NOEL EN VOYAGE rétrospective 2005

» Publié par sur 16, Déc 2011 dans Non classé | 0 commentaire

NOEL EN VOYAGE rétrospective 2005

Épisode 2 de la série Noël en Voyage : 2005

Bonjour,

Hier, je vous laissais en Martinique, à la veille de l’année 2005. Cette année-là fut l’une des plus rudes à notre égard. Tout le monde traverse un jour ou l’autre des moments difficiles et l’on en sort en général, sinon grandi, du moins plus sage, plus tolérant, les yeux grands ouverts sur les bonheurs à venir.

Au mois de juillet, notre chienne tombe malade et au jour où nous pensons la soigner, nous immobilisons notre Étoile proche d’un vétérinaire, mais en même temps un cyclone traverse l’Atlantique. La nuit du 13 au 14 juillet la position GPS de notre Étoile correspond exactement à celle d’Emily, cyclone de catégorie trois, il souffle pendant 12 heures des vents soutenus de 90 noeuds et des rafales de 115 noeuds. Nous sortons au matin du 14 juillet, groggy, mais notre Étoile a, une fois de plus, résisté avec brio.

La conclusion à cette nuit-là est unanime à bord : « Notre Étoile est vraiment un bon bateau »

Le mois d’août voit notre Lune partir vers son Étoile et au mois de septembre des pirates décident, sans avoir reçu de bristol d’invitation de monter sur notre pont à 2h36 du matin. Ils nous menacent de leurs machettes et de leurs couteaux, mais nous parvenons à les chasser du bord, sans qu’ils n’emportent rien! Au mois de novembre, tandis que notre Étoile remonte du Venezuela vers Cariacou, une dépression nous passe sur le mât. Les vents ne grimpent pas à plus de 30 noeuds. Tout va bien!

2005 est une année record : le nombre de phénomènes cycloniques a été si important que l’alphabet des dénominations n’a pas suffi, les météorologues ont attaqué l’alphabet grec! Mais à bord, tout est OK, et le destin signe, envers nous, sa dernière facture de l’année.

Dès le 11 novembre, lendemain de cette longue liste, le soleil s’accroche à notre mât. Une personne de mon entourage, que j’ai au téléphone, me demanda :
« Maintenant que tu as vécu tout cela, il est temps de rentrer ne crois-tu pas? »
Spontanément je lui réponds :
« Maintenant que nous avons vécu tout cela, il est grand temps de continuer, car il ne peut plus rien nous arriver! »

Je touche du bois en même temps que je vous écris (ça demande une certaine gymnastique) et je me dis que ma réponse s’est vérifiée pour les années à venir. Si nous nous sommes parfois trouvés dans des positions inconfortables par la suite, ce ne fut que le résultat de mauvaises options de navigation, comme il arrive à tous les navigateurs! Mais ces expériences nous ont servi, à mieux penser l’équipement du bord. Nous ajoutons à notre panoplie, une BLU, des moyens de communication dignes de nous tenir au courant des moindres faits et gestes de la météo. Nous mettons en place un réel plan qui se révèlera avec le temps assez efficace pour éviter les gros soucis du bord.

Et puis, à vous écrire tout cela, je pense avec le recul que ces quelques épisodes de l’année 2005, ne doivent pas occulter tout le reste. Quand on y pense sur 365 jours ce ne furent que quelques jours noirs. Un peu comme si l’on ne voyait d’une guirlande de Noël que les lumières qui ne fonctionnent pas! En marge des ces quelques faits marquants, nous naviguons d’île en île dans ce qui reste l’un des plus formidables bassins de navigation au monde. L’Arc antillais, malgré l’affluence de bateaux, garde tous ses attraits, des paysages renouvelés à chaque escale. Un climat tropical où l’alizé pousse les voiliers vers des destinations qu’ils sont libres de choisir fréquentées ou solitaires…

Et puis, nos amis nous entourent de toute leur affection. Au mois de décembre, nous retrouvons les bateaux Opus et Ekaza (Martine, Marie Jo, Daniel et Alain). A bord des trois bateaux, trois Sagittaires, Alain, Martine et moi… et les cockpits se remplissent de rire, d’ambiance, de chaleur… de cette amitié qui fait du bien. Cette amitié entre gens de bateaux a quelque chose d’exceptionnel, que l’on soit plombier, général de gendarmerie, homme d’affaires, ingénieur, infirmier, aide-soignant, médecin, mécanicien, clown … tout le monde se mélange. Il n’y a plus de barrière sociale, nous sommes tous SDF (sans domicile fixe) sur un élément qui se charge de transformer les « égos » en humilité! Et nous partageons tous ce formidable horizon vers lequel nous tendons nos étraves!

Après les agapes de début décembre, nous fixons rendez-vous à nos amis pour le Premier de l’an. Dom et moi, nous nous échappons de la flottille pour Noel. Dom a le projet de m’inviter dans un restaurant que vient d’ouvrir un français sur Union… mais le soir de Noel, le vent, la mer se lèvent. Nous n’avons pas le coeur de laisser notre Étoile marsouinner seule sur son ancre, tandis que nous rejoindrions en annexe la terrre, pour nous retrouver trempés au restaurant. Nous annulons la soirée en dernière minute, et improvisons un réveillon. C’est fou ce qu’un bateau peu contenir de richesses et de trésors culinaires dans ses cales!

Beau réveillon aux chandelles que l’alizé s’ingénie à éteindre!
Mais la romance du voyage n’en est que plus vive!

A plus, pour la suite de cette série
Nat et Dom
www.etoiledelune.net

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