Ecole de brousse et conclusion à un séjour de 4 mois

» Publié par sur 31, Oct 2012 dans Escales, Vanuatu | 0 commentaire

Ecole de brousse et conclusion à un séjour de 4 mois

Ecole de Brousse, les Ni-Vans de demain

Bonjour,

Avant de passer à la prochaine escale, j’aimerais clore avec vous, ce chapitre sur le Vanuatu. Nous y avons passé 4 mois intenses. Quatre mois au plus près de la population, plus proches que nous ne l’avons jamais été en huit de voyage, choisissant de vivre « à la locale » plutôt que de rester dans le confort de notre bateau. Ces quatre mois ont profondément changé ma vision de l’humanité. J’avais jusque-là pensé d’escale en escale que la mondialisation était une bonne chose. Retrouvant partout les mêmes produits, et les humains réagissant de la même manière partout. Les politiques, les administrations, et ceux qui les subissent reproduisant partout les mêmes carcans.

Je me sens citoyenne du monde et partie intégrante d’un grand peuple planétaire, et c’est en cela que j’aime ce mot « mondialisation ». J’ai la sensation qu’il lisse les conflits, qu’il détend l’atmosphère et qu’il permet la libre circulation de tous les êtres. A l’heure où l’Europe reçoit le prix Nobel de la paix, cette notion « sans frontière » me parle plus encore.

Pourtant, au Vanuatu, je suis obligée de nuancer mon propos. En huit ans de vie sur l’eau, j’ai vu défiler une partie du monde, comme on voit un film sur un écran. Sans jamais, même si nous tentons à chaque fois de tisser des liens forts avec la population, sans jamais dis-je intégrer réellement, profondément les modes de vie. Nous étions spectateurs. Au Vanuatu, nous avons partagé leur mode de vie, et cela change tout l’angle de vue. Cela ouvre beaucoup plus de perspectives.

Vivre en harmonie tous ensemble est une idée que je défendrai toujours. Lisser les conflits pour arriver à la paix, cela aussi j’y acquiesce. Mais, la mondialisation n’apporte pas seulement la paix. Elle entraîne un flot de bouleversements, un lissage des habitudes humaines qui n’est peut-être pas bon pour tout le monde. Lorsqu’on voit de case en case, de bario en bario d’Amérique latine, les mêmes toits de tôle se répéter, ils s’incrustent partout, des îles de la Caraïbe, à celles de Polynésie. Le béton ravage l’espace, et la consommation de produits tels que le riz, les graisses de viandes, les sucres néfastes se répand comme une pandémie. Peu à peu, les peuples abandonnent leur mode de vie pour adhérer à celui des pays occidentaux. Je ne suis pas certaine que cela représente une réelle avancée, une réelle accession à la « richesse ». Qu’est-ce que la « richesse »? Est-ce de gagner quelques sous aussitôt dépensés pour acheter le dernier téléphone, la dernière télévision grand écran, ou l’immonde Hummer? La richesse n’est-elle pas dans le respect de valeurs ancestrales? Le trésor le plus précieux n’est-il pas de préserver sa terre afin qu’elle soit généreuse avec les générations futures?

L’ouverture des frontières est un bien, pour les êtres, mais comment empêcher, les grands consortiums d’envahir tous les pays de produits inutiles?

Ce débat est vaste et ne se résume pas à quelques phrases. Il demande une réflexion profonde, de poser des jalons humains, raisonnables, tenant compte de chaque particularité de chaque pays, afin que chacun évolue à l’aune de son environnement et puisse ne pas dépendre du « dieu » argent. Dieu qui laisse choir les plus grandes illusions dès qu’il domine toutes nos vies.

Pour saluer une dernière fois le Vanuatu, je vous livre quelques photos d’écoles de brousse. Nous avons rencontré partout, des jeunes institutrices qui éduquent les enfants et les préparent à l’école supérieure avec les moyens du bord. Elles ont un sourire, une foi en leur mission qui force l’admiration. Elles bâtissent des huttes en bambou, où l’électricité fait défaut, où la Nouvelle-Zélande ou l’Australie livrent des ordinateurs, qui gisent à même la terre, au même titre qu’un bâton de bois qui servira à planter l’igname. Elles enseignent la langue vernaculaire, l’anglais, parfois le français et le bichlamar. Elles leur apprennent à nettoyer leur classe, à ne pas gâcher les craies ou les pages de leur cahier. A respecter tout ce qui les entoure de leurs aînés à la nature. Elles aident ces enfants à devenir les adultes de demain. Qu’ils sachent ce qui existe partout, mais qu’ils sachent aussi garder leur terre et leurs valeurs intactes. C’est un pari audacieux, que le Vanuatu peut réussir.

A plus pour vous retrouver dans l’escale suivante
Nat et Dom

EtoileDeLune

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