NAVIGATION entre Vanuatu et NOUVELLE CALEDONIE

» Publié par sur 11, Oct 2012 dans Navigation, Nouvelle Calédonie, Vanuatu | 0 commentaire

NAVIGATION entre Vanuatu et NOUVELLE CALEDONIE

22:23.29S 166:53.49E

Bonjour chers amis du voyage,

Nous sommes partis de Port Vila par un petit matin rose et bleu pâle, mardi dernier. La météo ne nous annonçait que du bonheur et nous avons eu du BonHeur avec un « b » majuscule et un grand « H ». Bien longtemps que cet océan ne nous avait pas offert de telles conditions. Il faut dire que depuis notre retour de Tanna, nous regardions d’un oeil distrait la météo. Nous sommes arrivés à Port Vila le 8 juin et … le 8 octobre l’ombre d’une fenêtre météo s’ouvre. Du vent avec une tendance nord : l’idéal. Mais un gros pâté d’orages nous précédait, raison pour laquelle, nous ne sommes pas parti lundi soir avec les prémices du vent du nord, mais mardi matin aux aurores.

Après une grosse journée pluvieuse sans vent, lundi, des au revoir à nos amis de Dalai et nos amis ni-vans… Déchirants! Une grosse boule à la place de la gorge pendant toute la journée. L’impression que le cerveau n’est plus irrigué et que le coeur n’a plus toutes ses fonctions, sans parler de l’estomac… Bref, pour nous soigner de tout ce chagrin, nous sommes allés prendre avec nos derniers vatus une grosse glace au chocolat au « Pêché Mignon », la pâtisserie, boulangerie, qui nous a fait office de cantine pendant 4 mois. Nous avons reçu un gros pain de Anita, et des bisous de toute l’équipe. Et puis… enfin, je ne vais pas vous énumérer le nombre d’au revoir…

Il est temps de lâcher la bouée. Si nous avons beaucoup bougé pendant ces 4 mois, notre Etoile, elle s’est reposée. Et dès les premiers milles, elle s’ébroue, sur un océan, gentil. La première nuit nous donne raison. La ligne de grains orageux nous passe devant, très loin, et traverse l’horizon du nord-ouest vers le sud-est. Elle n’est pas pour nous. Par contre… En pleine nuit pendant un de mes quarts, le souffle long et puissant d’une baleine me fait sursauter. Il fait noir d’encre, et je ne vois rien. Notre passage a dû la réveiller, car si j’ai entendu le premier souffle sur notre bâbord, nous entendons (entre temps Dom se réveille d’un bond lui aussi) le second souffle sur arrière tribord. Heureusement, juste… une rencontre de nuit. Sans doute l’oiseau qui tournoyait autour de notre Etoile en piaillant d’un ton aigu a-t-il aidé à ce que cette rencontre ne se transforme pas en choc? En tout cas… merci, merci Neptune, le destin ou la chance… Quel que soit ton nom qu
i a guidé notre étrave… merci!

Que j’aurais aimé la voir de jour! Aussi prêt!… Reine de l’océan! Je scruterai l’horizon à leur recherche pendant toute la nave, mais nous n’en croiserons plus.

Nous alternons les heures de moteur et les heures de voile. La journée de mercredi, nous touchons des vents de NNW, pas fréquents dans cette région, mais vu que nous nous dirigeons plein sud, c’est une aubaine que nous ne refusons pas. Nous marchons bien, sur une mer un peu houleuse, mais très supportable. Le soir le vent tombe, nous laisse avec un beau soleil qui se couche dans un dernier éclat de rayon vert. Je suppose que Dom et moi, nous faisons le même voeu… Mais chuuuut! Pour qu’ils se réalisent, il ne vaut pas les dévoiler!

Je réalise que vous allez me prendre pour une grosse superstitieuse. Entre l’oiseau, la baleine, et le rayon vert! Mon cahier des croyances irrationnelles va noircir quelques pages! 😉

La nuit vient et notre Etoile est ballottée par des houles croisées, jusqu’à ce que le vent d’Est Sud Est se mette en marche et donne à notre Etoile une allure de près sous génois et grand voile sans nous faire une grosse gîte. Nous marchons bien! Même très bien! A la hauteur de Lifou, nous passons son phare par le sud, de nuit noire, nous ne verrons rien des îles de la Loyauté. Même si nos collègues s’y arrêtent, le protocole des formalités administratives d’entrée ne s’y conforme pas tout à fait. Notre Etoile brave sans broncher un contre-courant, et nous filons sur une mer quasi plate à 6 noeuds, avec quelques pointes à plus de 10 noeuds vers la Nouvelle-Calédonie.

Dom calcule que nous devrions franchir la passe de Havannah vers 15 heures, moment de l’étale. Nos tables du Shome ne sont pas d’accord avec notre GPS. L’un disant que nous serons à l’étale de marée haute, l’autre à l’étale de marée basse. Selon le cas, cela peut avoir son importance. Notre Etoile marche à merveille, heureusement! Car même l’heure n’était pas la bonne. Nous sommes passés environ 30 minutes après l’étale et celle de marée basse! Heureusement! Car le courant rentrant nous a propulsé comme un boulet de canon l’intérieur du « lagon ». Nous avons marché pendant près d’une heure à un régime de 1600 tours à plus de 9 noeuds voire 9.9 noeuds au maximum.

A l’entrée nous sommes accueillis par des dauphins. Un premier banc de jeunes, tous fous, qui sautent et font des cabrioles. Ils ne restent pas longtemps à l’étrave. Juste le temps d’un furtif « bonjour ». Tellement apprécié! Puis, deux Grands Dauphins viennent à nouveau nous saluer. Quelques bonds, et eux aussi partent au large, comme s’ils avaient un rendez-vous plus important… Qu’est-ce qui peut être plus important que l’étrave de L’Etoile de Lune???? (hi,hi…)

Nous n’avons pas tellement la sensation d’entrer dans un lagon. Le ciel gris ne dévoile aucune couleur. Le temps calme ne marque pas la barrière d’une écume vive. Tout s’harmonise entre gris clair et gris foncé : la mer uniforme, les montagnes en dégradé cendré, et le ciel plombé. Mais les formes nous séduisent d’emblée. Comme pour nous saluer, au détour du cap Naoua, le soleil perce et dévoile des teintes incroyables d’orange, d’ocre… telles des veines sanguines qui se faufilent dans le vert luisant de la végétation irrégulière. La nature est soumise à des reliefs faits d’arêtes, de falaises, d’avancées dodues ou anguleuses, de bourrelets saillants. Quelle silhouette variée, sous des éclairages entre ombres et lumières qui dévoilent des pins effilés comme des cipres dominant le rivage où le cocotier fait figure de nabot. Plus les monts partent vers l’intérieur et s’écartent de la côte, plus la végétation se désertifie, devient rase, n’offrant qu’un manteau céladon qu’elle
écarte si souvent pour dévoiler son enveloppe de terre rouge.

Nous passons le phare de « bonne anse », et débouchons dans la baie de Prony. Nous nous accordons, un repos à l’ancre dans cet antre polychrome. Nous avons navigué à peine 60 heures, deux nuits en mer, et retrouvons le bonheur de découvrir un nouveau pays.

A plus, pour vous raconter… Tanna! Nom de nom, je vais bien arriver à vous en parler! Mais il me faut de l’internet pous cela, et lorsque nous arrivons dans un nouveau pays, nous devons retrouver nos marques : connexions internet, cartes sim pour téléphones… etc. Conc tout vient à point à qui sait attendre…
Nat et Dom

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