Gadji, sublime et profondeur d’âme des Kunies

» Publié par sur 6, Mar 2013 dans Album, Escales, Nouvelle Calédonie | Commentaires fermés sur Gadji, sublime et profondeur d’âme des Kunies

Gadji, sublime et profondeur d’âme des Kunies

Bonjour,

île des Pins : un tour d’une île sublime, et profondeur d’âme de ses habitants.

Bonjour,

Ce matin, Fideli vient nous chercher pour un tour de l’île. Fideli appartient à la tribu de Gadji. Il est fier de son appartenance et partage volontiers ses sentiments sur le déroulement de la vie sur son île. Jeune il avait été appelé par l’armée pour faire partie des « biffins » (armée de terre). A l’époque l’armée était obligatoire. Les jeunes hommes recevaient un billet d’avion pour la France valable pour 5 ans. Pendant ce temps, les jeunes appelés avaient accès à toute sorte d’enseignements afin d’acquérir des métiers. Fedeli aurait bien voulu rester dans l’armée pour 5 ans. Il a l’âme voyageuse, des envies d’aventure. Mais ses parents possédaient trop de bétail et manquaient de bras pour gérer les terres. Fidéli fit un an en région de Belfort. Il descendait sur Paris avec ses copains pendant les « perms », puis il revint au pays. Il a travaillé à Nouméa, mais aussi pendant 6 mois en Papouasie Nouvelle Guinée d’où il est revenu fasciné par les moeurs locales. Il nous raconte ce qu’il a vu. Les danses, les coutumes, les traditions.

Fideli s’intéresse aussi beaucoup à notre parcours, aux pays que nous avons traversés en 10 ans de « cabotage ». Nous échangeons des points de vue sur le monde, sur la diversité des peuples et sur la préservation des coutumes de chacun. Il s’ouvre volontiers sur la situation du peuple kanak. Les réalités du quotidien. Nous sommes heureux, car enfin depuis que nous sommes à l’île des Pins nous pouvons communiquer avec des personnes locales. Nous étions jusque là très frustrés de notre manque de rapport profond. Même si tout ce qu’il exprime est complexe, car la situation générale ne permet à personne d’être clair.

Nous sentons à quel point, le peuple kanak est tiraillé entre ses traditions séculaires, les obligations imposées par les missionnaires et le droit commun français qui chapeaute le tout. Le peuple kanak est littéralement écartelé entre ces trois pôles : « tribu, religion, état ». Leur quotidien est fait de contradictions aussi profondes que des blessures. Ce peuple est « balafré »… marqué à jamais par les convulsions de l’Histoire. Ce qui me rend le plus triste, c’est que rien jamais ne parviendra à soigner les plaies béantes dont souffre le peuple kanak. Ce qui a été fait est fait…

Je ressorts de ces heures passées avec Fedeli, pleines de nouvelles richesses : celle belle comme trésor secret de la confiance échangée, et celle du partage généreux des beautés de son île. Alors voici les merveilleux panoramas devant lesquels nous avons échangé tant de considérations profondes.

Nat et Dom
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Pour ceux qui aiment situer sur une carte n’hésitez pas à l’agrandir
Carte