FIDJI : coutumes, danses et histoires

» Publié par sur 30, Août 2012 dans Escales, Fidji | 0 commentaire

FIDJI : coutumes, danses et histoires

Bonjour,

Je n’aurais jamais dû jouer du clairon hier avec le soleil… Ma Fanfaronnade  » y a du soleil, oyé, oyé » a fait fuir le bel astre de chaleur. Cette dernière cependant ne nous a pas trahis, et la température ambiante, malgré un ciel bien chargé qui a passé son temps à nous tomber dessus est restée clémente!

Que faire en ce deuxième jour de Fidji sous un ciel grincheux?

Il nous a suffi de rencontrer Alisi, qui nous parle d’un village lointain (5 heures de route A/R) où aujourd’hui, une représentation de danses coutumières est donnée.

Merveilleuse aubaine!

Je dois un ban à Dom qui avec brio a dompté la conduite à gauche pour nous emmener au village en question. La route… interminable! Et nous arrivons dans un décor de rêve pour ce type de représentation. Souvent, elles sont données dans un cadre « moyen_moyen »… Ici, tout est fait pour y croire. Un îlot sur fond de vieux temple de dieu polynésien. Un « bure » (synonyme de fare, ou case, hutte) de chef séculaire domine le lagon. Dans ce décor, les coutumes ancestrales sont restituées pour nous entraîner dans un autre temps. Celui dont tous les Polynésiens, ou Mélanésiens sont légitiment fiers.

Nous pensions être mêlés à une foule nombreuse, et… ô surprise, nous sommes quatre! Nous pensons que vu le nombre réduit d’hôtes, nous aurons droit à un « euphémisme » de coutumes locales.

Et bien, nous n’avons encore pas mesuré toute l’énergie des Fidjiens. Ils sont tous là : marcheurs sur pierres incandescentes, danseurs de MEKE.

Le meke est la danse locale. Inutile de la sous-titrer, elle parle d’elle-même. A la lisière entre deux mondes distants : la Polynésie et l’Asie. Les jeunes filles posent leurs pieds, ondulent les doigts des mains, balancent leur visage avec des intonations asiatiques, tandis que les rythmes, et le reste du corps s’harmonisent aux pratiques polynésiennes. Les danses féminines n’ont rien de spectaculaire, mais la douceur, la volupté qu’elles apportent sont si denses qu’on ne peut y résister.

Les hommes sont plus présents que les femmes. Ils offrent le plus « gros » du spectacle.

D’abord les initiés ; ceux choisis par le dieu (lequel? Difficile à savoir… mais un ancêtre qui voyagea dans tout le Pacifique, c’est certain! ) Bref, les hommes choisis par le dieu sont originaires de l’île de Beqa au sud du village de Pacific Harbour. Ils ont appris à « marcher sur la braise ». Nous les voyons préparer le feu, laisser y mijoter des pierres pendant quatre heures. Ils attisent les flammes, gratouillent la terre, stabilisent les pierres. Entrent en transe sous la houlette d’un chef au pagne orange. Puis… Ils marchent sur les pierres. Tranquillement, sans précipitation! Ils s’arrêtent en chemin, gravissent chacun à leur tour ce monticule de 400 degrés. Sans sourciller. Paraît-ils qu’ils ne sentent rien. Ils sont les descendants de Tui, celui qui a reçu ce don du grand dieu en personne. A l’époque, pour marcher sur la braise, les hommes devaient se passer de femmes 15 jours avant l’épreuve, et ne pas manger de coco… Aujourd’hui, en raison d’une bonne organisation touristique les braves marchent 4 fois par semaine sur le feu, ce qui porterait ces héros à l’état monastique. Donc, ils ont aménagé la légende, et prient avec ferveur avant leur performance.

Dom filme l’oeil bleu placide. Je cache derrière mon objectif mes crispations « mon côté mère poule ». Pour rien au monde je ne veux me réincarner en plante de pied fidjienne! Après cette démonstration de courage, de maîtrise du corps humain, les jeunes femmes vêtues de pagnes apportent douceur et paix. Les hommes frappent le « toere » seul instrument qui accompagne les chants en langue vernaculaire. Celle-ci est douce à l’oreille, sans doute l’une des plus harmonieuses du Pacifique. Elle est gouleyante, sans aspérité, incroyablement duveteuse à l’oreille.

Les hommes succèdent aux femmes dans un jeu de guerre. Ils retracent l’histoire. Nous ne connaissons pas un mot de fidjien, mais tout le théâtre de leur vie passée, de leur quotidien d’antan défile devant nous sans que nous ayons besoin du moindre sous-titre. Leur existence balançait entre férocité et humour. Nous vivons des moments guerriers ou le cannibalisme était le point d’orgue des victoires des plus Grands. Sans concession, nous nous retrouvons au beau milieu d’un démonstration tribale, euphémisme de ce qui se passait autrefois. Où les perdants passaient au grill…

Et parce que dans la vie tout n’est pas noir, et qu’il y a du rose aussi, nous assistons à un jeu de rôle entre deux hommes? Seuls sur leur île, qui cherchent une femme pour agrémenter leur vie. Ils choisissent dans l’assemblée une belle blonde plantureuse. Puis deux femmes tirent au sort le seul homme de l’assistance (Dom) , elles jettent leur dévolu sur lui et déterminent qui le gagnera en se livrant à une compétition de jonglage… Au bout de la compétition, elles sont prêtes à se jeter à l’eau et à rejoindre mon bel homme aux yeux bleus et cheveux argentés…

Je ne sais pourquoi, j’ai vu Dom rentrer la tête dans les épaules et tâcher de se faire tout petit, devant ses femmes, si affables?

Lorsque vous aurez visionné toutes les photos, vous aurez une idée exacte de la vie d’antan dans les îles du Pacifique. Rassurez-vous, il ne reste que très peu de cannibales par ici, et je dirais même qu’ils ont changé de régime alimentaire. Ils préfèrent garder les touristes bien vivants, pour qu’ils reviennent ou parlent autour d’eux de l’accueil fidjien afin de faire des émules!

Ha oui… dernière chose étonnante. Ce matin on nous demandait si nous étions « germaniques », tandis que ce soir nous avions largement glissé vers le sud, en répondant à la question « êtes-vous Italiens »… Voient-ils si peu de Français? Ou notre accent trahit-il une certaine interrogation chez nos hôtes? Au Vanuatu on ne nous posait pas tant de questions… Il faudra peut-être que nous restions plus longtemps que prévu afin qu’ils s’habituent?

Une journée bien remplie.
Et tant pis pour le soleil, il aura raté un merveilleux spectacle.
Il s’en est mordu les doigts (ou les rayons ) car ce soir,il refaisait son apparition, pour un magnifique coucher de soleil auquel nous avons assisté sur le chemin du retour…

A plus
Nat et Dom

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