NAVIGATION VERS WALLIS position conditions et RECIT sur SAMOA

» Publié par sur 12, Mai 2012 dans Navigation | 0 commentaire

NAVIGATION VERS WALLIS position conditions et RECIT sur SAMOA

14:28.71S 171.03.64W
position à 13 heures locale ( 23 h TU soit 1 heure du matin en France)
Distance restant à parcourir : 330 milles nautiques
Distance parcourue depuis le départ : 1170
Cap suivi : 260°
vitesse du bateau : 5.5 noeuds
Allure : arrière, bâbord amure (Grand voile)

Conditions :
Houle dominante de Sud, Sud Ouest en amortissement, naissance de la houle du vent, courte mais raisonnable (2 m)
Vent 15 noeuds SE
Ciel dégagé parsemé de cumulus humilis (nuages de beau temps)
Mer 29.5°, température de l’air : 30°

Conditions de l’équipage et du bateau :
Notre Etoile danse moins, elle se calme, mouvement plus doux. L’équipage partage son temps entre la sieste, la lecture (écriture du blog) et petits repas frugaux.

Bonjour chers amis du voyage,

Pour la première fois en 10 jours de mer, notre nuit a été habitée de la lumière des hommes. Au coucher du soleil, nous longions l’archipel de Manua : les îles d’Ofu, sa petite soeur Olosega et la grande et haute Tau. A la nuit tombée, les lumières orange de la petite ville de Tau ont scintillé, une à une… puis, elles ont disparu, confondues dans l’amplitude de la houle. Au milieu de la nuit, l’île de Tutuila, et la « grande ville de Pago Pago » étaient par tribord.

Les Samoa, sont divisées en deux parties, la première rencontrée à l’Est dépend des Etats-Unis qui en prirent possession en 1900. La seconde est indépendante, et nous la longerons la nuit prochaine par le sud, en entamant notre remontée vers Wallis (car, vous l’avez deviné, nous ne nous arrêterons pas aux Samoa).

Le territoire samoan est peuplé d’environ 70 000 habitants répartis sur Tutuila, et les îles Manua, les deux atolls coralliens restant déserts et zones protégées. Le Territoire dépend du Département de l’Intérieur, mais possède sa propre assemblée législative, son gouvernement élu et son représentant au congrès. Cependant, il est dépourvu de droit de vote (!) Sur l’île la plus grande Tutuila, l’armée américaine maintint une base importante jusqu’en 1951. Aujourd’hui, le port de Pago-Pago n’a rien d’attractif, il est cerné par des usines d’électricité et de conserveries de thon, le port encombré de chalutiers. Par contre, l’archipel de Manua est encore aujourd’hui, vénéré comme le berceau de la Polynésie.

Le nom Samoa signifierait « centre sacré ». Une légende ancienne veut que le monde ait débuté ici! Le Grand Créateur Tagaloalagu engendra à partir d’une roche, la terre, la mer et le ciel. Ensuite, il créa le premier humain, qui forcément était Samoan!

Nous avons été surpris, par la hauteur de Tau, première île rencontrée à l’Est. Nous nous attendions à des îles basses. En réalité, l’archipel de Manua est le point culminant des Samoa, avec le sommet du mont Lata atteignant 966 mètres. Nous avons de la chance de le voir quasiment dégagé, car il cumule chaque année 750 cm de pluie. Par ses falaises escarpées, son aspect sauvage, presque intouchable, ces premières îles nous projettent deux ans en arrière, lorsque Fatuiva s’est ouverte sur notre horizon au bout de 20 jours de traversée vers les Marquises. La forêt, les crêtes acérées, tout nous y fait penser.

Le mont Lata protège en son sein, une espèce endémique : un chiroptère frugivore d’une envergure de 1 mètre. Ces chauves-souris sont les cousines des Roussettes des Tonga. La tradition voit en elles des êtres protecteurs. Et de fait, elles le sont pour la nature, en contribuant à la pollinisation et transportant les semences d’une grande partie de la végétation des îles. Cette espèce est menacée, car les chasseurs samoans sont habiles. Dans les Samoa indépendantes, il ne reste que quelques rares spécimens dont les jours sont comptés.

Les Américains ont tout de suite décelé « l’authenticité » et la fragilité de ces îles et se battent depuis 1988 pour créer et agrandir le seul parc national de l’Hémisphère Sud « Etats-Uniens ». Ils veulent protéger trois milieux menacés par le monde moderne : une forêt poléotropicale, un récif corallien encore riche, et la culture polynésienne indigène. L’île de Tau a cédé plus des trois quarts de son territoire au parc. L’île d’Ofu également, quant à l’île principale, elle cède peu à peu des terrains au nord de Pago Pago. La tâche est rude, car le foncier en Polynésie est l’un des aspects les plus délicats de leur structure sociale. Aux Samoa, l’administration du parc doit louer les terres aux familles, car la grande majorité d’entre elles sont un bien collectif inaliénable. Des lois séculaires interdisent la vente de la Terre aux étrangers.

Ce parc national est la raison majeure pour laquelle nous ne nous arrêtons pas dans ces îles, dont l’entrée est marquée de pancartes :  » Laufanua Fa’asaoina (territoire protégé) ou Paka o Amerika Samoa (Parc National des Samoa). Certains marins transgressent ces lois, se disant « pas vus, pas pris ». Mais, nous ne pouvons défendre des valeurs de protection de notre Belle Planète et nous octroyer le droit de déranger une nature protégée par et de l’humain (!)

A plus, pour la suite du voyage que nous poursuivrons ensemble, par un décalage dans le temps…
Nat et Dom

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