VANUATU : Tanna, l’antre béni des Dieux

» Publié par sur 18, Oct 2012 dans Escales, Vanuatu | 0 commentaire

VANUATU : Tanna, l’antre béni des Dieux

Bonjour
Iso, Rachel et leur clan nous accueillent à Loaneai.
L’antre d’Iso, Loaneai signifie en langue Nata : l’endroit bénit des Dieux…

Il existe cinq langues vernaculaires sur Tanna. La tribu d’Iso utilise le nata, langue proche du naka et du nara. Voilà trois groupes linguistiques qui se comprennent dans le centre et le nord de l’île. Dans le sud, le naha est la langue privilégiée et trop éloignée sémantiquement des 3 premières pour se comprendre entre elles. Du coup, il existe sur cette île de 570 kilomètres carrés, une cinquième langue vernaculaire, le na, qui est selon Iso la « Island Trading language », la langue de tractation, de palabres. Et… nous avons pu remarquer à quel point le « palabre » était sur l’île une activité aussi intense que celle du volcan. Mon Dieu qu’ils causent! Avec les étrangers, les habitants de Tanna utilisent l’anglais, mais également le français et le bichlamar. Tout cela fait de nos amis de parfaits polyglottes depuis leur plus tendre enfance!

Le terrain d’iso est situé dans le middle bush, un plateau de brousse surélevé, qui présente un niveau supérieur presque plat à une altitude de 500 mètres. Il nous emmène faire le tour du propriétaire. Une seule balade n’y suffit pas. Nous dévalons la pente abrupte qui mène aux plages dans son gros tout terrain dont il vient de réparer avec son frère l’axe de direction. En chemin nous traversons son cheptel de chevaux, de vaches ainsi que les zones où il cultive la patate douce, l’igname, le taro, le chou, le Island cabbigde… et toutes ces racines qui font l’alimentation de base des Ni-Vans. Plusieurs cascades magnifiques agrémentent la forêt dense de son territoire. C’est un réel paradis. Puis nous arrivons au plateau qui domine les plages. Iso nous montre les limites de son territoire. Les rivières, de part et d’autre d’une immense plage en sont les bornes. Il nous dit en toute simplicité qu’il nous cèderait volontiers un bout de terrain, là en surplomb de l’océan.

Il nous explique qu’il n’est pas intéressé par la vente de sa terre, mais par son utilisation. Il aimerait que des gens de confiance bâtissent leur maison et qu’ils emploient aux travaux de jardin, d’entretien… la famille. C’est un bon deal! Quelle vue! C’est tentant comme proposition!

Iso défend sa terre. Il nous dit combien aujourd’hui, plus que du temps de ses ancêtres, il est difficile de garder sous le joug d’une même famille un territoire. A la mort de chaque patriarche, « les gens parlent », nous dit-il. Pour arrêter les ragots et laisser un héritage à ses 5 enfants, il a eu recours, non plus à la coutume, mais aux lois constitutionnelles qui permettent de protéger la propriété foncière. Par l’avis de ses parents, grands-parents, le gouvernement a apposé sur son terrain un droit cimenté dans la roche : l’équivalent des bornes cadastrales dans nos contrées.

Pourtant, même si les générations actuelles ont recours au droit constitutionnel, la tradition reste forte. Le modèle traditionnel de la société à titre forme un ensemble homogène sur les quatre îles du sud (Erromango, Aniwa, Futuna, Anatom). Le modèle pyramidal des titres n’est pas le même que celui pratiqué dans le nord de l’archipel avec les sociétés à grade (les chefs acquièrent leur pouvoir par l’acquisition de richesses, basées sur des notions complexes de prêts à ceux qui leur font confiance). Sur Tanna, les grands hommes sont toujours respectés, mais plus souvent sur le ton purement honorifique que sur le plan d’une influence réelle sur la société. Leur pouvoir décisionnel se limite aux grandes cérémonies. Il existe trois types de titres :
– irémëra :pouvoir limité aux activités cérémonielles
– yani niko : transmission des terres par hérédité
– naotupunus : pouvoir sacré, influence sur les cultures, la récolte.

La société du sud de l’archipel est culturellement hiérarchisée, mais elle est économiquement égalitaire, et chaque famille est un producteur autonome qui ne doit rien aux « chefs ».

Pour en revenir à Iso et ses problèmes fonciers, ceux-ci sont liés au mode de fonctionnement en phratries de Tanna. Les territoires sont constitués d’un réseau de places cérémonielles matérialisant les chemins d’alliance entre les clans. Cette structure territoriale et sociale est un aspect important de l’organisation de l’île. Elle génère régulièrement des tensions entre phratries voisines, et surtout, elle rend l’installation d’étrangers particulièrement aléatoire. Il suffit que le généreux prêteur de terre, parte, décède, ou perde son pouvoir, pour que la jolie maison bâtie en surplomb de l’océan devienne la maison d’un autochtone ayant droit.

A plus pour la suite sur notre séjour à Tanna
Nat et Dom

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

etoiledelune

Valider le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>