HUAHINE : une terre de marae

» Publié par sur 6, Avr 2012 dans Escales, Polynésie | 0 commentaire

HUAHINE : une terre de marae

Bonjour,

En visitant les marae de Huahine, nous obtenons des informations complémentaires sur ces lieux de cultes dont je vous parle depuis notre arrivée aux Marquises.

D’après les archéologues, les sites humains les plus anciens recensés dans les Îles Sous Le Vent remontent à 860 après Jésus-Christ, avec une marge d’erreur de 85 ans en plus ou en moins. La population bien implantée dans les îles commença la construction de marae au cours du douzième siècle, celle-ci s’acheva à l’arrivée des navigateurs européens, et surtout celle des Missionnaires qui imposèrent leur culte, au dix-huitième siècle. L’apogée des marae se situe entre cette fin, et le 15e siècle.

Cook, lors de son arrivée avait mesuré l’ampleur des marae et l’influence des chefferies d’alors.

Dans la culture maohie, la généalogie détient une importance cruciale. Grâce à elle, la société était structurée, les familles savaient par coeur leur généalogie afin de prouver leur appartenance familiale à telle ou telle classe du clan (chef, prêtre, guerrier, ou gens du peuple). La généalogie permettait aussi de régler les problèmes fonciers. Ceux-ci sont encore aujourd’hui sujets à de nombreuses controverses au sein du peuple polynésien et vis-à-vis du cadastre mis en place par l’État. Le marae était l’expression de la solidarité entre divers clans, mais aussi entre l’humain et sa terre. Un marae familial portait le nom héréditaire d’une famille et ainsi prouvait la propriété des terres. Le rôle du marae dans la revendication des terres était essentiel.

Les récits généalogiques font remonter les marae aux origines du monde maohi. Aux temps les plus reculés, les marae étaient des lieux de réunion où les patriarches venaient demander la protection des tupunas (les ancêtres). Leur rôle était alors plus social que religieux.

Ce n’est que vers le douzième siècle que le marae acquiert une dimension sacrée. Avec l’essor du Taputapuatea (sud de Raiatea dont je vous ai déjà parlé) le culte au dieu Oro émerge aux îles sous le vent. A ces deux vocations premières s’ajoute un rôle politique. C’est sur les marae que se scellent les plus grandes alliances entre les chefs (ari’i). C’est là que se décident les guerres, ou que se « signent » les paix. Toutes ces manifestations donnant lieu à de gargantuesques festins où les sacrifices de bêtes (cochons, chiens… ) ou humains revêtaient un caractère divin.

Les marae étaient des espaces « vivants ». Les structures mêmes étaient en perpétuelle évolution qui suivait les changements sociaux, politiques, fonciers ou religieux. Certains disparaissaient, détruits par les vainqueurs, certains étaient agrandis signifiant la prospérité de son propriétaire… Rien n’était figé, ce qui rend d’autant plus difficile l’analyse archéologique des sites.

Pour pallier les manques de la science, souvent les légendes volent au secours des archéologues. Ainsi, au marae de Manunu, l’on raconte qu’une princesse de Raiatea, inspirée par des voix impénétrables, se lança sur l’océan, seule à bord d’une pirogue. Ses coups de pagaie la menèrent au bord de l’épuisement, mais aussi sur les rives nord de Huahine. Le roi fier de sa fille, fatiguée certes, mais glorieuse d’un océan sans coeur, construisit à l’emplacement même de son échouage un marae digne de son exploit, c’est ainsi que le marae Manunu, se traduit le marae « fatigué »…

A plus, pour vous emmener dans le merveilleux village de Maeva où les habitants construisent encore les traditionnels pièges à poissons.
Nat et Dom
Nat&Dom

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