TANNA le volcan Yasur dans tous ses états

» Publié par sur 22, Oct 2012 dans Escales, Vanuatu | 0 commentaire

TANNA le volcan Yasur dans tous ses états

Bonjour,

Avant de vous donner notre vécu de Tanna et de son volcan, voici quelques indications scientifiques sur le mont Yasur dans l’archipel du Vanuatu

Le Vanuatu est situé sur la zone de convergence des plaques australiennes et pacifiques. Les volcans de l’archipel sont situés sur la « ceinture de feu du Pacifique » et concentrent près de 70% de l’activité mondiale. « Leurs magmas visqueux leur donnent un caractère explosif qui associé à l’eau peut créer des événements exceptionnels tels que des éruptions phréato-magmatiques de très forte magnitude. »

Tanna se situe au sud de l’arc insulaire mélanésien. L’activité de l’île a débuté il y a environ trois millions d’années. Elle se limite aujourd’hui au complexe de Yenhaké dans l’est de l’île. Le mont Yasur est un volcan de type strombolien et vulcanien pouvant produire à la fois de la lave et des nuées ardentes. L’activité strombolienne se manifeste par des remontées cycliques de larges bulles de gaz le long des trois principaux conduits.

L’activité du Yasur est observée depuis plus de deux cents ans (j’ai lui 800 ailleurs?). Des périodes de forte activité ont été enregistrées à intervalles de 18 à 24 mois avec une activité accrue lors de la saison des pluies, due à l’infiltration de l’eau de surface dans le cratère.

L’intensité de l’activité a été classée en 4 niveaux (un cinquième est mentionné sur l’île de Tanna à la maison du Volcan)
type 1 ; activité faible
type 2 : activité plus explosive, avec émissions de bombes, blocs et cendres (visites possibles du cratère )
type 3 : éruptions plus fortes, projections en dehors du cratère lui-même (limite les visites à l’extérieur du cratère)
type 4 : éruption cataclysmique, précédées de nombreux tremblements de terre, production de nuées ardentes recouvrant toute la partie sud-est de l’île détruisant toute forme de vie. Les habitants nous racontent encore, comme c’était fort en 1999 et 2002. Les populations limitrophes ont été déplacées, et ils précisent : « on devait tenir la bouilloire sur le feu, sinon elle sautait toute seule hors du foyer. »

Les dépôts volcaniques anciens et récents ont façonné l’environnement du volcan. La végétation cède le pas, d’un trait net aux cendres grises. Le sol est instable. Cette instabilité est accentuée par de forts séismes, les vibrations générées par le volcan, une pluviométrie moyenne annuelle de 1500 à 2500 mm, le tout n’est pas amélioré par le passage régulier de cyclones qui arrosa l’île de 300mm d’eau en 24 heures (1998) voire de véritables déluges comme en 2002, à la suite de quoi le volcan est passé en catégorie 4. Le mélange d’eau et de gaz attisant le volcan!

Notre expérience

Le Yasur est un volcan haut de 365 mètres. Il est réputé l’un des plus accessibles au monde. Ceci dépendant du niveau de dangerosité qu’il affiche, bien entendu! Il est accessible, dans le sens où on peut lui grimper dessus. Par contre, les routes d’accès sont dans un état épouvantable. Nous n’osons imaginer ce que cela donne par temps de pluie. Dom est persuadé, que les routes aux ornières profondes, coincées entre des monticules de cendre hauts de plus de deux mètres deviennent de véritables torrents lors de la saison pluvieuse.

Nous avons la chance, le volcan, qui était classé niveau 3 pendant l’hiver austral, s’est soudainement calmé. Il est passé au niveau 2. Détail qui a son importance, puisque nos amis venus à Tanna en juillet n’ont pu approcher le volcan et grimper sur sa caldeira. Tandis qu’en octobre, le Yasur revenu à de meilleures dispositions laissait voir ses cheminées actives depuis les bords du cratère faciles à atteindre : une petite grimpette dans le sable mou en vient à bout. Et … Nous sommes aux premières loges!

Toutes les 3 à 5 minutes, le volcan explose. Nous sentons son pouls, le pouls de la terre, et ses poussées d’adrénaline!

C’est la nuit qu’il est le plus spectaculaire. Nous sommes aidés par Mademoiselle La Pleine Lune dans nos « expéditions ». De jour le bruit, la cendre et les gros nuages font effet. Mais dès le crépuscule, chaque éruption est le théâtre d’un véritable feu d’artifice. Des roches incandescentes, du magma en fusion jaillissent sans coup férir de deux bouches principales. C’est magique! Hypnotique! On y passerait la nuit! Mais la température nous en dissuade rapidement. Nous tenons un maximum de temps, mais au bout d’une heure et demie, nous sommes obligés, à contrecœur, de battre en retraite. Le vent est glacial, nous sommes au bord du coeur le plus chaud de la planète et nous grelottons. Tanna est situé au 19° Sud. D’accord, il ne neige pas, il ne gèle pas. La température ne descend pas sous 10 degrés, mais vous le savez : nous sommes trop tropicalisés, pour ce type de climat! Et même les habitants sont de notre avis!

En dehors du cratère, le Yasur offre une foule de caractères qui en font un endroit très particulier. Au pied de la caldeira, la mer de cendre est une vaste plaine gris perle où quelques buissons de pandanus font de la résistance. Par temps de brise, la poussière du volcan infiltre tout , et se loge même entre les dents, ça croque, ça craque… un peu de sel, de poivre : miam!

Plus surprenant! En se rapprochant du cône, qui chaque jour se pare au gré du vent de nouvelles formes, un canyon de cendre agglomérée sur fond de lave refroidie laisse une impression de « western » inachevé. Je m’attends à voir John Wayne débouler sur son cheval à tout moment. Le vent qui lève le sable aiguise l’imagination.

Sur les pentes verdoyantes du volcan vit une population improbable. Son quotidien est fait de cendre, de poussière. Il est engoncé dans l’ombre d’une végétation luxuriante. Il vit au jour le jour, sachant que demain plus rien ne peut exister. Les enfants se fabriquent des luges, pour glisser sur les « congères » de cendre des bas-côtés de la route.

L’atmosphère, l’ambiance que génère un volcan en activité sont une expérience inoubliable. Avant de m’y rendre, j’étais effrayée à l’idée de monter sur les pentes d’un volcan actif. Poussée par la curiosité et l’intérêt de Dom, j’ai trouvé là-haut un goût de réelle aventure, un sentiment si vif, si proche de notre coeur planétaire… C’est divin!

A plus pour la suite des photos du volcan
Nat et Dom

Sources : Atlas du Vanuatu Particia Soméoni éditions Géo-Consulte

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