Port Vila: dessins de sable et musique traditionnelle

» Publié par sur 29, Oct 2012 dans Escales, Vanuatu | 0 commentaire

Port Vila: dessins de sable et musique traditionnelle

Bonjour

Pour nos dernières rubriques sur le Vanuatu, laissez moi vous emmener au musée national de Vanuatu

A Port Vila, le musée national du Vanuatu se visite essentiellement les jours où des paquebots déversent leurs centaines d’invités. Pourtant, ce sont en général des événements que nous évitons. Mais là, force est d’admettre que la visite est beaucoup plus intéressante ces jours-là. En dehors de ces visites, le musée est terne, triste, gris… uniforme, abscons. Par contre, pour les paquebots, le musée invite un « prof » local, une personne venant des îles, connaissant les us et coutumes, sachant décrypter les rites des îles voisines, et ayant à coeur de les transmettre aux étrangers.

J’ai malheureusement oublié le nom de cette personne. Je me souviens que son signifiait en langue vernaculaire « le professeur », mais impossible de mémoriser ce mot. Il venait de l’île de Pentecôte. Après une brève introduction aux 115 langues, coutumes et moeurs de son pays. Il s’est attardé à nous montrer les dessins sur sable. C’est une pratique séculaire, utilisée dans de nombreuses îles.

Le principe est simple en apparence, mais il demande une mémoire et une dextérité sans faille. L’homme trace sur le sable quelques traits. Puis il commence une figure géométrique alambiquée ou un labyrinthe qu’il trace sans lever le doigt et sans qu’aucune ligne ne soit traversée deux fois. Je répète : sans lever le doigt! Lorsque vous verrez ce dont il est capable, c’est un trait de génie. Tous les dessins ont une signification. Celle-ci est énoncée sous la forme de fable répétée ou chantée tout au long de la réalisation du dessin. Le but ancestral de ces dessins est de transmettre la mémoire aux générations futures. Sous forme de messages, d’histoires, de légendes apprises par coeur. Le dessin prend forme et représente des animaux, des plantes sacrées ou des formes plus symboliques. Ils sont parfois associés aux rituels sacrés garantissant un passage des âmes jusqu’au lieu de repos. Ils ont dans la « Kastom » une énorme importance. Les dessins de sable font partie intégrante du patrimoine artistique du Vanuatu.

La pratique des dessins de sable est concentrée dans la partie nord de l’archipel située à partir du nord-ouest d’Epi et jusqu’aux îles Banks. Ce moyen d’_expression_ a atteint son apogée dans le centre nord de l’archipel. Il s’est développé à travers d’intenses réseaux d’échanges et l’on a recensé plus de 180 motifs. Certains d’entre eux ne peuvent être réalisés que par des initiés. Depuis le 7 novembre 2003, les dessins sur le sable ont été déclarés « Chef-d’oeuvre de l’Héritage oral et intangible de l’Humanité » par l’UNESCO.

Autre mode d’_expression_ « intangible », mais pourtant bien présent dans la Kastom ni-vane, c’est la musique. Je ne parle pas de la musique moderne, ou string band où le ukulele, la basse artisanale et la voix de chat effrayée du chanteur envahit les rues de la ville. Mais je veux parler de celle qui accompagne les cérémonies importantes, ou les événements rituels.

Les instruments ni-vans les plus connus sont les tambours d’Ambrym géants. Ce sont des tambours à fente, surmontés d’une tête sculptée et utilisés pour envoyer des messages à travers la brousse à la population, appeler à une réunion de clans, annoncer la mort d’un chef… Nous retrouvons ces tambours partout dans la ville de Port-Vila. Ils deviennent avec les sculptures sur troncs de fougère l’emblème du pays. Ils sont encore très présents dans la brousse de leur terre d’origine et n’ont pas cédé au folklore leurs buts initiaux.

Le bambou est également utilisé pour la musique traditionnelle. En fonction de la longueur, du diamètre et de la longueur de l’entre-noeud, on y taille des flûtes, des tambours, ou bien d’énormes « pianos ». Un très bel exemple de ces pianos de bambou est exposé au musée. Le « Prof », y joue de nombreux morceaux qu’il accompagne d’une voix étonnamment fluette pour sa corpulence. Puis, il entame des morceaux choisis: « la Marseillaise » en fait partie, après qu’il nous ait demandé notre pays d’origine…

Mais revenons à la « kastom » locale. Les flûtes de Pan se trouvent partout dans l’archipel, d’Ambrym à Tanna en passant par Pentecôte et les Banks. On joue de la flûte pour diverses raisons, divertissement, relaxation, pour renforcer la magie ou l’effet de séduction, pour accompagner un récit traditionnel ou la réalisation d’un dessin de sable.

Dans tout l’archipel, les grelots sont l’instrument privilégié des danseurs. Ils utilisent les gousses de Pangium, qu’ils portent aux chevilles. Dans certaines régions ce sont les escargots de mer, ou porcelaines et autres petits coquillages qui sont portés sur le bas de la jambe.

Les plus gros coquillages font office de trompe, et de signal d’alerte ou de début de cérémonie.

On le voit, chaque instrument garde une fonction particulière dans la « Kastom » et la musique, les instruments ont chacun leur rôle au sein d’une société régie par des rites extrêmement bien orchestrés par les chefs de clans.

Au-delà de ces deux aspects fondamentaux de la culture ni-vane, nous retrouvons dans le musée national de très beaux masques de Mallicolo, d’Ambrym, des rambaramp de Mallicolo et toutes les formes de figures humaines et sacrées des îles représentées en sculptures de bois, sur fougères, surmodelage, pierres…

On réalise en visitant les deux musées, celui du père Rodet et le musée national que toute la Kastom repose sur un art de type « théâtral ». Toutes les pièces rassemblées ont trait à des manifestations qui réunissent des clans autour de musiques, de danses, de chants et de costumes traditionnels endémiques à chaque île. Tout ce que les insulaires créent est destiné aux cérémonies aussi variées que celles de Tanna, où les visages des femmes sont peints ou que celles de Mallicolo où les hommes se cachent derrières d’immenses masques effrayants, ou encore de la danse du Rom à Ambrym où les hommes sont vêtus de pyramides de feuilles de bananiers… Aux Banks, les danses du serpent peignent tout le corps de raies blanches. Et partout la musique faite de tambours, de grelots ou de bambou accompagne des chants en langue vernaculaire.

Toutes ces formes d’art, toute cette imagination déployée donnent une dimension colorée, et inoubliable à la « kastom » du Vanuatu.

A plus, pour une autre visite très très spéciale…
Nat et Dom

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