NOEL EN VOYAGE rétrospective: 2004 le premier noël sur l ‘eau

» Publié par sur 16, Déc 2011 dans Non classé | 0 commentaire

NOEL EN VOYAGE rétrospective: 2004 le premier noël sur l ‘eau

Episode 1 de la série « Noël en Voyage »

Bonjour,

En cette veille de fêtes, laissez-moi ouvrir une série de blogs, elle reprendra en huit épisodes les Noëls de L’Etoile de Lune. Ce feuilleton vous emmènera tour à tour en Martinique, aux Grenadines, à Agay (notre fief), Carthagène, aux Aves, aux San Blas, à Tahiti pour revenir dans le lagon de Bora Bora.

Noël est un moment particulier du voyage, il est sans doute celui où la famille nous manque le plus, et si la nostalgie n’est pas une équipière bienvenue sur notre Etoile, il faut lutter pour la laisser hors du bord. Ce sentiment s’est certainement renforcé avec la perte de notre chienne, et de deux de nos amis qui ont suivi le sillage des étoiles sans avoir le choix d’encore chevaucher les vagues. Mais loin de moi l’idée de vous entraîner sur les chemins de la tristesse, nos amis, qui nous regardent là-haut, enverraient certainement le père Fouettard avant l’heure afin de nous replacer fissa sur les sentiers du partage et de la joie.

Avant de commencer, voici une phrase que j’ai lue ce matin au réveil, dans les Nouvelles Nourritures de André Gide, elle sera le fil conducteur de ce feuilleton des fêtes : « Il m’a depuis longtemps paru que la joie était plus rare, plus difficile et plus belle que la tristesse. Et quand j’eus fait cette découverte, la plus importante sans doute qui se puisse faire durant cette vie, la joie devint pour moi non seulement (ce qu’elle était) un besoin Naturel_, mais bien encore une obligation morale. Il me parut que le meilleur et plus sûr moyen de répandre autour de soi le bonheur était d’en donner soi-même l’image, et je résolus d’être heureux ».

Donc nous voici au mois de décembre 2004. Nous avons quitté les côtes de France depuis le mois de juin. Nous avons découvert l’archipel de Madère, des Canaries, de Mauritanie, et l’immensité de l’Atlantique. En chemin, nous avons croisé trois belles tempêtes. La première nous salue d’une énorme claque sur les fesses pour nous expédier hors de Méditerranée, la seconde nous accueille dès nos premiers milles dans l’Atlantique, entre les deux, la pétole du détroit et son brouillard… Et la troisième a failli nous être fatale, elle s’est déclenchée tandis que nous étions au mouillage de Graciosa. Depuis trois jours, le ciel rouge plombait l’atmosphère irréelle. Dans la nuit, le vent s’est levé. Soixante-sept noeuds et la bérézina parmi les 17 bateaux mouillés. Notre voisin décroche rapidement, et se colle à notre coque. Il arrache les panneaux solaires latéraux et les feux de navigation. Dom décide de lever l’ancre et de partir en fuite, les vagues déferlent, mais au large nous sommes plus en sécurité qu’au mouillage. Plusieurs jours plus tard, nous apprendrons qu’un bateau a été projeté sur les rochers, que notre voisin a continué ses dégâts, cisaillant l’étrave d’un catamaran en polyester, et les railles de fargue d’un voilier en bois. Notre voyage aurait pu, comme celui de ces bateaux se finir là, mais notre Étoile a résisté, grâce à la solidité de sa coque en alu et aux réflexes de Dom, aux assauts de celui que nous nommons Ben Hur! Ce test grandeur nature nous donne toute confiance en notre Étoile.

Nous sommes prêts pour l’aventure… humaine!

Aux Canaries, nous croisons d’autres bateaux en partance comme nous. Les affinités se forment rapidement, de ce flot de nouvelles amitiés, nous gardons comme un précieux trésor, la rencontre avec Paul et Bibi qui deviendra à jamais une amie, de Jean-Claude et Monique sur Cers, de Martine et Daniel, sur Opus. La traversée de l’Atlantique est une merveille de navigation, l’une des plus belles que nous ayons faites. Et nous arrivons en Martinique, le coeur serein, heureux d’avoir vécu ces six premiers mois en mer. Le rêve a rejoint la réalité, la vie de bateau est désormais notre quotidien. Jusqu’où cela nous mènera-t-il? La question n’est pas à l’ordre du jour, nous vivons des « aujourd’hui » qui se succèdent sous les Tropiques, c’est déjà un but en soi!

Le Marin est un port bien chargé, et ne correspond pas tout à fait à nos aspirations de robinsonnades, mais c’est le port que tous les amis ont choisi pour les retrouvailles de réveillon. Nos amis arrivent juste à point pour fêter cela dignement. Ce Noël-là, je ne l’oublierai jamais!!!

A plus, pour la suite du feuilleton des fêtes
Nat et Dom
www.etoiledelune.net

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