NOEL EN VOYAGE Rétrospective 2008

» Publié par sur 16, Déc 2011 dans Non classé | 0 commentaire

NOEL EN VOYAGE Rétrospective 2008

Épisode 5 de la série Noël en Voyage : 2008 Los Aves, Venezuela

Bonjour,

Nous voici pour notre cinquième Noël, seuls dans l’archipel des Aves.

En 2008, nous avons vécu des émotions fortes. Nous nous sommes régalés en Colombie, pays attachant tant par sa population que par la diversité des paysages. Nous avons également fait une incursion de trois mois en pays Kuna. Les Indiens Kunas du sud de l’archipel, à la frontière avec la Colombie, se battent pour préserver leur culture. Ils n’ont d’autre solution que de se couper du monde et de traiter l’étranger avec beaucoup de méfiance. Ils connaissent la dégradation des villages du nord, où font relâche les grands paquebots de croisière. Notre séjour, tant en Colombie que dans le Comarca de Kuna Yala est un tournant déterminant de notre voyage.

Et lorsque je dis tournant… je parle au figuré, mais également au sens propre!

Hé oui! Plutôt que suivre la route toute tracée vers le canal de Panama et son passage vers le Pacifique, comme le font tous nos collègues, nous rebroussons chemin! Nous repartons vers l’Est. Dom avait toujours rêvé d’une escale longue : d’un coin où il pourrait planter la pioche et vivre de l’air du temps. Je préfère bouger… mais je lui promets de satisfaire à son goût prononcé pour la Robinsonnade.

En effet, durant les quatre premières années de notre voyage, nous n’avons cessé de bouger, de lever l’ancre, de traverser des canaux inter-îles, de voguer d’escale en escale, de naviguer de découvertes en surprises. Dom désire une pause. Il craint aussi qu’en passant le canal de Panama, le voyage soit rapidement fini, qu’il n’y ait plus d’endroits où nous pourrons, en raison des règles de séjour des étrangers, nous attarder. En cela, il fut presque devin. Si nous avions passé le canal de Panama en 2008, nous n’aurions eu droit qu’à 1 an d’escale en Polynésie française. Le droit de séjour fut prolongé en 2009, à deux ans (sans paiement de la taxe de papeetisation qui équivaut à 20% du prix du bateau, ce qui hors de notre portée)

Nous n’en sommes pas là. Revenus, contre le vent et le courant aux îles ABC, nous listons toutes les escales qui ont rythmé notre voyage et nous pointons d’un doigt unanime Los Aves. L’archipel, bien que faisant partie du Venezuela est en marge de l’insécurité chronique régnant dans ce pays. Loin de toute civilisation, le premier port de ravitaillement se situe à plus de 200 milles nautiques. Au départ des îles ABC nous engrangeons dans nos cales un avitaillement digne de survivre pendant plusieurs semaines.

Nous ne savons pas exactement combien de temps nous tiendrons loin de tout, mais nous prévoyons rester quelques semaines… En réalité, nous n’avons jamais été las de cette vie, épargnant nos vivres et les agrémentant de quelques produits de la pêche, nous sommes restés 120 jours dans un archipel où ne vivent qu’une colonie de milliers de fous à pattes rouge, des frégates, des mouettes, des noddys, des pélicans. Il n’y a rien d’autre sur le bien nommé archipel de « los aves » (les oiseaux en espagnol). Il n’y a rien qui y pousse, pas de fruit, quelques cocotiers chétifs qui ne donnent pas de noix.

Mais que faisons-nous là? Nous devenons une énigme aux yeux de nos collègues marins qui se demandent si nous ne sommes pas, à force des les fréquentés, devenus fous!
A nos yeux, non!

Pas la moindre once d’ennui ne s’est emparée de l’équipage. Seuls le manque de vivres nous a chassés de notre ermitage maritime. Nous avons vécu au rythme de la nature. Nous avons vu les fous se chercher, s’accoupler, couver, naître… et prendre leur premier envol. Nous nous baladions dans la mangrove, et suivions de près quelques nids, nous devenions sans y prendre garde de vrais ornithologues. Dom s’amusait à construire des cabanes, les premières étaient à refaire, mais au fur à mesure du temps, il acquit un réel savoir-faire en matière de gîte de Robinson. Nous avons accueilli toute la gent ailée à bord, de l’hirondelle, au fou, en passant par le noddy, mais la visite que nous préférions était celle des pélicans. Ces oiseaux sont les plus drôles qui soient, leur allure est inimitable et attachante.

C’est là que les dauphins sont venus nous rendre visite. A plusieurs reprises, ils ont tourné autour de notre Etoile à l’ancre. Nous prenions leur jeu pour des appels et nous enfourchions notre annexe. Avec eux, nous chevauchions les vagues (plutôt le clapot!) du lagon. Nous nous baignions avec eux. Ces visites là, sont MAGIQUES!

Avec les pêcheurs qui venaient parfois faire campagne sur l’archipel, nous échangions quelques ustensiles dont ils avaient besoin contre de délicieuses langoustes ou cigales. Ces dernières sont plus fines en goût, plus délicates que la langouste.

Ha… et puis pendant cette merveilleuse retraite, j’ai eu le temps d’écrire un roman en entier. Je disposais dans le cockpit du plus beau bureau, avec vue sur la plus belle piscine du monde, où il faisait bon faire des pauses!

Ce Noël là, j’ai décoré le bateau plus que d’habitude, et la civilisation, tout ce qu’elle comporte de confort, ne nous ont absolument pas manqué.

A plus pour la suite de cette série sur Noël en voyage.
Nat et Dom
www.etoiledelune.net

Valider le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

You may use these HTML tags and attributes: <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>