaine à Bora : mardi dernier, un incendie sans précédent est né sur la montagne. Il a démarré dans une plantation qu’un agriculteur voulait nettoyer. Le vent très fort depuis plus de 10 jours, la sécheresse qui sévit depuis avril ont été autant de facteurs qui ont embrasé la montagne de Bora, laissant les habitants impuissants devant le ravage des flammes.

Bora, comme toutes les îles de Polynésie française sont démunies face aux incendies. Il y a bien un hélicoptère, qui sert « normalement » à trimbaler dans les airs les touristes au-dessus du plus beau lagon du monde. Lors d’incendies, il est équipé d’un « bambi busket », sorte d’énorme panier qui récolte de l’eau dans le lagon et la propulse sur les foyers. Pour autant, cette arme anti-incendie a été débordée devant l’ampleur du phénomène.

Il ne restait « plus qu’à regarder la montagne partir en fumée ».

Ce n’est pas le premier incendie auquel nous assistons en Polynésie. Nous avons vu les montagnes partir en fumée aux Marquises, à Nuku Hiva, à Moorea, Tahiti, à Huahine du temps où nous étions en bateau, la partie sud a si bien brûlé que nous avons dû lever l’ancre sous peine de finir en poulets boucanés.

Lorsqu’on se sent impuissant, que faire?

Éclater en colères, trouver le coupable et le mener « au bûcher », se morfondre… dramatiser, catastropher l’événement… Ici, rien de tout cela, le coeur pleure, mais les habitants affichent pendant ces derniers jours un sang-froid et un calme, qui force mon admiration. Comme toujours dans ce long voyage, les habitants nous apportent leur réponse, leur manière d’agir et de comprendre leur monde. À chaque fois, nous sommes observateurs, nous nous remplissons le coeur d’une leçon de plus. Nulle part nous ne sommes « chez nous », et nous n’avons aucun droit de juger la manière dont les habitants gèrent leur terre.

Bien évidemment, pendant ces derniers jours, j’ai vu, lu, entendu ceux qui s’agaçaient, ceux qui « catastrophaient », ceux qui… Ici, nous dépendons de l’Occident, mais nous ne sommes pas l’Occident. Tout paraît tellement évident à ceux qui jugent, pourtant la vie des îles est si équivoque, qu’il n’est jamais facile de la résumer en un simple regard justicier. La vie des îles, si elle paraît toujours paradisiaque aux rêveurs, demande à ceux qui l’aiment, et désirent entretenir cet amour de garder un oeil, une oreille fermés et le coeur ouvert. Elle demande de ne pas se mêler intempestivement de tout, elle exige un degré de tolérance élevé, et de faire comme les trois singes sages … « fermer les yeux, les oreilles et apprendre à se taire ». Pour autant les deux autres singes, continuent de voir, de parler et d’entendre… Mais si ces trois capacités ne permettent que de critiquer sans aider, elles ne servent à rien.

Ma devise est « si je peux aider, concrétiser un acte qui fera mouche, qui changera vraiment les choses je me lèverai toujours, et j’agirai. Mais si je ne suis là que pour juger et critiquer, ne m’attendez pas, je ne suis pas là ».

A plus pour un autre regard sur Bora
Nat et Dom
http://etoile-de-lune.net/etoiledelune/index.php

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